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TÉMOIGNAGE

Un adepte de l’agroforesterie

Convaincu des intérêts de l’agroforesterie, le viticulteur du château de Javernand à Chiroubles (Rhône) et son associé Arthur Fourneau ont mis des jeunes plants d’arbres dans leurs nouvelles vignes.
Un adepte de l’agroforesterie

Le jeudi 13 février, ils étaient une quinzaine de producteurs du Beaujolais à s'être retrouvés au château de Javernand à Chiroubles pour suivre la dernière journée de formation sur l'agroforesterie, marquée par la plantation d'arbres dans une parcelle de Pierre Prost et Arthur Fourneau. Ce rassemblement marque ainsi l'aboutissement d'une large réflexion sur l'agroécologie qui a trouvé sa source un an plus tôt, le 11 mars, à l'occasion d'une conférence exceptionnelle sur le fonctionnement des sols et leur fertilité, animée par Konrad Schreiber, spécialiste et conseiller depuis une vingtaine d'années sur le non-travail du sol et l'implantation de couverts végétaux. « Il nous avait ouvert les yeux sur les intérêts agronomiques de ces pratiques, d'où notre volonté ensuite d'organiser une deuxième formation sur l'agroforesterie avec Alain Canet, présent aussi à cette conférence il y a un an, raconte Pierre Prost. L'objectif était d'aborder cette démarche dans un contexte de pente et de sols sableux comme ici à Chiroubles. Avant cette journée de plantation, nous avons appris les fondements théoriques et réalisé des études de cas ».
Convaincus des intérêts de l'agroforesterie, Pierre Prost et Arthur Fourneau n'ont pas tardé à développer cette pratique sur leur domaine, en priorité sur des plantations nouvelles. « Sur des parcelles de 6 000 m², nous avons déjà planté 150 arbres. C'est une belle densité. Ensuite, il s'agira de trouver des solutions pour les parcelles de 10 000 pieds/ha, pour lesquelles nous sèmerons dans un premier temps des couverts végétaux. »

« Dans une démarche agroécologique »

Le vigneron de Chiroubles maîtrise aussi parfaitement les conditions de plantation des jeunes arbres agroforestiers, « qu'on va tailler et modeler à nos besoins, nos envies et nos contraintes. Le but est que l'arbre se satisfasse du milieu dans lequel il se trouve. Contrairement à ce que l'on peut imaginer, plus le plant sera petit, plus il aura des chances de pousser. Une fois planté durant l'hiver, il faut bien tasser la terre autour pour que les racines soient en contact avec elle. La protection du plant est aussi importante, grâce à un paillage autour du plant, pour éviter toute pousse et concurrence de l'herbe pendant les trois premières années ».
En complément des arbres, le viticulteur de Javernand préconise des couverts végétaux latéraux (sur l'inter-rang) afin que l'arbre ne colonise pas le sol superficiellement. Le développement d'un système racinaire profond donne ainsi à l'arbre un accès à des ressources hydriques profondes et surtout inexploitées, limitant alors la concurrence avec les pieds de vigne. « On intègre l'agroforesterie dans une démarche agroécologique, un système plus durable encore et qui va largement au-delà du bio, conversion lancée en 2018 sur le domaine pour les plantations nouvelles restructurées en 2016, 2019 et cette année, et progressive sur les anciennes parcelles. Je pense vraiment que l'agroécologie est la solution d'avenir, qui répond à toutes les questions que l'on se pose en agriculture », conclut-il. 

D. D.

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