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La Chambre d’agriculture et le Département avancent main dans la main

Nouvelle année, nouvelle convention entre la Chambre d’agriculture de la Drôme et le Département. Si ce soutien est réitéré chaque année, il s’agit toujours d’un geste fort qui démontre l’engagement de la collectivité auprès des agriculteurs du territoire.

Par M. E.
La Chambre d’agriculture et le Département avancent main dans la main
©Département26
Inscrite dans la stratégie départementale « Agricole par nature, un Département plus que jamais aux côtés de ses agriculteurs », votée en mars 2023, cette convention poursuit trois objectifs : accompagner les transitions environnementales et climatiques, soutenir les agriculteurs les plus fragiles et permettre aux exploitants de mieux vivre de leur travail. Elle vise neuf actions : le développement de l’agriculture biologique, la gestion durable de l’eau, l’adaptation au changement climatique, l’accompagnement des filières fragiles - dont l’élevage ovin -, le soutien aux nouveaux installés, ainsi que le développement des circuits courts, de l’agri-œnotourisme et de la restauration collective via Agrilocal.

Direction l’exploitation arboricole Les Vergers de Fouillouse à Châteauneuf-sur-Isère, jeudi 4 juin. Au côté de Jean-Pierre Royannez, président de la Chambre d’agriculture, Franck Soulignac, président du Département de la Drôme, a renouvelé le soutien* départemental à la Chambre d’agriculture, à hauteur de 246 250 € pour l’année 2026.

Zoom sur la filière arboricole

Le Gaec familial produit de la cerise, de l'abricot, de la noix, de la châtaigne et de la pêche nectarine. Difficile de visiter une exploitation arboricole sans aborder la question de laprotection des vergers. « On essaie de faire au mieux et c'est pour ça que nous avons choisi des variétés pour faire un calendrier variétal qui s'étale et le plus gustatif possible avec des variétés qui agronomiquement permettent aussi de faire un rendement suffisant pour en vivre, a témoigné Adrien Patouillard, associé avec son père et son oncle depuis 2024 sur la ferme familiale. Nous avons décidé de couvrir les vergers avec des filets anti-grêle parce qu’elle tombe très régulièrement. On ne peut pas vivre dans la crainte que ça nous tombe dessus, il faut sécuriser. Quand on fait des investissements comme ça, cela représente 50 000 € à peu près par hectare entre les filets, la plantation, l'irrigation, le foncier… L’irrigation est aussi un sujet important. Ici, tout est en goutte-à-goutte. L'idée c'est de consommer le moins possible. On a des sondes qui sont dans le sol et qui permettent de calculer le stress hydrique et via une application, on adapte les apports en eaux pour être au plus juste. »

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 Autre problématique : la pluie qui fait éclater les fruits et les ravageurs. La mouche de la cerise impose de protéger la culture avec une bâche ou des filets qui couvrent le rang. Pour conserver la main-d’œuvre sur l’exploitation, les arboriculteurs ont adapté leur calendrier variétal. « On a du mal à trouver des locaux donc nous recrutons beaucoup de contrats étrangers. Heureusement qu'ils sont là sinon ça serait compliqué », a précisé le jeune agriculteur. Cette année, la ferme a investi dans une calibreuse à cerise pour faciliter le tri et analyser le fruit via l'intelligence artificielle. « Le logiciel arrive à adapter le niveau d'exigence des défauts au fur et à mesure de ce qu'il voit du lot. C'est assez impressionnant. Il prend chaque cerise et il les expulse dans telle ou telle sortie en fonction des caractéristiques qu'on a demandées. Donc ça permet de trier des couleurs homogènes, des lots qui soient propres et de bonne qualité. Les clients sont de plus en plus exigeants, notamment la grande distribution. On n'a plus le droit à l'erreur mais quand on voit le coût de la main-d'œuvre et les investissements, on ne peut pas se permettre d'avoir des tonnes de fruits refusées. Quand nous n’avons pas le choix, nous transformons les fruits en jus notamment l'abricot ou les pommes », a rapporté Adrien Patouillard. L’exploitation arboricole a aussi de l’expérience dans l’export d'abricots et de noix. Toutefois, cela ne compense la perte de marché due à la concurrence espagnole. « En 25 ans, on a perdu la moitié de la production. C'est l'Espagne et l'Italie qui nous sont passées devant. Le coût de la main-d'œuvre, c’est la clé », estime-t-il.

M. E.

Ils ont dit :

« L’agriculture fait partie de l’identité de la Drôme. Elle façonne nos paysages, nourrit nos habitants et participe pleinement à la vitalité de nos territoires. En renouvelant notre partenariat avec la Chambre d’agriculture, nous faisons le choix d’un soutien concret, lisible et durable, au plus près des besoins. Notre ambition est claire : aider les agriculteurs à s’adapter, à investir et à transmettre, tout en préservant ce qui fait la force de notre modèle drômois. » Franck Soulignac, président du Département de la Drôme.

« Le soutien renouvelé du Département de la Drôme est précieux pour permettre à la Chambre d’agriculture d’agir au plus près des besoins des agriculteurs et des territoires. Cette convention traduit une vision partagée : être aux côtés des exploitations à chaque étape de leur vie, accompagner la résilience des systèmes agricoles face aux transitions climatiques et économiques, et favoriser la création de valeur dans nos territoires. Je remercie le Département pour sa confiance et son engagement en faveur d’une agriculture drômoise innovante, dynamique et tournée vers l’avenir. » Jean-Pierre Royannez, Président de la Chambre d’agriculture de la Drôme. 

* Quelques dispositifs complémentaires : 110 000 euros sur deux ans pour préparer l’édition 2027 de Tech&Bio, 34, 800 euros par an pour la Plateforme d’expérimentation des techniques alternatives et biologiques, et 14 000 euros en 2026 pour une nouvelle mission dédiée à l’hydrologie régénérative. Depuis janvier 2025, la Chambre d’agriculture intervient aussi dans l’accompagnement des bénéficiaires du RSA via un suivi renforcé, grâce au soutien du Conseil départemental.