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Formation

Les voies multiples de l’enseignement agricole

Présentation des atouts et des différents parcours proposés par l’enseignement agricole, étayés par les témoignages de jeunes étudiants et actifs.
Les voies multiples  de l’enseignement agricole

«L'enseignement agricole est un enseignement comme les autres qui fait partie du service public de la formation », a affirmé Michel Sinoir, directeur de la Draaf Aura, en ouverture d'un débat sur « l'enseignement agricole : l'aventure du vivant ». L'occasion pour les différents partenaires de présenter la diversité des formations et des parcours, et de casser quelques clichés encore tenaces. Ainsi, contrairement à ce que l'on croit, les filles sont de plus en plus nombreuses à se diriger vers l'enseignement agricole ; les fils et filles d'agriculteurs ne sont plus majoritaires au sein des effectifs ; et l'enseignement agricole ne dirige pas uniquement vers des parcours professionnels agricoles : « il forme aussi aux métiers de service et de l'environnement », indique le directeur de la Draaf. L'enseignement agricole a par ailleurs des nombreux atouts :
la taille moyenne des établissements (250 à 300 élèves), leur répartition sur tout le territoire, la proximité avec le territoire et le monde professionnel, la proximité également avec les jeunes au travers de l'internat... Pour Michel Sinoir, « l'ancrage dans les territoires qu'offre l'enseignement agricole est un atout pour construire la diversité régionale ».

C. Rolle

 

Ils témoignent / Huit jeunes de différents niveaux et parcours de formations agricoles témoignent de leur choix de l’enseignement agricole, ce qu’ils en attendaient et ce qu’ils en ont retiré.


Théo, en terminale CGEA spécialité bovins au lycée du Breuil-sur-Couze (Puy-de-Dôme), est non issu du milieu agricole. « Je suis arrivé en 3ème au lycée du Breuil parce que je n’aimais pas rester enfermé dans une salle et souhaitais plus d’enseignements pratiques. » Théo a trouvé son équilibre. Après le Bac, il envisage un BTS puis une installation à terme en élevage caprin.

Marie est actuellement en 1ère CGEA spécialité équine : « J’étais une élève moyenne en 3ème. J’avais besoin d’un enseignement tourné vers plus de pratique. Au lycée agricole, j’apprends plus. L’établissement est plus petit, donc les professeurs sont à l’écoute et on a un suivi personnalisé ». Marie souhaite devenir auxiliaire vétérinaire en équins ou créer son propre élevage de chevaux. Pour Émilie, « l’entrée au lycée agricole m’a réconciliée avec l’école ! On apprend différemment ». Fils d’agriculteur et avec le projet de s’installer en Gaec avec son père, Tom est arrivé au lycée agricole en seconde. Après le Bac STAV il est aujourd’hui en BTS ACSE : « la formation est complète et prépare le mieux à l’installation ». Après son Bac S, Audrey a intégré une classe préparatoire aux grandes écoles puis intégré l’école d’ingénieur VetAgro Sup. « Mon projet est de m’installer sur l’exploitation familiale céréalière. » Pour la jeune étudiante, « l’école d’ingénieur apporte plus de compétences que de connaissances. Elle apporte l’ouverture d’esprit nécessaire au monde agricole ». Enfin pour Justine, Sandra et David, le temps de l’enseignement agricole est derrière eux. Aujourd’hui dans la vie active, ils ne regrettent pas leurs parcours agricoles. Justine a trouvé facilement du travail après l’obtention de son BTS sciences et technologies de l’alimentation (STA). Sandra, en échec scolaire à 15 ans, a retrouvé le goût de la formation au sein d’une MFR. Après un BEP de services à la personne, elle a décidé d’aller plus loin en préparant un BTS conseiller social. Elle travaille aujourd’hui au sein d’une mission locale tout en poursuivant une formation de cadre dans le secteur médico-social. « C’est une belle revanche sur un début d’orientation chaotique », reconnaît la jeune femme. Avant d’admettre que « l’alternance à la MFR m’a aidée à reprendre confiance. Je me suis sentie valorisée, respectée et encouragée par mes professeurs ». Ingénieur, sorti de VetAgro Sup en 2010, David travaille dans un syndicat de rivière « pour faire le lien entre les milieux aquatiques et l’agriculture ».

C. R.