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Plan de relance agroalimentaire

Résister aujourd’hui, reconstruire demain en mieux

Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, était la seule représentante du secteur agricole à participer avec les partenaires sociaux au rendez-vous organisé par le président de la République, autour de cinq ministres, le 4 juin, à l’Élysée.
Résister aujourd’hui, reconstruire demain en mieux

Après 3 h 30 d'échanges tripartites entre d'un côté les représentants des employeurs, de l'autre, ceux des salariés et enfin ceux du gouvernement, sous l'arbitrage d'Emmanuel Macron, la présidente de la FNSEA, Christiane Lambert, a salué la volonté d'écoute établie lors de cette rencontre, en restant toutefois vigilante sur l'avenir. Les discussions se sont focalisées sur « la reprise de l'activité en France », a-t-elle déclaré à l'issue de ces entretiens, en veillant à mettre en avant le travail réalisé par l'agriculture et l'agroalimentaire pendant la crise sanitaire. Ces deux « secteurs qui ont tenu bon (...) ont été un laboratoire d'expérimentation pour écrire les guides de bonnes pratiques qui permettent aujourd'hui de poursuivre l'activité », a ajouté Christiane Lambert.
Et de citer notamment le taux d'activité qui reste élevé dans le secteur agricole et agroalimentaire. Mais certains secteurs sont en grand risque économique en raison de la fermeture des restaurants. « Ils ont besoin de soutiens substantiels », a insisté la présidente de la FNSEA.

Favoriser l'emploi en agriculture

Sur le sujet de la main-d'œuvre, Christiane Lambert a demandé le maintien de l'exonération de la taxe pour les travailleurs occasionnels demandeurs d'emploi (TODE), le fait d'inscrire dans le temps le protocole sanitaire de prévention afin d'améliorer les conditions de travail, et aussi de travailler sur l'attractivité des métiers de l'agriculture. Mais « notre secteur économique reste encore trop dépendant aux travailleurs saisonniers étrangers ainsi qu'aux travailleurs détachés », pointant du doigt le risque pour la pérennité de certains dispositifs « alors que des Français sont en chômage partiel », voire total. La FNSEA propose non seulement d'approfondir la réflexion sur le sujet des saisonniers mais également sur la formation initiale et continue. « Il faut aussi élargir les aides à l'embauche des apprentis », a-t-elle plaidé en soulignant que, dans ce domaine, le secteur agricole a vu le nombre de ses apprentis augmenter de 2,5 % en 2019, soit 35 000 apprentis dont plus de la moitié (18 200) dédiés à la production agricole. La décision du gouvernement de donner 5 000 euros d'aide pour contractualiser avec un apprenti de moins de 18 ans et 8 000 euros pour un apprenti majeur « va dans le bon sens » et permet de couvrir en grande partie les frais engagés par les employeurs, la première année.

« Sauver un maximum d'entreprises »

Par ailleurs, Christiane Lambert a demandé au gouvernement, qui était représenté par cinq ministres(1) et auxquels elle a remis en mains propres le Manifeste de la FNSEA pour une souveraineté alimentaire solidaire, de revenir sur ces critères d'accès pour l'allègement des cotisations patronales. « Le seuil de 80 % de pertes est trop élevé et trop d'exploitations se verraient exclues du dispositif », a-t-elle expliqué. Saluant les récentes décisions prises au plan européen, Christiane Lambert a demandé, a minima, « une harmonisation des règles sociales, fiscales et environnementales » pour relever les défis de la transition climatique, énergétique et numérique. « Pour réussir la souveraineté alimentaire, il faut d'abord sauver le maximum d'entreprises. Notre détermination est totale pour résister aujourd'hui et construire demain en mieux. L'agriculture et l'alimentation doivent faire partie intégrante du plan de relance national », a-t-elle conclu.

(1) Premier ministre (Édouard Philippe), Économie (Bruno Le Maire), Travail (Muriel Pénicault), Agriculture (Didier Guillaume), Action et comptes publics (Gérald Darmanin).