Marie-Aimée Gaspari prend ses fonctions de préfète de la Drôme
Proximité, simplification et efficacité guideront l'action de la nouvelle préfète de la Drôme qui met la sécurité et l'agriculture parmi ses priorités.
« Même si je connais un peu le Vercors, tout reste à découvrir ici pour moi », confie Marie-Aimée Gaspari, nouvelle préfète de la Drôme. Lundi 1er septembre, à 54 ans, elle a succédé à Thierry Devimeux (nommé en Guadeloupe) à la tête de la préfecture de la Drôme. « C’est un honneur, un enthousiasme, et même une promotion », a-t-elle confié au moment de son installation officielle.
Originaire de Corse par son nom, Marie-Aimée Gaspari occupe ici son deuxième poste de préfète. Magistrate judiciaire durant treize ans à Marseille, Paris et Nanterre, puis spécialiste des politiques de sécurité à la Cour des comptes, elle a ensuite présidé la Chambre régionale des comptes en Occitanie avant de rejoindre l’administration préfectorale en tant que préfète de la Mayenne de février 2023 à août 2025.
Proximité, simplification
La nouvelle préfète de la Drôme se décrit comme « assez directe », ajoutant : « Je n’ai pas la main qui tremble lorsque je décide ». Trois principes guideront l'action de la nouvelle préfète : la proximité, la simplification et l'efficacité. « Vous me verrez beaucoup sur le terrain, partout », prévient-elle. Marie-Aimée Gaspari souhaite notamment être très proche des élus locaux. « L’État doit être agile, poursuit-elle. Un État fort doit aussi trouver des voies alternatives et des consensus avec les acteurs des territoires. »
Interrogée sur ce qu'elle pourrait faire en matière de simplification administrative pour les agriculteurs, Marie-Aimée Gaspari répond : « Nous ne sommes pas omnipotents mais nous avons des marges de manœuvre et je tiens à rappeler que le décret de fin juillet 2025 a ouvert totalement le pouvoir de dérogation des préfets. […] Il faut en faire bon usage, faire vivre ce droit de dérogation qui est justifié par une seule raison : “Paris ne sait pas tout”. Confrontés aux réalités locales, et nous y sommes confrontés préfet et services de l’État de manière quotidienne, nous pouvons agir, assure-t-elle. Pour l'agriculture, j'imagine qu'il y a différents sujets sur lesquels on me demandera peut-être quelques aménagements. Le champ de la réflexion est ouvert pour lever des blocages et trouver des solutions ensemble. »
Efficacité, sécurité
La nouvelle préfète de la Drôme compte échanger avec tous les représentants du monde agricole. Elle promet également d’accorder une attention particulière à la transition écologique, « un enjeu qui nous concerne tous et qui transcende toutes les politiques publiques ».
Marie-Aimée Gaspari ne cache pas également ses premières préoccupations en matière de sécurité. « La Drôme n’échappe pas au narcotrafic », constate-t-elle. Si elle salue les résultats obtenus, notamment à Valence avec la Force d’action républicaine, elle insiste sur la prudence et la continuité de l’action. La sécurité routière sera également un chantier majeur après un été marqué par une forte mortalité. « Il y aura de la prévention, mais aussi de la répression », prévient-elle.
Lundi dernier, pour son arrivée dans la Drôme, la préfète a accompagné à Valence le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, autour de dossiers de défense et de réarmement. Dimanche 7 septembre, elle sera à Die pour la Fête de l’agriculture organisée par les Jeunes Agriculteurs.
Christophe Ledoux