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Sodiaal union

« Nous voulons créer de la valeur pour la partager »

Jean-Michel Javelle, président de la section Sud-Est et administrateur national de Sodiaal union, revient sur les faits marquants des activités du groupe en 2017 et les perspectives.
« Nous voulons créer  de la valeur pour la partager »

L'année 2017 a été marquée par une volatilité importante des marchés laitiers. « Les niveaux de stock de poudre sont importants et les prix bas ont pesé sur celui du lait. Il faut absolument se débarrasser du stock de poudre via l'aide aux plus démunis ou l'alimentation animale... », indique Jean-Michel Javelle. La volatilité des prix a également joué sur la matière grasse, mais à l'inverse. « De 3 500 euros la tonne en début d'année, le prix a atteint 7 000 euros la tonne à l'automne. Ce qui a eu un effet positif sur le prix du lait. » Le travail mené par Sodiaal a permis une amélioration du prix payé aux sociétaires de 44 euros/1 000 litres. Sur 2017, le prix du lait entier (A et B) payé aux producteurs est de 342 euros/1 000 l (y compris ristournes en numéraire, ristournes capitalisées et intérêts aux parts, mais hors lait bio).
La volatilité des prix a eu des impacts très différents selon les métiers du groupe coopératif. Le métier « Fromages » enregistre de bonnes performances tant en volume qu'en valeur, et bénéficie des cotations élevées de la matière première et du lactosérum. De plus, « les activités fromagères AOC/AOP se portent bien grâce à la segmentation. La valeur des produits augmente et un travail est fait sur la qualité. Les parts de marché se développent et nous souhaitons déployer ce marché à l'international. »
Les voyants sont au vert pour le métier « Nutrition spécialisée », Nutribio enregistrant sa meilleure année en termes de rentabilité depuis sa création. « Grâce à l'excellence en matière de qualité, le lait infantile bio se développe, avec de l'export vers la Chine et l'Europe. C'est pour cela que nous avons conduit une campagne de conversion à l'agriculture biologique, justifie Jean-Michel Javelle. 12 % de la collecte de la région Sud-Est est en bio, soit 70 millions de litres de lait. Nous sommes toujours en recherche de lait bio, d'autant plus qu'une nouvelle technologie industrielle est en place depuis la fin de l'année 2017 pour produire du lait infantile. »
Le métier « Ingrédients » a souffert de la conjoncture sur l'activité séchage de lait et de la concurrence accrue sur le séchage du sérum. Le secteur Ingrédients comprend les activités d'Eurosérum qui a eu « des difficultés en 2017 en lien avec les cotations basses », de Bonilait (alimentation animale), dont « la vocation est désormais d'aller à l'international, où la production de lait se développe ». Jean-Michel Javelle se veut rassurant : « Nous sommes dans une période de crise. Il y a eu une petite amélioration en 2017 ; nous sommes confiants pour 2018. La croissance de la population mondiale fait que les produits laitiers sont recherchés ».

« Les laitiers responsables »

Néanmoins, en 2017, l'activité « Lait de consommation, crème et beurre » a été fortement pénalisée par la baisse de la consommation de lait UHT demi-écrémé et la difficulté à répercuter la hausse des cotations de la matière grasse sur les prix de vente du beurre. « Pour la matière grasse, des contrats de prix avaient été signés en début d'année avec les GMS, il a fallu les respecter. L'impact a bien évidemment été négatif sur les comptes », explique l'administrateur national Pour le lait de consommation, « le problème est structurel : les gens consomment de moins en moins de lait, - 13 % des volumes en trois ans ». Mais des segments sont en progression, comme le lait bio. Et des initiatives sont prises. Sodiaal vient de concrétiser sa démarche « Les laitiers responsables – Candia, la marque qui appartient à ses éleveurs », basée sur le pâturage, le non OGM, le bien-être animal, la juste rémunération du producteur. « Des gens sont prêts à payer pour ces conditions de production. Cette démarche est une montée en gamme du lait de consommation. Elle rejoint les discussions des Etats généraux de l'alimentation ». Avec ses 72 outils industriels, sa collecte de lait dans 70 départements chez 13 000 producteurs, ses 9 000 salariés, « Sodiaal est une entreprise territoriale. Chaque consommateur peut trouver des produits à base de lait issu de sa région. Nous sommes une entreprise locale, mais nous ne savons pas le dire ».

Répartition du résultat

Une motion avait été adoptée en 2017 pour la répartition du résultat 2016 afin de sécuriser le retour des bénéfices de la coopérative à ses éleveurs : un tiers revenant aux producteurs sous forme de ristourne en numéraire, un tiers sous forme de ristourne capitalisée (sur le compte capital social), un tiers en réserve impartageable pour investir dans l'avenir de la coopérative. Ainsi, 4,60 euros/1 000 litres ont été reversés aux producteurs. Au titre du résultat 2017, deux tiers des 16,7 millions d'euros de résultat courant consolidé devraient être redistribués aux adhérents après l'assemblée générale de juin. Ce sont donc 3,60 euros qui devraient ainsi être reversés aux producteurs en 2018. Au cours de cette assemblée générale devrait également être votée une motion pour plus de transparence sur la fixation du prix du lait. Cette proposition, dont l'objectif est d'aller vers plus de lisibilité et de réactivité, est basée sur le mix produit de la coopérative : 40 % de ses produits sont valorisés sur le marché français, dont des produits à marque, marque de distributeur et premier prix ; 40 % sont valorisés sur les marchés B to B, de vente aux professionnels, la restauration hors domicile et l'export européen ; 20 % des volumes sont commercialisés sur le marché mondial (produits dits beurre-poudre). L'adoption de cette formule de prix sera la troisième étape du travail engagé sur la répartition et le partage de la valeur. L'année 2018 sera marquée pour Sodiaal par la mise en œuvre du plan stratégique #value, qui se veut résolument tourné vers la valeur. L'objectif est de hisser Sodiaal dans le top 5 des entreprises laitières européennes en termes de rentabilité. « Nous voulons créer de la valeur pour la partager avec les éleveurs ». 
Lucie Grolleau Frécon