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Maraichage

Serail : la fertilité des sols en vedette

La station expérimentale maraîchage à Brindas a accueilli une soixantaine de professionnels et de techniciens pour une journée portes ouvertes le 7 juillet sur le thème de la fertilité des sols.
Serail : la fertilité des sols en vedette

2015 est l'Année internationale des sols. Aussi la station expérimentale maraîchage (Serail) a choisi la thématique de la fertilité des sols et notamment les conséquences du travail du sol sur son fonctionnement et sur les cultures. En maraîchage, le travail du sol est régulier et répété. « Nous avons voulu proposer une journée portes ouvertes avec des ateliers très pragmatiques et visuels pour aider les producteurs à visualiser l'impact du travail de sol sur un profil cultural », explique Céline Mathieu, technicienne à la Serail. Répartis sur la station, des ateliers thématiques animés par des conseillers de chambre d'agriculture de Rhône-Alpes présentent des tests facilement reproductibles sur les exploitations. Un premier atelier propose une évaluation de la capacité d'infiltration d'un sol et un autre présente un protocole pour observer et quantifier les vers de terre d'une parcelle. Le dispositif permettant de comparer l'impact de différents itinéraires techniques de travail de sol réalisé dans de « bonnes » et de « mauvaises » conditions attire nombre de maraîchers.
Commenté par Christian Barneoud, pédologue du groupe régional agronomie pédologie environnement de la chambre régionale d'agriculture de Franche-Comté, ce dispositif comprend deux parcelles travaillées avec un outil à dents vibrantes, l'actisol suivi de différents outils en fonction des modalités. La première a été travaillée sur sol sec, la seconde avec une humidité du sol de 7 %.

Raisonner l'utilité du passage d'un outil

Aux côtés de Christian Barneoud, les visiteurs observent les profils de sol. Le pédologue explique d'abord qu'il n'est pas « très compliqué » d'observer le sol : « Je vous encourage à prendre le temps, seul ou à deux ou trois agriculteurs, pour faire de même chez vous. Est-ce qu'il y a une organisation horizontale du sol ? Est-ce qu'à l'intérieur de ces horizons, on constate une circulation verticale des racines ? Y a-t-il des agrégats ? Ces simples questions apportent déjà des indications. » Installé dans le profil travaillé sur sol sec, Christian Barneoud décrit : « Les 20 premiers cm sont très meubles et riches en racines. Le second horizon de 20 à 60 cm est légèrement plus dur mais contient également des racines. Ensuite, on voit une couche beaucoup plus dure, très fermée, sans racine au-delà de 60 cm. » Le sol de la station expérimentale bénéficie d'un peu d'argile et d'un taux de matière organique fort qui lui offre une capacité de résilience très importante. Résultat, même en condition de travail très humide, le profil de sol n'est pas catastrophique. « Les racines du sorgho sont plus concentrées dans les 20 premiers centimètres alors que l'on voyait qu'elles allaient bien au-delà dans l'autre parcelle, mais ce n'est pas dramatique. Le sol s'est légèrement fermé sous l'effet du séchage autour de la profondeur de travail de l'actisol. » Et le pédologue de conclure : « Réfléchir le travail du sol au regard des besoins de ce dernier doit être le réflexe de tout agriculteur. » 
Camille Peyrache