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Prédation

Loup : la pression continue d’augmenter

Pascal Mailhos, le préfet coordonnateur du plan national loup, a réuni le lundi 8 juin le groupe national, pour faire un bilan de l’année 2019 et tracer les lignes pour la saison pastorale qui commence.
Loup : la pression continue d’augmenter

L'année 2019 a été marquée par un pilotage précis du plan national d'action (PNA) sur le loup ayant permis de stabiliser le niveau des attaques, qui reste élevé : le nombre d'animaux faisant l'objet d'indemnisation est stabilisé depuis 2017 à environ 12 500 par an, avec en 2019 une extension géographique des attaques à 35 départements (33 en 2018). Cette stabilisation a pu être obtenue grâce notamment à l'expérimentation de nouvelles conditions d'encadrement des tirs. « Ceux-ci sont désormais concentrés sur des loups en situation d'attaque. En 2019, on dénombre seulement 4 tirs de prélèvement contre 90 lors d'attaques de troupeaux (tirs de défense simple ou renforcée). L'encadrement des tirs a permis de respecter le plafond (100 pour 2019) afin d'assurer la viabilité démographique de l'espèce sur le territoire national », indique le service de la communication interministérielle de la préfecture de région Aura.

Une population de loups qui s'accroît

A l'issue de l'hiver 2019-2020, les premières estimations de la population de loup présentées par l'Office français de la biodiversité font état de 80 zones de présence permanente de loups avec une meute (contre 70 en fin d'hiver 2018-2019) et 17 zones de présence permanente de loups sans meute. La population continue donc d'augmenter géographiquement, même s'il n'existe pas de meutes constituées hors des Alpes et du Jura, mais aussi en nombre, avec une estimation de 580 loups en France contre 530 l'année dernière, soit un niveau supérieur au seuil de 500 loups fixé dans le PNA 2018-2023. « Ce comptage est vraisemblablement en dessous de la réalité. La pression de prédation est plus forte et lourde de conséquences pour les éleveurs. Ces derniers sont dépassés par ces attaques à répétition, la lourdeur administrative qui en découle, les retards de paiements observés pour le financement des moyens de protection et les indemnisations des dommages ainsi que l'absence de reconnaissance du problème de fond », réagit le Caf Loup (FNSEA, JA, FNO, FNB, FNC, APCA).

« Le droit à aucun plafond de prélèvement »

Les nouvelles conditions d'encadrement des tirs en 2019 ont conduit à débattre de l'évolution de l'encadrement réglementaire des tirs à partir des propositions suivantes : maintien d'un plafond de tirs de loups à 19 % de la population estimée en fin d'hiver et la continuité des tirs de défense simple, au-delà dans une limite de 2 % de la population estimée ; simplification du cadre d'action en focalisant le dispositif sur les tirs de défense simple et renforcée et en conservant un seul type de tir de prélèvement à caractère exceptionnel à compter du 1er juillet ; maintien des matériels utilisables à l'exception de la limitation de l'usage des modérateurs de son. « Ce que le Caf loup porte, c'est le droit de n'avoir aucun plafond de prélèvement. C'est le droit d'avoir le soutien des lieutenants de louveterie sans aucune restriction contraire à la réglementation. C'est le droit de pouvoir prélever des meutes entières quand la prédation est trop forte », martèle-t-il. À l'issue du groupe national loup, la poursuite de la concertation et des consultations réglementaires permettra d'aboutir à de nouveaux arrêtés d'encadrement des tirs à l'automne 2020. 
Alison Pelotier