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Intempéries

Orages : dans le Nord-Drôme, jusqu’à 50 % de perte en maïs

Céréalier à Manthes, Sébastien Vallet déplore d’importants dégâts sur ses cultures à la suite de l’orage de grêle survenu le 21 juin dernier. Une projection similaire pour Steve Imbert, céréalier à Charpey, dont les parcelles ont été touchées le 30 juin.

Par M.E.
Orages : dans le Nord-Drôme, jusqu’à 50 % de perte en maïs
©ME-AD26
Si le blé et le colza semblent avoir moins été touchés, Sébastien Vallet évalue sa perte à environ 10 %.

L’exploitant agricole branchait ses tuyaux d’arrosage lorsque l’orage a éclaté samedi 21 juin à Manthes. « La météo n’indiquait pas d’épisode grêleux. J’ai senti le vent se lever et les nuages s’assombrirent et j’ai couru me mettre à l’abri quand les premiers grêlons ont commencé à tomber », raconte Sébastien Vallet. Un orage fulgurant tombé quinze jours avant la moisson de colza et de blé. Même scénario pour Steve Imbert, installé à Charpey. Sur 40 hectares, plus de quatre ha de maïs ont été endommagés. « Les tiges d’1m50 ont été pliées par le vent. Je n’ai pas encore pu quantifier l’ampleur précise des dégâts, notamment sur le blé », observe le céréalier, en attente de l’estimation de son assurance.

Des champs ravagés

Ce type d’intempérie, Sébastien Vallet n’en a vu que très rarement sur son exploitation. « Je ne suis pas assuré car ici il ne grêle jamais normalement, raconte-t-il. Nous n’avons même pas eu neuf millimètres de pluie. La grêle a perforé les feuilles de maïs et les grains de blé et le colza se sont retrouvés au sol ». Sébastien Vallet passe par la Drômoise de céréales pour la commercialisation. « Le technicien a estimé une perte 20 et 50 % pour le maïs, raconte ce dernier qui attend la récolte pour évaluer précisément l’ampleur des dégâts. Maintenant, je n’ai plus qu’à irriguer pour essayer de déstresser la plante, pour qu’elle cicatrise au mieux ». L’intempérie a formé un couloir de grêle qui a frappé majoritairement les parcelles situées sur la commune des Manthes. « Certains de mes voisins ont évalué leur perte de récolte à 50 % et d’autres ont tout perdu, rapporte Sébastien Vallet. J’ai fait une demande d’indemnisation à la Direction départementale de la Drôme mais avec la franchise à 50 %, je n’y crois pas trop ».

« Le technicien a estimé une perte entre 20 et 50 % pour le maïs », rapporte le céréalier de Manthes. ©ME-AD26

Si le blé et le colza semblent avoir moins été touchés, il évalue sa perte à environ 10 %. En parallèle des céréales, l’agriculteur possède un verger de cinq hectares. Ici, le résultat est sans appel. « Tout est perdu. Il y a des impacts sur tous les fruits. La récolte va partir en jus, estime ce dernier. Je ne suis pas équipé d’un système de protection car ça n’est pas mon activité principale et cela me demanderait un investissement trop important ». Sébastien Vallet tente de garder le moral mais ne cache pas son désarroi. « L’année dernière, c’était le prix des céréales qui nous pénalisait. L’année d’avant, c’était le coût des engrais. À force, les agriculteurs arrêtent et déposent le bilan, déplore-t-il pointant aussi du doigt le poids des démarches administratives et des réglementations. Depuis les manifestations sur l’autoroute, rien n’a vraiment changé. C’est de la folie de continuer ce métier pour de tels résultats ».

Seul pour faire perdurer l’exploitation familiale

« C’est impossible tout seul, je ne m’en sors pas », reconnait Sébastien Vallet. ©ME-AD26

Reconverti depuis 2009 sur l’EARL familiale à Manthes, Sébastien Vallet, 46 ans, cherche à trouver un équilibre. L’ancien routier a repris une seconde ferme à l’un de ses cousins en 2015. Au début, il travaillait avec son oncle, son père et d’autres membres de sa famille. Mais depuis un an, certains ont pris leur retraite et d’autres ont pris une autre direction. L’exploitant agricole s’est ainsi retrouvé seul à gérer les deux exploitations familiales : 230 hectares de céréales et 5 hectares de vergers. « C’est impossible tout seul, je ne m’en sors pas », reconnait-il. Le quarantenaire projette de mutualiser les deux fermes d’ici la rentrée et d’employer un salarié polyvalent pour l’épauler. Équipé d’enrouleurs sur son exploitation, il bénéficie d’un forage individuel efficace pour irriguer « à condition qu’il n’y ait pas de restrictions ». Sa plus grosse problématique, au-delà de la veille sanitaire (chrysomèle et vers gris pour le maïs) et des aléas climatiques, ce sont les espèces susceptibles d’occasionner les dégâts. L’agriculteur a d’ailleurs arrêté la production de tournesols en raison de l’impact des pigeons. Pour le maïs, il était touché par les corbeaux jusqu’à ce qu’il trouve un traitement de semences (Korit 420 FS) fongicide à effet répulsif, qui les tient éloigner.