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Filière porcine

Un nouveau Crof pour la filière porc

u cours de son assemblée générale, Interporc Rhône-Alpes a présenté le projet de Crof pour 2016-2019 et s’est intéressée à la question de l’énergie dans les bâtiments d’élevage et les abattoirs dans le cadre de l’ouverture à la concurrence du marché de l’électricité en 2016.
Un nouveau Crof pour la filière porc

En Rhône-Alpes, la filière porcine réunit 400 éleveurs qui produisent 500 000 porcs par an. Quinze sites d'abattage coexistent mais trois outils, deux dans l'Ain et un à Valence, réalisent 86 % des 516 000 porcs abattus chaque année. « La force de Rhône-Alpes se situe dans la cinquantaine d'entreprises de salaison qui est une activité dynamique sur la région, souligne Christine Roguet de l'Institut français du porc (Ifip) qui a réalisé une étude préparatoire de la filière régionale porcine en vue du prochain Crof. L'un des axes de dynamisation de la filière réside dans l'approvisionnement local des salaisonneries. » Au cours de l'assemblée générale du 17 juin à Agrapole à Lyon, l'interprofession Interporc Rhône-Alpes a ainsi annoncé qu'un projet de Crof était en préparation avec le conseil régional de Rhône-Alpes. « L'objectif est simple, le Crof vise à maintenir ou à développer une production porcine régionale pour alimenter les outils d'abattages existant », explique Thierry Thénoz, le président d'Interporc Rhône-Alpes. Il devrait être adopté par les conseillers régionaux en juillet.

Un cheptel porcin en baisse

« Depuis 2000, le cheptel porcin a baissé en Rhône-Alpes : - 22 % pour les truies, - 35 % de porcs à l'engraissement, indique Christine Rogue. Mais depuis 2010, on assiste à une stabilisation de la production. » Ce sont principalement les élevages de petites et moyennes tailles (moins de 150 porcs) qui ont disparu. La production de porcs est présente sur toute la région, mais de manière inégale : l'Ain pèse pour la moitié de la production, la Loire 20 %, l'Isère 12 %, Drôme et Ardèche 11 %, les Savoie 6,1 % et le Rhône 4,5 % des porcs produits. Aussi, les éleveurs rhônalpins ne produisent que 30 % de la consommation des 6 millions d'habitants de la région. Aussi, le projet de Crof vise à consolider l'existant via l'amélioration de la compétitivité en production standard : modernisation, suivi et conseil techniques, et à accompagner les productions différenciées et les circuits courts qui sont minoritaires mais en croissance.

Ouverture de l'électricité à la concurrence

À partir du 1er janvier 2016, tous les éleveurs ayant un abonnement à l'électricité supérieur à 36 kVa sont concernés par la dérégulation des marchés du gaz et de l'électricité. « C'est pour s'y préparer qu'il nous a paru important de se pencher sur la question, souligne Thierry Thénoz. Il faut d'abord rappeler que l'énergie qui coûte la moins chère est celle que l'on ne consomme pas, d'où l'intérêt que nous devons porter à tous les dispositifs qui nous permettent de réduire nos consommations. Nous y travaillons avec l'Ademe pour accompagner les éleveurs afin d'établir des diagnostics de consommation et du conseil pour améliorer leurs performances. »
Le tarif réglementé disparaît donc pour les abonnements électriques supérieurs à 36 kVA. « Il convient d'anticiper le changement pour établir un contrat de marché avec un fournisseur d'énergie avant le 1er janvier 2016, indique Lionel Leveugle, d'EDF entreprises. Si rien n'est fait avant le 1er janvier 2016, le client basculera en offre transitoire d'une durée maximale de six mois. Cela se traduira par une hausse de 10 % par rapport au tarif 2015, puis de nouveau une hausse de 10 % au 1er juillet 2016. EDF a été obligé de donner la liste de ses clients en tarif jaune à ses concurrents par l'autorité de régulation, il ne faut pas s'étonner que vous soyez sollicités par d'autres fournisseurs d'électricité. » Le représentant d'EDF alerte aussi les éleveurs sur les offres de prix de ses concurrents : « Attention à bien regarder la facture totale qui inclue le tarif d'acheminement de l'électricité car souvent les fournisseurs d'énergie ne communiquent que sur le prix des kWh pour afficher des tarifs plus bas. » Avec l'ouverture du marché, Lionel
Leveugle indique que de nouveaux services seront offerts aux clients tels des conseils sur les projets visant à économiser l'énergie, des aides à l'investissement via les certificats d'économie d'énergie (C2E) ou le suivi de la consommation via internet. 

Camille Peyrache