Les statuts sanitaires, un outil pour tous les éleveurs ovins
Il s'agit d'une des premières actions de la section régionale ovine de GDS Rhône-Alpes, depuis sa mise en place courant 2015. L'action a été jugée pertinente sur plusieurs aspects ; tout d'abord elle permet à l'éleveur de connaître les principales maladies présentes dans son troupeau, et ainsi de mettre en œuvre des mesures préventives pour éviter que des cas cliniques apparaissent. En second lieu, elle permet d'en apprécier la compatibilité avec d'autres, lors de rassemblements de troupeaux à l'occasion d'un agrandissement ou d'une installation. Mais attention aux raccourcis. La présence de maladies ne signifie pas que l'éleveur doit obligatoirement agir. Des maladies peuvent être présentes dans l'élevage et ne pas provoquer de perte. L'intérêt est justement d'identifier, en amont d'un achat, une maladie qui ne serait pas compatible avec une autre déjà présente, ou tout simplement de ne pas introduire une dans un troupeau sain.
Les maladies visées
Avant l'introduction, il s'agit donc d'analyser sur les deux troupeaux les principales maladies présentes en élevage ovin : la visna-maedi, la paratuberculose, la fièvre Q et la chlamydiose. Des fiches informatives sont à disposition des éleveurs. Elles permettent d'en connaître les principales caractéristiques et proposent un tableau de compatibilité. Un protocole d'analyses et de prélèvements est mis en place. Ainsi, l'éleveur, avec les conseils du vétérinaire pourra apprécier l'opportunité de rassembler des animaux selon les résultats obtenus, et éviter ainsi des accidents sanitaires ou dans le meilleur des cas s'assurer une réelle sérénité sur la santé de son troupeau.

L'accompagnement financier
Les GDS départementaux peuvent choisir d'aider financièrement les éleveurs s'engageant dans la démarche. C'est le cas dans plusieurs départements. De plus, GDS Rhône-Alpes prend à sa charge 50 % des frais engagés sur des fonds professionnels de la Caisse de solidarité santé animale, pour laquelle les éleveurs cotisent (et 100 % pour les jeunes installés). Le restant est à la charge de l'éleveur. Mais « le retour financier indirect est largement rentabilisé », précise Christian Boulon animateur de la section. « En évitant des accidents sanitaires certains, non seulement l'éleveur évite l'introduction de maladies qui pourraient lui coûter cher, mais il optimise aussi la performance de son troupeau. L'opération est gagnante à tous les coups ». C'est donc avec une réelle motivation que la section entend bien inciter le plus grand nombre d'éleveurs à entrer dans la démarche. L'ensemble des informations sont disponibles auprès de chaque GDS.
* La mise en place de cette action est soutenue par la Région Rhône-Alpes.
David Chambonnet, président de la section ovine de GDS Rhône-Alpes et éleveur à Creyseilles en Ardèche témoigne.
“On est tombé de haut”Vous avez réalisé les statuts sanitaires dans votre troupeau, quelle a été la motivation ?
David Chambonnet : « Je voulais simplement connaître les maladies présentes et arriver à mieux cibler ma démarche sanitaire. De façon générale, je m’applique à être assez rigoureux dans ce domaine. Je souhaitais donc savoir où j’en étais. J’ai un troupeau de 500 brebis mères, performant, avec un taux de perte de 8 % à l’agnelage… Une configuration plutôt très positive. »
Vous avez eu des résultats d’analyse plutôt surprenants ! Pouvez-vous nous expliquer !
D. C. : « Les résultats des analyses nous ont dans un premier temps beaucoup déstabilisés. Parmi les 15 animaux testés, on a trouvé la présence des quatre maladies. Je savais que quelques animaux étaient porteurs de fièvre Q et chlamidiose, mais pour le reste, on est vraiment tombé de haut ! D’autant plus que nous ne rencontrons aucune difficulté particulière, au contraire. Après l’effet de surprise, il s’agit donc de savoir quoi faire. J’ai consulté mon vétérinaire, un vétérinaire de GDS et nous avons décidé ensemble qu’il ne fallait toucher à rien. Un équilibre s’est instauré dans le troupeau, il y a peu de perte, pas de cas clinique. Il faut donc en priorité s’attacher à le préserver. En revanche, je développe une attention encore plus grande au volet sanitaire et j’applique des règles essentielles : analyse systématique des béliers, quarantaine, vide sanitaire annuel… »
Vous recommandez l’action aux éleveurs, pourquoi ?
D. C. : « Dans tous les cas, il est important de savoir quelles maladies sont présentes dans son troupeau, pour mieux cibler son action et ne pas relâcher la vigilance. Et cette démarche me semble indispensable particulièrement lors d’achats ou d’introduction. Les analyses représentent un coût finalement moindre par rapport aux risques encourus et à ce que provoque un accident sanitaire. D’autre part, certains statuts sanitaires déjà réalisés ont montré l’absence totale de maladie. C’est aussi très important à savoir pour ne pas intégrer des maladies lors d’achat notamment et pour vendre des reproducteurs sains. Dans le cadre de la section ovine, nous devrons travailler ces prochaines années à accompagner l’éleveur lorsqu’un suivi spécifique s’impose. En attendant, réaliser ses statuts sanitaires est essentiel pour une conduite maîtrisée du troupeau. »