Accès au contenu
Caprin

« S’installer avec Agrial, ça a l’air plus sécurisant »

La coopérative Agrial a organisé une matinée « Capriboost » jeudi 16 octobre au Gaec La vielle grange à Mornans. Près de 150 personnes, dont une soixantaine venue d’établissements de l’enseignement agricole de la région, ont assisté à cette présentation.


 

Par M.E.
« S’installer avec Agrial, ça a l’air plus sécurisant »
©ME-AD26
Une soixantaine d’étudiants a participé à cette matinée organisée à Mornans.

Sur près de 600 producteurs de lait de chèvre affiliés à la coopérative Agrial, une centaine est basée dans la région Auvergne-Rhône-Alpes. Dans le cadre de son projet « Capriboost », qui vise à promouvoir l’installation caprine et renouveler les générations, Agrial a convié les établissements scolaires¹ à une matinée d’information organisée à Mornans, sur le Gaec de La veille grange. « Nous souhaitons développer la filière sur le territoire de manière durable et renouveler les générations, a assuré Delphine Pinard, responsable de production chèvre au sein de la coopérative. Notre objectif est d’atteindre quarante installations par an. D’ici 2028, une nouvelle usine de production de produits de notre marque Soignon devrait voir le jour dans les Deux-Sèvres. »

Des leviers de rentabilité 


En guise d’entrée en matière, les participants ont assisté à une présentation du plan caprin² de la coopérative. Agrial produit chaque année environ 160 millions de litres de lait. « Nous nous appuyons sur la marque Soignon qui représente neuf sites français, 50 % de yaourts et 30 % de bûchettes vendus en France. Dans la région, deux sites récupèrent le lait. À Crest, principalement pour produire du Picodon et des chèvres chauds panés ; et à Pélussin (Loire) pour les chèvres frais et le camembert », a indiqué Pierre-Jo Aufranc, éleveur caprin dans le Rhône et président du Comité Anicap Aura Paca (Criel AMC).

Les visiteurs ont aussi fait le tour de la chevrerie. ©ME-AD26

Ce dernier a notamment mis en avant la majoration du prix du lait et les compléments de prix pendant cinq ans pour les nouveaux adhérents. Agrial a aussi rappelé que le prix du lait pouvait varier de près de 200 euros entre les mois de novembre et décembre et le reste de l’année. « Nous incitons les éleveurs à produire du lait, hors saison, durant l’hiver pour avoir du Picodon en décembre. Cela les pousse à sortir du confort de la production en février. Ça demande une certaine technicité mais cela leur apporte une valeur ajoutée », a mis en avant Pierre-Jo Aufranc. 

Concilier vie pro et vie perso

Au-delà de la rentabilité, la qualité de vie a aussi été valorisée avec le témoignage de Fabien Bertrand, associé avec son frère sur le Gaec de la vielle grange. « C’est agréable de pouvoir concilier notre activité professionnelle avec la vie de famille. Nous avons décidé de rester des producteurs saisonniers par choix », a confié l’éleveur drômois. Des propos soutenus par Delphine Pinard pour qui « parler du métier d’éleveur caprin, c’est aussi montrer qu’il est possible d’en vivre et de trouver un bon équilibre avec sa vie personnelle.Surtout dans la région, c’est une activité bien adaptée au territoire ».

Des arguments qui n’ont pas laissé certains jeunes indifférents. « C’est super intéressant comme matinée, ça crée des perspectives, a rapporté Arthur Roiseaux, 18 ans, en BTS métiers de l’élevage au Valentin. S’installer avec Agrial, ça a l’air plus sécurisant des points de vue économique et social, avec l’accompagnement qui est proposé. Je réfléchis encore à m’installer en chèvre laitière et pourquoi pas avec des troupeaux ovins ou bovins. » 

Originaire de Die, Arthur Roiseaux est en première année de BTS métiers de l’élevage au Valentin. ©ME-AD26

L’accompagnement technique 

La soixantaine d’étudiants présents ont découvert la démarche technico économique (DTE) d’Agrial, présentée par François Guillaud, qui en est le responsable au sein de la structure. « Qu’est-ce qui fait que la banque va financer votre projet ? », a demandé l’intervenant aux participants. « Le potentiel de rentabilité ? », a tenté un jeune présent. « La première clé, c’est vous-même. Inspirez-vous confiance ? Si vous ne donnez pas confiance en votre projet, ça sera difficile de trouver des financements. Il faut que le pilote montre qu’il sait où il va. Nous vous aidons à construire votre besoin de financement », a déclaré François Guillaud en rappelant que la coopérative pouvait venir en complément de l’accompagnement réalisé par la Chambre d’agriculture. Au-delà de l’installation et de la construction de l’entreprise, l’intervenant met en avant « la construction des bâtiments, la conduite sanitaire de l’élevage et son économie ». L’enjeu selon le chargé de DTE ? « Que le jeune réussisse son projet, aille au bout et qu’il puisse avoir des revenus dès les premières années. »

« Quand il y a un accompagnement d’une coopérative, ça donne confiance. Avoir des débouchés offre des garanties », a renchéri un agriculteur présent. Toutefois, François Guillaud a rappelé que ces garanties ne pouvaient fonctionner que lorsque le projet s’avère viable. Il a ainsi présenté les indicateurs de pilotage d’atelier proposés par Agrial, afin de mesurer sa productivité, « de se positionner par rapport aux autres producteurs » et en « participant à des groupes de travail sur les pratiques et les techniques ». Les participants ont navigué à travers un ensemble d’ateliers, dont l’un sur la conduite sanitaire. Agrial leur a présenté Chevrettes de France, une société co-détenue par la coopérative, qui vise à « produire et commercialiser des animaux à forte valeur génétique ». Ainsi, la marque détient huit pépinières (six dans l’Ouest et deux dans la zone Est) qui permettent de vendre en moyenne chaque année 7 000 reproducteurs.

Le témoignage de Fabien Bertrand

Le Gaec de La vielle grange avait fait l’objet d’un reportage cet été pour notre série « camping à la ferme ».  ©ME-AD26

Installé depuis 2017, Fabien Bertrand s’est associé avec son frère sur la ferme familiale lors du départ à la retraite de leur père. Les éleveurs avaient trois objectifs : améliorer la condition sanitaire du troupeau, rendre la ferme viable pour deux et parvenir à l’autonomie alimentaire de leurs bêtes. Ainsi, les producteurs de lait sont passés de 80 à 160 chèvres. Ils ont construit une nouvelle chèvrerie en 2020 et ne font plus rentrer d’animaux de l’extérieur pour garantir une qualité sanitaire. Les éleveurs possèdent aussi des vaches allaitantes qui pâturent sur 70 hectares afin d’entretenir les parcelles non mécanisables. Ils produisent ainsi leur propre fourrage vendu en partie à Marius. 

¹ Lycée du Valentin, MFR de Divajeu, lycée et CFPPA Olivier de Serre, MFR de Chatte, lycée de La Côte-Saint-André.

² Agrial a déployé le plan d’accompagnement caprin en 2016. Ce plan intègre deux objectifs prioritaires : 50 % des élevages avec accès à l’extérieur, à horizon fin 2027, 100 % des élevages équipés de dispositifs d’enrichissement du milieu de vie des chèvres, à horizon 2025. La coopérative a ensuite lancé en 2018 son nouveau plan jeune « Agriboost », pour aider les jeunes installés à franchir le cap de l’installation dans les meilleures conditions.