Pêches : des rendements qui peuvent être multipliés par deux
Lors de la journée technique organisée le 22 septembre à la Sefra, Yannick Montrognon a tout d'abord présenté les avantages et les inconvénients de la variété Nectasweet®Nectardream cov, étudiée depuis quatre ans. Sa sensibilité à la cloque est faible et elle se révèle productive. Côté défauts, bien que ce soit facultatif, précise t-il, elle est sensible à l'oïdium et aux escargots. Le soufre étant utilisable en bio, « ce problème de l'oïdium peut être facilement géré ». Pour lui toujours, cette variété est compatible avec l'agriculture biologique, le tout « avec des rendements convenables », qui peuvent atteindre en pleine production 25 tonnes par hectare.

Des variétés testées
Concernant la variété Ivory star cov, elle a pour qualité d'être relativement productive. Son défaut est un débourrement précoce. Sa période de sensibilité à la cloque est donc relativement longue. La limitation de l'utilisation du cuivre en arboriculture bio ne permet pas, ou avec difficulté, de couvrir toute la période, précise Yannick Montrognon. Il ajoute que cette variété est très sensible à la cloque tandis que sa qualité de bois est médiocre. En résumé, il déconseille cette variété en agriculture biologique.
De son côté, la variété Cristal® a l'avantage d'une belle présentation et d'une assez faible sensibilité à la cloque. Même si sa floribondité est moyenne à faible et qu'elle est sensible aux forficules, elle est, pour lui, plutôt conseillée en bio. Par contre, et bien que son observation dans ce cas est pour l'instant incomplète, les variétés Tonicsweet®Sweetregal cov et Tonicsweet® Sweetreine cov lui ont paru assez sensibles à la cloque.
Sensibilité aux bioagresseurs
Une autre étude conduite par la Sefra concerne les dispositifs permettant d'évaluer la sensibilité aux bioagresseurs. Pour cela, un verger « bioagresseurs cloque » a été mis en place. Ce verger dispose d'une quarantaine de variétés commerciales. Il n'est pas du tout traité et son objectif est donc de déterminer la sensibilité à la cloque. Pour cela, il y a eu deux années de plantations, en 2012 et 2015. Les observations d'infestation ont fait l'objet d'une moyenne. Cette observation, faite tous les ans, a permis de lisser les conditions climatiques. Il en ressort que la majorité des variétés sont moyennement sensibles à très sensibles à la cloque, sauf une : Bénédicte®.
Pourriture au verger, conservation post-récolte
Les collections variétales ont permis, elles, de suivre les taux de pourriture au verger ainsi que ceux des conservations en post-récolte (en mettant quatre plateaux dans un local climatisé à 21 °C, les taux de pourriture sont relevés tous les deux jours).
Dans sa conclusion, Yannick Montrognon a souligné que les résultats sont encore partiels, même si les différents essais en bio et en non bio vont pouvoir apporter une multitude d'informations prochainement. L'objectif sera de pouvoir conseiller un calendrier de variétés cultivables en agriculture biologique. Enfin, selon lui et si sont prises en comptes les préconisations, les rendements en agriculture biologique peuvent être multipliés par deux.
Vergers / Comment améliorer les performances en bio ?
- Occuper l'espace en utilisant des distances de plantation adaptées. Souvent, d'après Yannick Montrognon, les plantations sont trop larges, dans le simple but de diminuer la sensibilité aux monilioses. Sauf que la perte de tonnage est plus importante.- Maîtriser la vigueur. Concernant la formation de l'arbre, en fin de deuxième feuille, lorsqu'est mesurée la circonférence des charpentières en millimètres et qu'on ajoute les quatre circonférences, l'objectif est d'obtenir au moins 600 mm. Parallèlement, en production, l'objectif doit être de 10 cm de pousse le 10 mai.
Les moyens pour augmenter la vigueur des arbres sont la gestion de la matière organique à la plantation, surtout lorsqu'elle est faible au départ ; l'utilisation de porte-greffes vigoureux ; la plantation de scions ; la conduite en simple Y (deux charpentières au lieu de quatre) ; la mise en place d'un système d'irrigation efficace ; l'utilisation de la ferti-irrigation (de fin avril à début mai) ; l'effleurage ou le pré-éclaircissage pour les variétés à forte floribondité.