Pour que la race préalpes ne s'éteigne pas
A Bellegarde-en-Diois, Thierry Geffray va laisser son activité au sein du Gaec de Montlahuc et donc son troupeau de 600 brebis de préalpes race pure. Il était présent sur la foire aux béliers de Crest en compagnie de Matthieu Schmitt, en pré-installation sur l'exploitation depuis huit mois (un éleveur est en outre associé au groupement depuis janvier 2014). Il est originaire d'Alsace et berger depuis dix ans.
Matthieu Schmitt nous a donné quelques clefs sur le métier de sélectionneur. « Le but est d'avoir des animaux conformes aux critères de la race : des critères esthétiques comme l'aspect, la corpulence, le busque (la partie entre le front et les naseaux) mais aussi l'index de valeur laitière et celui de prolificité, avec le suivi sur les ascendants et descendants, a-t-il expliqué avant de poursuivre : Cette foire est la première de l'année. Nous allons ensuite plusieurs fois dans les Hautes-Alpes mais aussi dans le Vaucluse et dans toute la région Paca. C'est très plaisant de vendre des béliers. Quand on est berger, on ne fait qu'une étape de la production. » C'est la technicité qui l'a attiré dans cette activité. « Et ça fait vivre la race préalpes, qui est en constante diminution, ajoute-t-il. On résiste face aux mérinos souvent choisis pour des facilités de travail. »
« Rendre service à la race »

En tant que sélectionneur de béliers mais aussi d'agnelles, Thierry Geffray a donné au Gaec une image de qualité. Il a œuvré pour que la race ne s'éteigne pas. Il y avait près de cinquante éleveurs il y a vingt ans, ils ne sont plus que douze aujourd'hui dans le Diois.
Lui s'est installé en 1976 et a choisi la sélection dix ans plus tard. « Par intérêt pour l'élevage, explique-t-il. Par goût pour la technique et pour rendre service à la race. Nous avons bénéficié pour commencer de très bons techniciens de l'Upra Préalpes, l'association des éleveurs à Gap ». Il aimait cela et il avait la fibre... Il se rendait au Salon de l'agriculture à Paris et a obtenu des premiers prix au concours général. « J'ai aussi reçu le "26 de la réussite", oscar remis par le conseil général. »
Aujourd'hui, le logiciel Ovitel, qui facilite la gestion du troupeau, offre une aide informatique appréciée des éleveurs. Les sélectionneurs, en particulier, peuvent rentrer tous les indices. « On va plus vite, indique l'éleveur. On utilise des critères multiples et ça nous donne une vision globale. Mais il est vrai que rien ne remplace l'œil sur la bête ! ». Il sait de quoi il parle, lui qui a pu conseiller aussi longtemps ceux qui cherchent un bon reproducteur : examiner les organes reproducteurs bien sûr mais aussi les gigots, les aplombs et le coffre, le dos plat, etc. « A une époque, on a voulu créer une race blanche du sud en croisant la préalpes, la blanche du Massif Central et la lacaune, se souvient-il. Ca n'a pas abouti mais il y a peut-être quelque chose à faire à ce niveau. »
Elisabeth Voreppe