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COLZA

Ne traiter les grosses altises qu’en cas de péril pour la culture

La lutte contre les grosses altises adultes ne doit être faite que si la survie de la culture est en jeu.
Ne traiter les grosses altises qu’en cas de péril pour la culture

La mise en évidence de populations de grosses altises résistantes aux pyréthrinoïdes impose un changement radical des pratiques vis-à-vis de ce ravageur. D'abord, il faut mettre tous les moyens agronomiques de son côté (semis précoce, levée rapide, dynamique de croissance) et ensuite raisonner au plus juste les interventions et le choix des insecticides.

La grosse altise est un gros coléoptère (3 à 4,5 mm) qui possède des cuisses gonflées lui permettant de faire des sauts impressionnants. Le corps est noir brillant et les pattes et antennes sont rousses. Les adultes se nourrissent sur les feuilles de colza et les dégâts peuvent être confondus avec ceux des limaces et des petites altises. On les capture avec des cuvettes enterrées. Leur activité est plutôt nocturne.
Arrivée des grosses altises
À la fin de l'été, lorsque les températures baissent, le vol est déclenché par un réchauffement significatif (> 20 °C). Le régime de précipitation ne semble pas intervenir, sinon en favorisant la levée et en provoquant une baisse de température. Dans les régions du Nord et de l'Est, l'arrivée des premières grosses altises se situe en général vers le 10-15 septembre.
Après trois feuilles les interventions sont inutiles
Il faut que votre colza ait plus de 3 feuilles à l'arrivée des altises pour qu'il ne coure plus de risque. Si le colza a moins de 4  feuilles, le seuil de risque est fixé à 80 % des plantes présentant des morsures et 25 % de la surface foliaire détruite. Il faut aussi prendre en compte le dynamisme de la culture, un colza qui bénéficie de conditions de croissance favorables sort rapidement des stades de sensibilité.

Traiter les adultes ne réduit pas le risque larves
Les essais conduits par Terres Inovia ont montré qu'un traitement spécifique contre les larves était plus efficace que des interventions répétées contre les adultes. On peut expliquer cela du fait de l'arrivée échelonnée des adultes, l'apparition des résistances aux pyréthrinoïdes et des conditions climatiques plus ou moins propices au moment des pontes. Il ne faut donc traiter les adultes que si la survie de la culture est en jeu, c'est-à-dire lorsque qu'elle est fortement attaquée en début de cycle. Il est donc inutile de s'acharner contre les adultes dans l'espoir de limiter les larves. Une fois installées sur les parcelles, les grosses altises ont essentiellement une activité nocturne. Intervenir en soirée ou en début de nuit permet d'obtenir une meilleure efficacité des insecticides. Le volume d'eau doit être au minimum de 150 l/ha pour optimiser la qualité de la
pulvérisation et le contact du produit avec les insectes.
En cas de petites altises
Même seuil d'intervention que pour la grosse altise lorsque 8 pieds sur 10 présentent des morsures. Les attaques ont souvent lieu en bordure de parcelles mais les accumulations de dégâts peuvent être très rapides. En cas d'infestation massive et précoce, intervenir avec un pyréthrinoïde autorisé si le seuil est dépassé. En cas de présence simultanée de grosse altise, utiliser un organophosphoré seul (Boravi WG) ou une association chlorpyriphos éthyl + pyréthrinoïde. 

L.Jung et N.Cerrutti -
Terres Inovia

 

Traitement /
Quel produit choisir ?       
Afin de préserver les pyréthrinoïdes, là où ils fonctionnent encore et sur d’autres insectes, Terres Inovia conseille d’intervenir avec Boravi WG 1.0 kg/ha (Phosmet) sur altise adulte. Boravi WG est à utiliser avec un acidifiant. Si le Phosmet n’est pas disponible, utiliser une association chlorpyriphos éthyl + pyréthrinoïde.
Retrait des produits à base de chlorpyriphos-éthyl
Suite à la révision des données toxicologiques au niveau européen, les préparations à base de chlorpyriphos-éthyl vont être retirées du marché français.
La fin de commercialisation est prévue au 30 novembre 2016 et la fin des utilisations au 31 août 2017.
Sont concernées les associations chlorpyriphos éthyl + cyperméthrine comme Nurelle D550, Patton, Geotion XL ou Versar 550 ou chlorpyriphos éthyl seul comme Pyrinex ME ou Cuzco.