Orge : les choix variétaux 2015
En orge, si le débouché principal est la vente à un organisme stockeur (OS) ou un débouché monogastrique, un PS élevé est un argument à prendre en compte. Si le grain est destiné à des ruminants, un taux de cellulose un peu plus élevé ne pose aucun problème, et on peut considérer différemment le niveau de PS de son orge. Il ne faut donc pas rejeter à priori certains escourgeons, en tendance plus productifs, toutes choses étant égales par ailleurs, notamment la résistance à la verse ou la tolérance aux maladies. Les critères de recommandation des variétés d'orges d'hiver fourragères sont dans l'ordre d'importance : la productivité (les escourgeons ont souvent un avantage sur ce point) ; le PS (les 2 rangs sont généralement meilleures dans ce domaine) ; la tolérance à la verse (accident assez courant) ; la tolérance aux maladies.
Orges six rangs
Les variétés sont testées dans les essais depuis au moins quatre ans et sont régulièrement productives ou possèdent des caractéristiques intéressantes.
• Touareg (Lemaire D – 2011) : en termes de productivité, touareg reste proche des meilleures lignées sur trois et quatre ans. Son PS est assez faible et sa teneur en protéine correcte. Variété précoce assez sensible à la verse et très sensible aux maladies, à l'exception de la rhynchosporiose. Elle doit être conduite avec attention, compte tenu de ces éléments.
• Ketos (LG, 2003) : productivité relative en baisse, à semer de préférence en terrains sains. Peu d'épis très fertiles. Tolérante à la verse, sensibilité aux maladies élevée, notamment à cause de la rouille naine et de helmintho teres. PS comparable à celui d'une orge à deux rangs, teneur en protéines dans la bonne moyenne. Semer tôt.
Les variétés récentes
Elles sont présentes dans nos essais depuis 2 ou 3 ans.
• Casino (Momont 2012 - six rangs) : productivité moyenne intéressante assez régulière entre lieux et entre année. Dégâts de maladies plutôt élevés, notamment du fait de la rhynchosporiose et de l'oïdium. Nombre d'épis moyen, avec un petit grain. Verse à surveiller. PS correct, teneur en protéines moyenne. Variété précoce.
• Etincel (Secobra 2012 – six rangs) : pour sa 4ème année en essai, Etincel confirme son potentiel de rendement sur l'ensemble des regroupements d'essais. Son PS est dans la moyenne, au même niveau qu'esterel et son taux de protéines est également dans la moyenne. Variété précoce, elle présente une tolérance à la verse et aux maladies dans la moyenne. Elle a montré toutefois une certaine sensibilité à la rhynchosporiose.
Isocel (Secobra 2012 – six rangs) : niveau de rendement très proche d'étincel, isocel confirme également son potentiel élevé. Son PS et son taux de protéines sont corrects. Précoce à épiaison, elle est assez sensible à la verse. Tolérance globale aux maladies dans la moyenne. Comme étincel, isacel montre une forte sensibilité à la rhynchosporiose qu'il faut surveiller et accompagner.
• Amistar (Momont 2013 – six rangs) : tolérante à la JNO, rendements proches de la moyenne dans nos 4 regroupements mais un peu en retrait dans notre région. Amistar présente un bon PS et sa teneur en protéines est dans la moyenne. Variété précoce, elle montre cependant une assez forte sensibilité aux maladies foliaires et à l'oïdium en particulier. Tolérance à la verse dans la moyenne. Elle doit être protégée avec attention contre les maladies mais sa tolérance à la JNO constitue un atout.
Les nouveautés
Les commentaires des nouvelles variétés sont issus des résultats d'une seule année d'essai. Ils devront être consolidés par les observations des années futures.
• Tektoo (hyb) (Syngenta – 2014) : variété hybride qui montre un très fort niveau de potentiel de production pour cette première année d'expérimentation. Elle présente un bon PS mais sa teneur en protéines est faible. Variété précoce, elle peut être sensible à la verse. Sa tolérance aux maladies est dans la moyenne avec un plus vis-à-vis de la ramulariose.
• Tooty (Hyb) (Syngenta 2015) : hybride précoce à la productivité juste au-dessus de la moyenne, ce qui sera un peu juste pour un hybride. Son profil de tolérance aux maladies semble intéressant avec un écart traité/non traité faible. Par contre cette variété présente un PS et une teneur en protéines un peu faible.
• Detroit étroit (DSV, 2015) : niveau de productivité moyen qui s'accompagne d'un PS et d'une teneur en protéines juste moyen. Niveau de tolérance aux maladies dans la moyenne, on observe une bonne tolérance aux grillures. Elle est également peu sensible à la rouille naine.
• Goody (Hyb) (Syngenta, 2015) : niveau de productivité juste moyen. Précocité semblable à étincel et isocel, elle semble assez tolérante aux maladies avec des écarts traité/non traité faibles. Elle parait peu sensible à la ramulariose. Son PS est bon, sa teneur en protéines est juste dans la moyenne.
• Domino (Momont, 2015) : l'intérêt de cette variété réside dans son caractère de tolérance à la JNO comme amistar. Le niveau de productivité est un peu inférieur à la moyenne pour cette variété précoce. Elle est peu sensible à l'helminthosporiose, l'oïdium et la rouille naine. Il ne faut pas attendre des PS élevés mais les teneurs en protéines sont correctes.
Orges deux rangs
Les variétés testées dans nos essais depuis au moins 4 ans et sont régulièrement productives ou possèdent des caractéristiques intéressantes.
• KWS cassia (Momont – 2010) : KWS cassia reste proche de la moyenne au point de vue productivité. Très bons critères qualitatifs associant un très bon PS à un bon taux de protéines.
KWS cassia présente une bonne tolérance aux maladies, à l'exception d'une relative sensibilité à la rhynchosporiose.
Tolérance à la verse dans la moyenne. Elle reste une variété de référence.
Variété demi-tardive, elle autorise les semis précoces
Les variétés récentes
Elles sont présentes dans les essais depuis 2 ou 3 ans.
• Augusta (Unisigma – 2012) : productivité correcte, elle reste légèrement en retrait de KWS cassia sur 3 ans. Elle présente un très bon PS et une teneur en protéines dans la moyenne. Sa sensibilité à la verse est dans la moyenne. Cette variété demi précoce à demi tardive présente une bonne tolérance aux maladies avec des écarts traité/non traité faibles sur les essais ce qui constitue un des atouts de cette variété.
• KWS glacier (Momont – 2013) : cette variété demi-tardive est assez sensible aux maladies. Sa sensibilité à la verse est globalement dans la moyenne mais elle a montré une faiblesse à ce niveau dans quelques essais. Une variété qui devient une référence à condition de maîtriser son potentiel par une protection fongicide adaptée et une prise en compte du risque verse.
• Ordinale (RAGT– 2012) : ordinale présente un potentiel proche d'augusta et se situe en retrait de KWS cassia sur 3 ans.Teneur en protéines dans la moyenne et bon PS. Variété très précoce, elle présente une assez bonne tolérance globale aux maladies, malgré une relative sensibilité à l'helminthosporiose. Bon niveau de tolérance à la verse. Malgré un potentiel légèrement en deçà des meilleures références, ordinale présente toutefois des atouts avec un bon PS et un profil agronomique équilibré.
• Albertine (Sem Partners – DE 2013) : résultats en rendement proches de la moyenne. Albertine présente une mauvaise teneur en protéines mais un bon PS. Variété demi précoce à demi tardive, albertine possède de bons critères agronomiques : bonne tolérance aux maladies et à la verse.
• California (LG – GB 2011) : cette variété européenne présente des rendements dans la moyenne dans le regroupement sud (100 %) mais avec un bon comportement dans notre région. Bons critères qualitatifs associant un bon PS à un bon taux de protéines. Variété demi précoce qui possède de très bonnes caractéristiques agronomiques : très bonne tolérance à la verse et bon niveau de tolérance aux maladies.
• KWS infinity (Momont – 2014) : résultats proches de la moyenne dans les 4 regroupements, mais au niveau du groupe de tête dans notre région. Ses critères qualitatifs (PS et protéines) sont dans la moyenne. Variété tardive, elle présente une bonne tolérance à la verse mais une forte sensibilité aux maladies qui devra être maîtrisée.
Les nouveautés
Les commentaires des nouvelles variétés sont issus des résultats d'une seule année d'essai. Ils devront être consolidés par les observations des années futures.
• KWS orwel (Momont – 2015) : résultats légèrement au-dessus de la moyenne dans le regroupements sud. Ses critères qualitatifs (PS et protéines) sont un peu faibles. Variété à privilégier pour les parcelles à bonne réserve hydrique. Elle présente une tolérance aux maladies dans la moyenne, sauf vis-à-vis de l'oïdium pour lequel elle présente une certaine sensibilité.
• Maltesse (Secobra – 2015) : bons résultats en termes de productivité dans les essais en 2015. Un bon PS accompagne une teneur en protéines légèrement au-dessus de la moyenne. Peu sensible à l'oïdium, la tolérance aux maladies est moyenne sauf pour la rouille naine vis-à-vis de laquelle maltesse paraît très sensible. Epiaison de + 3 jours par rapport à isocel/étincel. Maltesse est peu sensible à la verse.
• Imax (Momont – 2015) : cette variété présente un niveau de productivité très en retrait dans ce regroupement d'essais. Le PS est moyen et la teneur en protéines est un peu faible. Imax est peu sensible à l'oïdium et à la rouille naine, sa tolérance globale aux maladies se situe dans la moyenne. Imax est + 2 jours à l'épiaison par rapport à isocel/étincel. n