Tourisme : la Drôme séduit toujours, malgré un léger repli
Bien que la fréquentation touristique dans la Drôme affiche une légère baisse par rapport à l’année record 2024, la saison estivale 2025 est jugée satisfaisante par une majorité de professionnels.
Entre clientèle de proximité, visiteurs étrangers fidèles et attraits naturels du territoire, « le département de la Drôme conserve son pouvoir d’attraction touristique malgré un contexte marqué par les fortes chaleurs et une baisse du budget des vacanciers », résume Franck Soulignac, président de l'Agence d'attractivité de la Drôme. Un point important quand on sait que le poids économique du tourisme représente en Drôme 830 millions d'euros (presque autant que l'agriculture).
Selon les données de Flux Vision Tourisme présentées le 9 septembre à Pont-de-l'Isère, l’été 2025 affiche une fréquentation touristique en retrait par rapport à 2024. « Mais il faut rappeler que l’an dernier avait constitué une saison record, nuance Franck Soulignac. Malgré la chaleur persistante en juillet-août, la Drôme a su rester attractive, notamment auprès des clientèles de proximité. »
Au global, 54 % des professionnels se déclarent satisfaits, annonçant une fréquentation stable ou en hausse par rapport à 2024 (contre 63 % l’an dernier). L’écart s’explique surtout par la diversité des activités et secteurs concernés.
3,3 millions de nuitées touristiques
L’été 2025 a compté 3,3 millions de nuitées touristiques dans la Drôme (marchand et non marchand), soit une baisse de 3,6 % par rapport à l'été 2024, après une progression de 15 % entre 2019 et 2024. La fréquentation a été marquée par de bons niveaux autour du 14 juillet et durant la première quinzaine d’août, avec une hausse dans le Royans-Vercors, territoire apprécié pour fuir les canicules.
La durée moyenne de séjour reste stable à trois nuits, plus longue dans les Baronnies, Diois, Dieulefit-Bourdeaux, et plus courte dans les territoires de Valence-Romans-Agglo et Arche Agglo.
Côté provenance, la clientèle est d’abord régionale avec 30 % de visiteurs d'Auvergne-Rhône-Alpes (-2,6 % vs été 2024), suivie par l’Île-de-France (21 %, -4,9 %) et la région Provence-Alpes-Côte d'Azur (11 %, -1,5 %).
Les visiteurs internationaux représentent 35 % de la fréquentation estivale. Les Belges, Néerlandais, Allemands et Suisses confirment leur attachement au territoire drômois.
Des résultats contrastés selon les activités
Pour 45 % des hébergeurs, la durée des séjours est restée stable cet été. Mieux encore, 11 % constatent un allongement, surtout dans les meublés et chambres d’hôtes. Les campings, eux, observent une tendance inverse avec des séjours plus courts. Les nuits réservées dans les locations entre particuliers ont progressé de 4 % en juillet par rapport à l'année dernière.
Autre signe marquant : la montée en puissance de la réservation de dernière minute, qui pèse désormais 29 % de l’activité estivale. Une proportion encore plus importante dans les hôtels (42 %) et campings (39 %).
Côté consommation, la tendance est nette : les dépenses des vacanciers sont en baisse. Plus d'un professionnel sur deux (54 %) évoque une diminution des budgets par rapport à 2024. « Les touristes continuent à prendre des vacances mais ils ne font pas de folies », fait remarquer David Lamare, directeur de l'Agence d'attractivité de la Drôme. Les activités de plein air et surtout les restaurants se disent ainsi plus fragilisés avec 57 % d'opinion négative pour cet été 2025. La canicule a sans doute pesé aussi.
Des difficultés à recruter du personnel
Du côté des activités recherchées, les vacanciers plébiscitent toujours la randonnée et les balades (68 %), suivies du repos (60 %), des activités aquatiques (44 %), du vélo (44 %) et de la découverte du patrimoine (41 %).
Par ailleurs, si la situation s’améliore légèrement par rapport à 2024, 32 % des professionnels de la Drôme évoquent encore des difficultés à recruter, contre 37 % en moyenne en Auvergne-Rhône-Alpes. Les hôtels et restaurants restent les plus touchés par ces tensions sur l’emploi saisonnier.
En dépit d’un recul par rapport à une année 2024 exceptionnelle, l’été 2025 confirme la solidité de l’attractivité drômoise. « Entre nature, patrimoine et accueil de proximité, le département demeure une destination prisée, portée par des clientèles fidèles et la diversité de ses offres, résument Franck Soulignac et David Lamare. Nous ne sommes pas dans un tourisme de masse, c'est un atout. Et la clientèle “vélo” continue de croître. »
Selon les prévisions, le mois de septembre devrait être bon, les réservations en ligne étant en hausse de 3 % par rapport à l'an dernier à la même date.
Christophe Ledoux