Rencontre autour de la pollinisation de l’abricot des Baronnies
Pour obtenir des récoltes de qualité et en quantité importante, une pollinisation optimale des abricotiers requiert la présence massive d'abeilles dans les vergers des Baronnies durant cette courte période actuelle de floraison des arbres. Fort de ce constat, le président du syndicat de l'abricot des Baronnies, Jean-Marc Philibert, et le président du groupement régional des apiculteurs pollinisateurs professionnels (Grapp), Bruno Villard, ont organisé conjointement, vendredi dernier à Saint-Sauveur-Gouvernet, une rencontre sur le thème du partenariat nécessaire entre producteurs d'abricots et apiculteurs. Cette réunion « bout de champ » était animée par Jean-Marie Cecilio, technicien de l'ADA-Aura, et Benoît Chauvin-Buthaud, technicien de la chambre d'agriculture de la Drôme, ce dernier étant chargé notamment du dossier de demande en reconnaissance IGP de l'abricot des Baronnies.

L'abeille et l'abricot, un partenariat gagnant
« Dans les Baronnies où une centaine de producteurs produisent entre 15 000 et 20 000 tonnes d'abricots, soit 10 % de la production française, nous avons des variétés qui ne se pollinisent pas toute seule, a expliqué Jean-Marc Philibert. Le rôle de l'abeille est donc essentiel car le vent n'est pas suffisant. Et une pollinisation réussie permet aussi d'avoir des fruits de meilleure qualité, plus gros, qui se comportent mieux pendant le stockage. »
Pour polliniser leurs vergers, les producteurs d'abricots utilisent donc en cette période soit leurs propres ruches, soit celles de leurs voisins ou encore font appel à des pollinisateurs professionnels comme Bruno Villar. « Les colonies d'abeilles sont préparées et sélectionnées afin de répondre aux critères d'une charte de qualité garantissant à l'agriculteur une pollinisation réussie, a-t-il expliqué. Les ruches que nous apportons sur la zone à polliniser sont fortes et dynamiques, avec une reine jeune qui a déjà fait des miellées dans des zones plus précoces. »
Trois à huit ruches par hectare sont habituellement nécessaires pour assurer une bonne couverture de pollinisation. Le tarif d'un apiculteur pollinisateur professionnel est autour de 45 euros la ruche. Les adhérents du Grapp (une douzaine en Rhône-Alpes) placent chaque année entre 3 000 et 4 000 ruches en pollinisation, principalement pour la filière arboricole.
Réduire l'impact des traitements sur les abeilles
Pratiqués en période de floraison, les traitements phytosanitaires ne sont pas sans conséquence sur les butineuses, qui peuvent être intoxiquées et entraîner l'affaiblissement de la colonie, voire sa mort. Certains traitements fongicides peuvent aussi avoir un effet sur la pollinisation en affectant la viabilité des pollens. La rencontre a donné l'occasion aux deux techniciens, Jean-Marie Cecilio et Benoît Chauvin-Buthaud, de fournir aux arboriculteurs des conseils techniques afin de réduire l'impact des traitements sur les abeilles. A savoir : traiter à la tombée du jour, broyer les adventices en fleur, éviter la formation de flaques lors de la vidange des fonds de cuve et, en tout état de cause, éviter tout traitement pendant les heures de butinage, même avec un produit portant la mention « abeille ». Enfin, il a été rappelé que le mélange insecticide (pyréthrinoïdes) et fongicides (triazoles), très toxique pour les abeilles, est strictement interdit pendant la floraison.
Alain Bosmans
Contact : Bruno Villar, président du Grapp (tél : 04 75 28 24 42 – mail : [email protected]).Site internet de l'Ada-Aura : http://ada-aura.adafrance.org.