Plans de filière : mieux valoriser et répondre aux attentes sociétales
le 21 décembre à Bercy. Dans les interprofessions, les mois de novembre et décembre ont été studieux pour présenter au gouvernement des projets
en réponse aux attentes sociétales. Tour d’horizon des différentes propositions.
Les interprofessions des différentes filières agricoles ont réussi un véritable tour de force en rendant leur plan ambition filière à la date prévue. Le travail était important et certains secteurs ont eu des difficultés à se mettre d'accord entre les différents maillons de la filière et répondre au cahier des charges posé par le président de la République. « Les interprofessions ont dû présenter leurs ambitions autour de deux thèmes, rappelle Henri Brichart, vice-président de la FNSEA très impliqué dans les EGA. Leur engagement vis-à-vis des attentes sociétales, autrement dit, la montée en gamme, et le travail pour une meilleure répartition de la valeur, notamment vers les agriculteurs. »
Créer du dialogue au sein des filières
Pour le ministre de l'Agriculture, Stéphane Travert, la préparation des plans de filière a eu la vertu de « mettre autour de la table des gens qui ne se parlaient plus », évoquant le cas de la filière porcine. L'exercice a effectivement des intérêts, reconnaissent certaines interprofessions. « L'exercice a permis de faire réfléchir toutes les parties prenantes sur l'avenir de la filière et de créer une vraie dynamique », commente Maxime Chaumet, le délégué général de l'interprofession œuf (CNPO). C'est aussi ce que souligne par exemple Thierry Roquefeuil, président de l'interprofession laitière, qui est satisfait que ce plan ait abouti. Il constate que « les mentalités ont évolué ». « Tout le monde a fait du chemin depuis 2015 où j'avais démissionné de la présidence du Cniel », alors que l'interprofession ressemblait de plus en plus à une coquille vide. C'est aussi l'avis de Damien Lacombe, président de Sodiaal. « Les États généraux de l'alimentation ont permis de recréer des conditions propices au dialogue entre les différents maillons de la chaîne ». Dans son discours de Rungis, le président de la République semblait condi-
tionner les évolutions réglementaires annoncées pour début 2018 (encadrement des promotions, hausse du seuil de revente à perte, réforme de la contractualisation) à la remise de plans de filière ambitieux : « Je ne souhaite pas que cette réforme puisse nous laisser collectivement continuer comme on a toujours fait, avait-il déclaré. [...] C'est pourquoi je vous demanderais de votre côté, d'ici la fin de l'année, [...] de conclure des plans, filière par filière. » Mais cette mécanique de donnant-donnant n'a jamais été clairement confirmée par le ministre de l'Agriculture, Stéphane Travert, lorsqu'il était interrogé sur ce point. C'est un point que le président de la République va éclairer dans sa prise de parole du 21 décembre.
Des attentes fortes du monde agricole
Christiane Lambert, la présidente de la FNSEA, a indiqué le 18 décembre qu'elle abordait cette semaine de clôture des États généraux de l'alimentation « avec beaucoup d'attente ». « Les agriculteurs veulent du concret », a-t-elle insisté. La FNSEA demande que cinq points apparaissent clairement dans la future loi de modernisation des relations commerciales : vulgariser les contrats qui prennent en compte les coûts de production ; une possible renégociation des prix de la part des industries agroalimentaires auprès des distributeurs ; l'encadrement des promotions ; une sanction des prix abusivement bas ; un seuil de revente à perte (SRP) « correctement appliqué et non dévoyé ». Selon les premiers éléments qui lui ont été présentés par le ministère de l'Agriculture, le projet de loi reprend une bonne partie de ces points. « Mais ce n'est pas clair sur la renégociation et il ne s'agirait que d'une expérimentation pour deux ans », a précisé Christiane Lambert.
C. P.
Filière viti-vinicole / RSE, création de valeur, résilience et export
La filière vin a élaboré son plan de filière en quatre axes : la responsabilité sociale et environnementale (RSE), la création de valeur, la résilience des exploitations et des entreprises et l’adaptation aux marchés internationaux. À l’heure où nous écrivons, tout n’est pas encore confirmé, mais l’intitulé des groupes de travail est parlant. Ainsi, le sujet de la réduction des intrants renvoie à deux thèmes majeurs : la recherche sur les cépages résistants au mildiou et à l’oïdium et le remplacement des herbicides par davantage de main-d’œuvre. Or, plus de main-d’œuvre peut nécessiter des mesures fiscales et réglementaires incitant à l’embauche de salariés. L’axe sur la RSE recouvre des enjeux qui font régulièrement l’actualité : la nécessaire adaptation du vignoble et des pratiques aux attentes de la société. Mais cet axe recouvre une thématique essentielle, sans laquelle les professionnels rendraient une copie blanche sur leur plan de filière : « Il faut que l’État affirme clairement quelle est la légitimité de la consommation de notre produit, pour que l’on puisse parler de tout le reste », indiquent les membres des groupes de travail. Autrement dit, que les pouvoirs publics définissent ce qu’est une consommation responsable de vin, à moins qu’ils songent à le prohiber purement et simplement.
Grandes cultures / Le pari de l’innovation
Intercéréales a élaboré un plan de filière qui s’articule autour de l’innovation pour répondre aux attentes des clients, des consommateurs et des citoyens.
«Le plan de transformation de la filière céréales qui regroupe le blé tendre, le blé dur, le maïs, l’orge et toutes les autres céréales à paille, comprend trois axes, déclare le président de l’interprofession Jean-François Loiseau. Premier axe : accompagner toutes les créations de valeurs, du territoire local à l’international, en satisfaisant les attentes clients, consommateurs, citoyens. Il s’agit notamment de développer l’export de céréales et produits transformés là où l’origine France a des atouts ; accroître les utilisations non-alimentaires, contribuer à l’économie circulaire grâce aux coproduits. Autre action, doubler les surfaces en bio sur la période 2015-2020. Le deuxième axe consiste à innover pour développer la filière céréalière en transition. « On promeut le virage vers un ensemble de solutions pour réduire la consommation d’intrants chimiques, notamment les phytos », explique Jean-François Loiseau. « Cela passe par l’agronomie, la biologie, la chimie, la génétique, le machinisme, le numérique, qui sont complémentaires », affirme-t-il. Troisième axe : améliorer la compétitivité de la filière et assurer un revenu aux producteurs. Il s’agit entre autres de réduire les coûts de production au sein de la filière ; créer de la valeur à l’aide de stratégies de segmentation de l’offre ; développer la couverture des risques ; remettre les céréales « au cœur de la diplomatie économique ». « Tous les maillons peuvent gagner en compétitivité, […] on peut gagner 15 à 30 euros/t tout au long de la filière », affirme-t-il. Pour les exploitations agricoles, un cap est fixé à 140 euros/t pour le prix de revient contre une moyenne de 170 à 180 euros/t, selon lui.
Filière laitière / Un socle commun “ France Terre de lait ”
Le plan de filière définit un standard de lait de haute qualité et prévoit de finaliser sous six mois un cadre interprofessionnel sur les négociations commerciales.
Le plan de filière laitière aura été accouché dans la douleur. « La semaine dernière, nous étions à deux doigts de ne rien écrire », reconnaît Thierry Roquefeuil, président du Cniel, l’interprofession laitière. Au final, il a été validé à l’unanimité par le conseil d’administration puis présenté au ministre de l’Agriculture le 14 décembre. « Nous avons travaillé dur pour que tout le monde s’y retrouve », avoue-t-il. Même le commerce et la distribution, qui ne sont pas membres du Cniel, ont été intégrés à la concertation.
Une charte bien-être animal à construire D’abord, le plan de filière affirme que la France a des ambitions laitières. « Nous avons défini un socle commun de référence correspondant à la production d’un lait standard de haute qualité, baptisé France Terre de lait », explique-t-il. Ce lait sera produit dans le respect de la charte des bonnes pratiques déjà existante et du bien-être animal, dont la charte reste à écrire. « Il doit garantir une juste rémunération des éleveurs et doit permettre à ceux-ci de se faire remplacer au moins un jour par semaine ». Et, au-delà de ce socle de base, le plan de filière prévoit une segmentation du marché avec le respect de cahiers des charges qui justifie une rémunération supplémentaire avec notamment un objectif de doubler la production de lait bio en cinq ans. Ensuite, le Cniel va élaborer un tableau de bord mensuel d’indicateurs économiques qui sera mis à disposition des acteurs de la filière pour les aider à la construction du prix. On retrouvera des données sur les volumes, les prix et les coûts de production au niveau national, européen et mondial. « Le plan prévoit de définir sous six mois un cadre interprofessionnel qui crée des conditions de négociations commerciales plus transparentes, réactives et équitables », avance la FNPL.
Ovins / Un travail au pas de course
Dans le cadre de la préparation des plans de filière, Michèle Boudoin, la présidente de la Fédération nationale ovine (FNO), a souligné l’importance du dialogue dans le processus. « Les filières ovines lait et viande vont se parler ». Sur la partie viande, deux enjeux ont été définis : « renouveler les consommateurs et maintenir le potentiel de production ». Il s’agit également de travailler autour des signes de qualité autres que le bio. Du côté de la contractualisation, « l’aval nous a proposé de rédiger des contrats avec inscription des coûts de production », indique Michèle Boudoin. Il s’agit également « d’attaquer le marché de la restauration hors foyer ». Elle dénonce un « travail au pas de course et un certain ras-le-bol » de ce timing qui ne permet pas de construire les choses posément, avec des demandes du ministère envoyées à la dernière minute. Un rythme particulièrement difficile à tenir pour les petites filières.

Fruits et légumes / Interfel ménage les intérêts de ses 14 familles
L’ambition principale du plan de la filière fruits et légumes est de développer la consommation en assurant la compétitivité de la filière.
L’objectif principal de ce plan est de « répondre à l’enjeu du développement de la consommation de fruits et légumes et d’assurer la compétitivité et la durabilité de la filière ». Afin que la représentativité soit renforcée, Interfel souhaite augmenter le nombre de familles représentées de l’amont à l’aval, en intégrant, notamment, la restauration hors domicile. Les différents engagements sont répartis en six axes de travail. Le premier axe consiste à mettre en œuvre une contractualisation opérationnelle au moyen d’outils de pilotage attractifs et performants sur la base d’un accord interprofessionnel et d’un guide de bonnes pratiques des relations contractuelles. D’ici cinq ans, la filière espère ainsi passer à 30 % de volumes contractualisés sur la base du volontariat. Le deuxième axe est de développer la place et le rôle des signes officiels de qualité afin d’accroître la segmentation du marché, en renforçant notamment les démarches en faveur de l’agriculture biologique. Interfel souhaite ainsi que, dans cinq ans, 50 % en valeur des fruits et légumes soient issus de la certification environnementale et que 25 % soient sous signes de qualité et d’origine (dont bio). Dans son troisième axe de travail la filière souhaite, par une approche scientifique, réduire de 20 à 50 % d’ici 2030 l’utilisation de produits phytosanitaires. Pour répondre à l’objectif de santé publique et d’éducation alimentaire, Interfel veut également encourager la consommation de fruits et légumes afin que tous les Français en mangent 400 grammes par jour. Le cinquième axe de ce plan de filière est de développer l’offre français sur de nouveaux marchés à l’international. Enfin, la filière veut renforcer la recherche et l’innovation afin de développer des solutions alternatives et compétitives en concentrant ses efforts sur le biocontrôle, la robotisation-mécanisation et la digitalisation.

Volailles de chair / Investir massivement
Le plan de filière se fixe notamment comme objectifs de faire reculer les importations, développer l’export et faire progresser les labels ainsi que le bio.
Dans leur plan de filière, présenté dans ses grandes lignes le 6 décembre, les interprofessions volailles de chair mettent en avant trois objectifs principaux : faire reculer les importations de volailles standards, trouver de nouveaux débouchés à l’export et développer la production de volailles bio et labels. Le point commun entre ces stratégies est qu’elles passent par un investissement important dans les outils. En volailles standards, la filière affiche deux objectifs : la reconquête de 10 % des parts de marché en cinq ans en France et l’ouverture de nouveaux marchés à l’export. Les investissements nécessaires sont évalués à 2,7 milliards d’euros sur cinq ans, et sur l’ensemble de la filière.
La deuxième partie concerne les volailles sous labels (label rouge, AOP, IGP) et bio pour lesquelles la filière fixe plusieurs objectifs chiffrés : hausse de 50 % du bio en cinq ans (idem pour les produits labels) ; faire passer la part des produits de découpe de 30 à 50 % du marché des labels ; doubler les exportations de labels et d’augmenter les ventes de labels en RHD de 20 %. Les investissements nécessaires sont estimés à 90 millions d’euros, uniquement sur les bâtiments d’élevage. En contrepartie, la filière demande des soutiens à l’investissement avec un peu plus de 1 milliard d’euros de PCAEA sur cinq ans pour la volaille standard, et aux travaux de recherche appliquée. Elle appelle également les autorités à faire évoluer la réglementation française et européenne sur les promotions et l’étiquetage.
Porc / Un plan à faire parapher par les charcutiers
Hasard du calendrier, la remise des plans de filière correspond avec le retour de la Fédération des industriels de la charcuterie (Fict) dans l’interprofession porcine (Inaporc). À l’heure où nous écrivons ces lignes, la Fict ne s’est pas prononcée sur le plan de filière d’Inaporc. Elle a quitté l’interprofession en janvier 2016. La validation d’un plan de filière commun pourrait être une étape décisive de son retour, après la nomination de Bernard Vallat à la présidence de la Fict en remplacement du controversé Robert Volut. En attendant le paraphe de la Fict sur le plan de filière, personne ne veut en dévoiler son contenu ; cela pourrait froisser les industriels. Paul Auffray, président de la Fédération nationale porcine (FNP), glisse seulement que les débats se sont déroulés dans un climat « constructif », que le plan contient des demandes pour restaurer la compétitivité du secteur, des objectifs chiffrés sur la progression du bio et des labels, mais aussi des propositions concernant la qualité (sanitaire, innovation…) ou l’organisation du dialogue entre les interprofessions d’élevage avec les ONG. À l’inverse de la filière volaille, la filière porcine n’a pas livré de chiffres d’investissement. Selon Paul Auffray, « elle aurait besoin d’investir 2 à 3 milliards d’euros pour se moderniser ».
Caprin / Vers une montée en gamme
Le plan de filière fixe des objectifs précis pour la montée en gamme des productions (AOP, bio) mais aussi sur la stratégie d’export et le bien-être animal.
Dans le plan de filière caprine à l’horizon 2022, le premier sujet abordé est l’amélioration de l’attractivité du métier d’éleveur pour pérenniser la production. Le plan se propose d’actualiser les indicateurs technico-économiques, les supports de communication, mais aussi d’améliorer les conditions de travail. Par ailleurs, plusieurs objectifs vont dans le sens d’une montée en gamme des produits notamment par la hausse des ventes d’AOP chèvres, en volume et en valeur, à raison de + 2 % par an et le maintien de 20 % de fabrications fermières sur le total des fabrications. La filière s’engage aussi à favoriser les exportations pour passer de 20 % actuellement à 27 % des ventes en volume en 2022. Afin de prendre en compte les attentes sociétales, la filière caprine s’engage à ce que tous les producteurs aient fait un diagnostic sur l’empreinte environnementale d’ici cinq ans. Par ailleurs, elle s’engage à « encourager les exploitations à entrer dans une démarche de certification environnementale (HVE) ». Sur le bien-être animal, elle s’engage à enrichir le Code mutuel des bonnes pratiques d’élevage avec des indicateurs de bien-être afin que 100 % des éleveurs soient dans ce nouveau référentiel d’ici fin 2022. Avec ses partenaires, le plan de filière prévoit d’instaurer un dialogue « constructif » avec les parties prenantes de la filière non-membres de l’interprofession (FCD, associations welfaristes, environnementales, de consommateurs, les représentants des 14 fromages de chèvres AOP, de la production bio, et des acteurs de la recherche).
Viande / Interbev propose un pacte d’engagement sociétal
Interbev a gardé le silence jusqu’au 19 décembre sur son plan pour les filières viande (bovin, veau, ovin, caprin, équin). Dans les grandes lignes, ces plans ont en commun la volonté partagée de pérenniser et améliorer la durabilité de la filière, de maintenir le potentiel de production des différentes espèces, de mieux structurer la contractualisation et de toujours plus intégrer les attentes sociétales dans les modes de production de viande. Cela passe par la définition d’un pacte pour un engagement sociétal en intégrant mieux les attentes via des concertations renforcées avec différentes associations représentant la société. L’interprofession mise également sur la montée en gamme par l’évolution des pratiques et le soutien fort aux signes officiels de qualité avec la hausse du label rouge de 3 à 40 % en viande bovine par exemple. La filière viande s’engage également à développer des travaux de R&D concernant le développement durable des systèmes de production animale (revenu des éleveurs, santé des animaux, agroécologie, adaptation à la demande, etc.). Concernant la meilleure répartition de la valeur, Interbev propose différentes actions autour de la contractualisation, de la promotion ou de l’information économique avec des demandes concernant les évolutions des règles européennes de la concurrence. Par exemple, en bovin viande, Interbev propose d’atteindre 30 % de transactions contractualisées d’ici cinq ans contre 2 % aujourd’hui.
En ovin où la contractualisation est généralisée (80 % des volumes), l’idée est d’intégrer les coûts de production pour un tiers des contrats. Dernier exemple, en caprin, Interbev propose de développer l’engraissement des chevreaux à la ferme.
Lapin / Un quart d’élevages alternatifs d’ici 2022
La filière lapin a présenté un plan de filière qui reprend dans les grandes lignes le Pacte d’avenir présenté en juin dernier. Le plan est articulé autour de quatre axes (biosécurité, bien-être animal, antibiotiques, environnement). La principale nouveauté du plan de filière, c’est l’objectif désormais chiffré à 25 % du marché pour les éleveurs alternatifs d’ici 2022. L’interprofession du lapin, le Clipp, veut donner « la priorité aux travaux engagés sur le bien-être animal et au déploiement de nouveaux modes de logement ». Comme en volaille, cet objectif passera par de lourds investissements de modernisation ou création de nouveaux élevages chiffrés à 60 millions d’euros. La principale différence avec la volaille, c’est que la filière lapin n’a pas encore trouvé son modèle pour l’élevage standard de demain. Certains éleveurs ont déjà investi dans des élevages, à titre expérimental (cages plus grandes, parcs...).
Et la recherche (Itavi et Inra) est à l’œuvre pour l’élaborer et fournir des données technico-économiques. Par ailleurs, le plan de filière contient des engagements en matière de « biosécurité dans les élevages », de réduction des antibiotiques (aller au-delà de la baisse de 46 % obtenue entre 2010 et 2016), et de réduction des effets sur la nature (rejetés azotés, émissions d’ammoniac, d’odeurs, de gaz à effet de serre et de particules, de consommation en eau et énergie).

Semences / Objectif : l’agroécologie
Le Gnis (interprofession des semences et plants) a dévoilé le 12 décembre son plan de filière. Il s’agit « d’innover pour accompagner les filières en transition agroécologique », a déclaré en conférence de presse le président François Desprez. Un axe central qui vise à pousser la sélection génétique vers l’efficience des intrants, la résistance aux maladies et aux ravageurs ; redynamiser la recherche sur les espèces orphelines ; l’accès à toutes les techniques d’amélioration des plantes. L’interprofession réclame « un cadre juridique sécurisé permettant d’utiliser ces techniques, notamment celles qui permettent un gain de temps », a indiqué la directrice générale Catherine Dagorn.
Deux autres axes ont été mis en avant : répondre aux attentes des citoyens, consommateurs et clients ; et protéger, enrichir, diffuser la biodiversité. L’interprofession va ainsi mettre en place un comité des enjeux sociétaux, intégrant des associations de consommateurs et des ONG, qui sera chargé d’éclairer son conseil d’administration. Répondre aux attentes, c’est par exemple développer « une sélection adaptée à l’agriculture biologique avec des expérimentations spécifiques ». Sur la biodiversité, le Gnis propose des évolutions réglementaires permettant un meilleur accès des variétés aux listes C (menacées d’érosion génétique) et D (variétés de niche, marchés locaux) du catalogue, en facilitant la production et la vente de leurs semences.