« Tout va pour le mieux » dans la filière lavandicole
Quel bilan tirez-vous de la dernière récolte de lavande et lavandin en Drôme et Ardèche ?
Alain Aubanel : « La récolte 2014 a été bonne à très bonne tant en lavandin qu'en lavande. En dehors de quelques zones précoces qui ont souffert de sécheresse au printemps (Grignan et le Tricastin), la récolte a été nettement plus importante qu'en 2013 (+ 14 % pour le lavandin et + 18 % pour la lavande selon les chiffres du CIHEF). Avec 21 500 hectares, le potentiel de production est en augmentation. Il n'en reste pas moins que nous assistons, dans la Drôme, à un glissement de la production de l'arrière-pays montagnard (en baisse) vers les vallées du Rhône et de la Drôme (en augmentation). D'un point de vue économique, la demande reste soutenue, les stocks sont au plus bas. On a tendance à manquer de marchandise et les prix se stabilisent, voire augmentent, sur certaines variétés. Tout va pour le mieux, donc. Mais il faut rester vigilant car cette embellie sur les marchés suscite de l'intérêt à l'étranger. L'Espagne, la Tunisie, le Maroc, la Roumanie, la Bulgarie s'y mettent. On me dit, aujourd'hui, qu'on est les rois du pétrole. Mais je n'oublie pas que le prix de celui-ci vient de s'effondrer en quelques mois. »
Qu'en est-il du dépérissement et de la situation sanitaire des plantations ?
A. B. : « Dans ce domaine, les choses s'améliorent. Les conditions météo de l'année ont été favorables dans la Drôme. Le dépérissement des plants régresse un peu partout. Dans les zones où étaient cultivées des variétés les plus sensibles, les producteurs ont replanté des variétés plus tolérantes. La maladie est cependant toujours là et l'on a surtout appris à vivre avec. L'utilisation de méthodes alternatives, telles que les plants sains, l'enherbement, la protection avec l'argile, fait que désormais les choses vont de mieux en mieux. »
Où en est le dossier de la réglementation européenne Reach ?
A. B. : « Là encore, les choses vont dans le bon sens. 2014 aura été intense : campagne de panneaux dans les champs de lavande pour sensibiliser les consommateurs, rencontre avec le ministre de l'Agriculture, nomination de Patrice de Laurens pour une mission d'appui à la filière, définition d'une position commune, mise en place d'une mission interministérielle pilotée par Robert Tessier... Aujourd'hui, nous n'en sommes plus à être vent debout contre Reach. Nous restons vigilants, bien sûr, mais nous sommes désormais dans une démarche de travail avec l'administration française, la commission européenne et les industriels pour trouver des solutions. »
Comment s'annonce la prochaine récolte ?
A. B. : « Pour le moment, tout se présente bien. L'hiver a été clément et il a plu au début du printemps. Ca démarre bien et les producteurs sont optimistes. Mais tout peut encore arriver. Un gel de printemps, un coup de sec, la grêle... Il est donc encore trop tôt pour faire de la prospective en matière de récolte. »