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Abricot

Sharka : des cultivars résistants identifiés plus vite

Le laboratoire de virologie et de biologie moléculaire du CTIFL travaille depuis 2012 à l’identification de marqueurs de résistance à la sharka. Objectif ? Mettre au point un outil destiné aux éditeurs et développeurs de variétés pour sélectionner des cultivars au comportement résistant. Aujourd’hui, trois premiers marqueurs ont été identifiés.
Sharka : des cultivars résistants  identifiés plus vite

A l'occasion de la rencontre technique abricot qui se déroulait le 1er septembre dernier au CTIFL de Balandran, Yoann Brans, du laboratoire de virologie et de biologie moléculaire du CTIFL, a présenté les résultats de l'évaluation de la sensibilité de cultivars d'abricotier à la sharka. Cet essai s'est déroulé entre 2012 et 2015 en zone confinée. Objectifs ? Mettre au point un protocole permettant d'appuyer les éditeurs et développeurs de variétés pour la sélection de cultivars au comportement résistant.
L'essai a démarré en 2012 par la réception des plants et leur mise en place en zone de culture puis par l'inoculation du porte-greffe. Après trois cycles végétatifs, alternés par des périodes de repos végétatif simulé (3 mois à 4 °C), des observations visuelles ont été menées et des tests Elisa/PCR lancés. La quinzaine de variétés testées ont ensuite été classées en deux catégories : les sensibles, « c'est-à-dire qui expriment les symptômes de la sharka ou qui contiennent le virus », et les autres. « Ces observations ont été mises en parallèle de tests réalisés sur les différents cultivars destinés à voir si ces derniers contenaient ou non des marqueurs de résistance à la sharka » (locus PPVres, ndlr).

Des marqueurs de résistance identifiés

Durant cette première étape, 16 cultivars ont été mis en place à raison de quinze plants par cultivar, dont dix ont été inoculés par le Plum pox virus (PPV-M). Sur ces derniers, trois ont été reconnus sensibles au PPV (BergeronCov, ColoradoCov et Carmingo®FaralisCov) et cinq résistants : Stark Early Orange, Orangered®, Goldrichcov, Bergarouge AvirineCov et Aramis®ShamadeCov. Enfin, cinq autres présentaient un comportement similaire aux cultivars de type résistant au PPV – Bergeval®AvicloCov, Lady CotCov, Lilly CotCov, Wonder CotCov et Carmingo®FaralyCov – et deux cultivars montraient un comportement différent, « avec peu de plants symptomatiques, mais porteurs du virus comme cela a été confirmé par la PCR » : RobadaCov et Carmingo®FarbalyCov. « Ces deux variétés présentaient les trois marqueurs de résistance. Mais sur deux plants, nous avons eu des symptômes fugaces de la maladie. »

Des conclusions à confirmer

Après cette première phase de travail, plusieurs conclusions partielles peuvent déjà être avancées :
• le protocole mis en place a été validé dans les conditions de l'essai ;
• les résultats observés en conditions confinées sont reproductibles en verger, avec une identification claire des comportements sensibles et de type résistant ;
• le lien a été établi entre les données phénotypiques observées et la mise en relation avec les marqueurs par analyse moléculaire. « Il nous faut maintenant compléter l'analyse et confirmer par des observations en verger le comportement de type résistant observé en serre. Nous avons également établi que les marqueurs moléculaires identifiés avaient une influence dans la régulation et dans la réponse de résistance au virus des cultivars, mais qu'ils n'étaient pas suffisants pour garantir cette résistance. Nous devons donc intégrer d'autres marqueurs, liés à des locus mineurs, mais qui sont impliqués dans la résistance à la sharka. Notre objectif reste de mettre à disposition de la filière un nouvel outil pour trier des variétés et écarter les cultivars sensibles de la sélection », concluait Yoann Brans. 

Céline Zambujo