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Agriculture biologique

Les serres chauffées font débat

Le 29 mai, la FNSEA, Légumes de France, l’APCA, Felcoop, et Coop de France, ont organisé une conférence de presse commune pour défendre le chauffage des serres de légumes biologiques afin de préserver une production française de qualité.

Les serres chauffées font débat

Le 29 mai, la Fédération nationale de l'agriculture biologique (Fnab) a publié une pétition appelant à interdire le chauffage des serres en production biologique pour ne pas avoir de tomates et de fraises en hiver. Elle souhaite d'ailleurs un moratoire au sein du Comité national de l'agriculture biologique (Cnab) sur cette pratique et en juin dernier elle avait fait une requête à l'INAO pour en demander l'interdiction. Le jour même de la sortie de la pétition, la FNSEA, Légumes de France, l'APCA, Felcoop, Interfel et Coop de France, ont organisé une conférence de presse pour défendre cette technique culturale conforme aux règles de production bio. Un cahier des charges qui précise aussi qu'il faut respecter la saisonnalité des légumes et fruits plantés. « Si l'on chauffe les serres en bio, ce n'est pas pour produire en hiver mais pour allonger la période de production et ainsi répondre à la demande des consommateurs », explique Claude Cochonneau, président de l'APCA. « Nos premières tomates sortent de terre en mars, notre objectif n'est pas d'en produire pour Noël », renchérit Jean-Luc Roux, producteur de légumes biologiques sous serre dans le Sud-Est de la France. Si techniquement le règlement européen n'impose pas de dates, avec une culture sur sol, seule autorisée en agriculture biologique, et un chauffage d'ambiance, Georges Guenézoc, producteur de légumes bio sous serres en Bretagne, explique qu'il est impossible de faire pousser des tomates en hiver car le sol reste trop froid et la plante ne peut se développer. « Il y a un donc obstacle agronomique », souligne le producteur.

Des règles européennes harmonisées

Les organisations se disent prêtes à travailler sur l'encadrement du chauffage tout en respectant la saisonnalité afin de préserver une production française de qualité. Elles font des propositions pour définir plus clairement la notion de « respect du cycle naturel » et proposent aussi de rendre obligatoire de planter l'année de la récolte. Il serait ainsi impossible d'avoir des tomates en plein hiver. Reconnaissant que les serres chauffées sont consommatrices d'énergies, elles s'engagent également à travailler sur une utilisation plus vertueuse des sources d'énergie (biomasse, méthanisation) et ainsi diminuer l'empreinte carbone des productions. Les cinq organisations préconisent cependant que le débat soit porté au niveau européen. Actuellement, 78 % des tomates biologiques consommées en France sont importées. La FNSEA, Légumes de France, l'APCA, Felcoop, et Coop de France craignent que l'interdiction du chauffage des serres n'augmente ces proportions en pénalisant les producteurs français vis-à-vis d'autres États membres. « S'il doit y avoir des évolutions du cahier des charges cela doit se faire au niveau européen pour ne pas favoriser les distorsions de concurrence. Les règles européennes doivent rester harmonisées », insiste Thierry Coué, vice-président de la FNSEA en charge de la commission environnement.