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Perspectives agricoles OCDE/FAO

Production en hausse et prix en baisse sur les dix prochaines années

L'OCDE et la FAO ont dévoilé il y a quelques jours leurs perspectives agricoles mondiales pour 2015-2024. La prochaine décennie devrait observer une baisse des prix et une augmentation de la production agricole, tirée en particulier par la demande croissante des pays en développement.
Production en hausse et prix en baisse sur les dix prochaines années

Revues chaque année, les Perspectives agricoles de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et de l'Organisation des Nations unies pour l'agriculture et l'alimentation (FAO) pour les dix ans à venir s'avèrent « plus calmes », a relevé Angel Gurria, secrétaire général de l'OCDE lors de la présentation du rapport à Paris. Si des corrections liées à des facteurs plus conjoncturels de l'offre et de la demande devraient modifier les perspectives à court terme pour 2015, la tendance sera à l'augmentation de la production, conjuguée à une baisse des prix.

Amélioration de la productivité

La période 2015-2024 devrait voir augmenter la production agricole, essentiellement via à une augmentation de la productivité dans la plupart des régions du monde. Les rendements augmenteraient ainsi en Asie, en Europe, en Amérique du Nord et, dans une plus faible proportion, en Afrique. Sur ce dernier continent, l'amélioration des rendements sera conjuguée, comme en Amérique du Sud, à une augmentation des surfaces agricoles. L'augmentation de la production permettra de répondre aux nouveaux besoins des pays en développement, tirés par l'augmentation du revenu par habitant et l'urbanisation. La consommation sera plus diversifiée, avec une demande accrue en protéines animales (viande et produits laitiers). Une augmentation des apports caloriques que le directeur général de la FAO, José Graziano da Silva, a salué comme une « bonne nouvelle », même si les pays les moins avancés « restent loin derrière les économies avancées, ce qui est source de préoccupation car cela signifie que la faim pourrait persister dans ces pays », regrette-t-il.

Prix en baisse

Malgré cette augmentation de la demande, les prix des produits alimentaires de base vont probablement baisser dans les dix prochaines années, notent les Perspectives. La tendance sera particulièrement marquée sur les produits végétaux, la tension sur les prix étant accentuée par les prix bas du pétrole et des stocks de céréales pour le moment au plus haut. La baisse des prix des céréales fourragères pourrait en revanche permettre au secteur de la viande de retrouver des marges. Ces prix resteront néanmoins plus élevés qu'au début des années 2000, et la consommation des produits de base sera proche de la saturation dans la majorité des pays émergents, d'où une reprise « timide » de l'économie mondiale, anticipent l'OCDE et la FAO. Enfin, les deux organismes prévoient également une concentration des exportations de produits agricoles de base dans un nombre plus restreint de pays, particulièrement pour les exportations de produits laitiers qui resteront aux mains de la Nouvelle-Zélande, de l'Union européenne, des Etats-Unis et de l'Australie. Parallèlement, les importations seront dispersées sur un plus grand nombre de pays, ce qui augmente le risque de crise mondiale, par exemple en cas de catastrophe naturelle localisée sur une des principales zones de production. L'OCDE et la FAO n'excluent donc pas la possibilité d'au moins une crise grave sur les marchés internationaux dans les années à venir.

 

Le Brésil bien positionné pour tirer parti des échanges mondiaux 

Le rapport de l’OCDE et de la FAO consacre un chapitre au Brésil, bien placé selon eux pour tirer le meilleur profit de l’expansion des échanges stimulée entre autres par la demande asiatique. La production brésilienne devrait croître de façon accélérée grâce à l’augmentation de la productivité et du rendement des cultures, alliée à la conversion de pâturages en surfaces cultivées, et grâce à une intensification de l’élevage. Le pays devrait accompagner cette tendance en soutenant les investissements et en favorisant les accords commerciaux avec les pays importateurs. Si l’on reproche parfois au Brésil une croissance agricole peu respectueuse de l’environnement, l’OCDE et la FAO jugent que ce modèle pourrait être durable car résultant davantage des gains de productivité, et que la pression sur les ressources naturelles pourra être atténuée par des initiatives de protection de l’environnement telles que la conversion en pâturage de superficies cultivés dégradées ou encore l’intégration de systèmes de culture et d’élevage.