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Travail et santé

Prévenir pour limiter les TMS

En pleine période de taille de la vigne, le service de santé et sécurité au travail de la MSA rappelle les principes de prévention afin d'éviter les troubles musculo-squelettiques ou TMS durant ces quelques mois de travaux répétitifs et manuels.
Prévenir pour limiter les TMS

Selon l'observatoire des troubles musculo-squelettiques des actifs agricoles entre 2007 et 2011, les TMS représentent aujourd'hui un peu plus de 93 % des maladies professionnelles reconnues pour les actifs du régime agricole et un peu plus de 86 % pour les salariés du régime général. Pour les salariés, les secteurs les plus touchés en nombre de TMS sont la viticulture avec plus de 3 000 TMS constatés sur la période 2007-2011 suivi des cultures spécialisées et des coopératives de traitement de la viande des gros animaux. Ces affections constituent pour les deux régimes, la première cause des maladies professionnelles reconnues.


La taille, période à haut risque


En viticulture, deux périodes sont critiques pour l'apparition de ces troubles, la période de vendange et surtout la période de taille de la vigne. Premier gros travail de l'année, cette activité s'effectuant généralement du 15 novembre au 15 mars, en fonction des conditions météo est une étape incontournable et répétitive mais qui doit être préparée pour limiter au maximum les risques de TMS. En moyenne, ce ne sont pas moins de 14 000 coups de sécateur qui sont donnés chaque jour en pleine période de taille. Les conséquences de ce travail répétitif sont l'apparition de douleurs péri articulaires des muscles, tendons, ligaments, nerfs sur une ou plusieurs des huit zones de douleurs (cf encadré). Afin de limiter ces désagréments, Thierry Antonelli, du service de santé et sécurité au travail de la MSA insiste : « La prévention et la préparation restent les meilleurs moyens pour que la saison de taille se passe au mieux ». Ce qui suppose par une préparation au niveau du matériel et de l'individu.


Anticiper


Au niveau du matériel d'abord, avec le choix et l'entretien du sécateur. « Depuis une quinzaine d'années, les sécateurs ont fortement évolué avec le passage des sécateurs manuels aux sécateurs pneumatiques puis électriques facilitant le déclenchement de la coupe qui est plus progressive. Néanmoins, le poids a augmenté et les vibrations entraînées par les déclenchements ne sont pas sans conséquence. Le problème est différent mais les risques restent présents », explique le technicien. Thierry Antonelli insiste également sur l'entretien de la lame du sécateur par un affilage (entretien des angles du taillant) régulier et recommande de l'effectuer une fois par heure. « ça prend moins de 10 secondes et ça permet de conserver toute l'efficacité de coupe », interpelle-t-il. Cela évite d'entrer dans le cercle « infernal » : mon sécateur coupe moins bien, je force plus, je prends plus de temps pour réaliser mon travail, je prends du retard, j'ai moins de temps pour affiler et ainsi de suite. La gestion de la lame du sécateur est à la fois bénéfique pour la plante, pour la cicatrisation des coupes et pour l'Homme et sa santé.
Côté préparation de l'individu, avant et pendant une longue période de taille, la MSA invite les actifs agricoles à « se préparer comme le ferait un sportif avant un effort long », suggère le technicien. Il s'agit : d'avoir une alimentation équilibrée et adaptée à l'effort, s'hydrater fréquemment, faire quelques minutes d'échauffements physique pour « réveiller son corps avant l'effort », établir des phases de repos, de pauses pendant la journée, alterner les positions, les postures si possible en alternant les travaux (taille et tirage des bois), s'étirer régulièrement.
Toutes ses recommandations, le service de santé et sécurité au travail de la MSA les apporte lors des formations qu'il réalise à la demande des entreprises agricoles, des établissements d'enseignements agricoles qui incluent depuis quelques années ses formations de prévention dans leur programme. 

Céline Diebolt

 

Définition 
Le terme « troubles musculo-squelettiques » (TMS) est une appellation générique qui couvre l’ensemble des symptômes musculo-squelettiques en relation avec l’activité professionnelle.
Les TMS regroupent une quinzaine de pathologies qui touchent les tissus mous à la périphérie des articulations. Les TMS affectent donc principalement les muscles, les tendons et les nerfs des membres supérieurs et inférieurs. Ils sont localisés, au niveau : de la colonne vertébrale, de l’épaule, du coude, du poignet, de la main et du doigt, du genou, de la cheville et du pied.
Ces affections se traduisent par des douleurs et une gêne dans les mouvements qui peuvent entraîner des difficultés dans la vie professionnelle et dans la vie privée. n
Source : Service santé et sécurité de la MSA.