Trop peu d'éleveurs font appel au service de remplacement
Avec près de 4 700 journées au compteur, l'activité des cinq services de remplacement de la Drôme n'a pas faibli l'an dernier. « Depuis 2000, nous sommes passés de 3 000 à plus de 4 500 journées réalisées annuellement », explique Régis Aubenas, président de la fédération départementale des services de remplacement, qui vient de tenir son assemblée générale. En 2013, la barre symbolique des 5 000 journées avait même été dépassée. Parlant d'une « activité soutenue », il précise que le nombre des adhérents (270) reste stable.
Un nouvel outil de gestion
L'année écoulée a été marquée par la mise en place d'un nouvel outil informatique (Déméter). Accessible via internet, il permet la gestion des planning et la réalisation quasi-automatique de toutes les tâches administratives (contrats de travail, fiches de paie, déclarations sociales, factures, comptabilité...). « C'est un moyen de professionnaliser encore plus l'activité, de gagner du temps et d'éviter les sources d'erreur », considère Régis Aubenas. Avec l'aide du conseil général, quelque 10 000 euros ont été investis dans cet outil. Sa mise en place et la formation qui va avec ont constitué un chantier prioritaire. Bien que tous les services de remplacement n'aient pas encore adopté ce nouveau fonctionnement, les premiers résultats sont jugés positifs.
Un partenariat renforcé
La signature d'une nouvelle convention avec la MSA Ardèche-Drôme-Loire a constitué un autre fait marquant en 2014. Son objectif a consisté à harmoniser les aides au remplacement dans chacun des trois départements. « Dans la Drôme, la caisse de mutualité sociale agricole est le premier financeur des services de remplacement, souligne Régis Aubenas. Nous entretenons d'excellentes relations de partenariat. » Prochainement, une information sur les droits sociaux des agriculteurs sera apportée. Il évoque, également, les soutiens provenant du conseil général et de la chambre d'agriculture de la Drôme. Quant à l'assurance « main-d'œuvre remplacement », une version rénovée est à l'étude dans le cadre de la nouvelle caisse Groupama Méditerranée.
Inciter les éleveurs
Constatant que seulement 25 % des éleveurs drômois de ruminants font appel à un service de remplacement (contre 70 % dans la Loire), la fédération a décidé d'engager un travail de sensibilisation. « Il sera mené en lien, notamment, avec le service élevage de la chambre d'agriculture », précise Régis Aubenas. C'est d'autant plus important que la filière laitière caprine, par exemple, recherche des producteurs. Et le remplacement est un outil qui facilite l'organisation d'une exploitation, notamment d'élevage. » Selon lui, ce faible taux d'adhésion des éleveurs serait lié à plusieurs causes : une méconnaissance des services de remplacement, l'idée que c'est trop cher, que ce n'est pas fait pour eux... « Nous devons améliorer ce taux, poursuit-il, et intégrer le remplacement dans une dimension économique. Les services sont accessibles et ouverts à tous. »
Christophe Ledoux
Repères /- Cinq services de remplacement : Bourdeaux, Herbasse Galaure Valloire, Jeunes Agriculteurs 26, Région de Romans, Vercors Drôme.
- 4 697 journées réalisées : 1 518,5 pour motif de congés, 679 pour maladie-accident, 414 pour développement agricole, 98 pour formation, 91 pour mandat syndical, 1 603,5 pour maternité, 275 pour paternité, et 18 pour complément de main-d'œuvre.