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Semence

Un partenariat au service des producteurs de maïs semence

La chambre d'agriculture de la Drôme et le syndicat des producteurs de semences de maïs et sorgho (SPSMS) Rhône-Alpes ont signé une convention formalisant ainsi leur partenariat historique.
Un partenariat au service  des producteurs de maïs semence

Depuis dix ans, les surfaces en maïs semence n'ont cessé d'augmenter en Drôme. Cette production, qui est emblématique du département, nécessite une forte technicité. 354 producteurs, sur les 690 recensés en Rhône-Alpes en 2014, sont drômois. Dans notre région, 11 300 hectares ont été consacrés au maïs semence l'an dernier, ce qui a fait du syndicat des producteurs de cette région le premier de France. Sur certains territoires drômois, cette production contribue à la viabilité d'exploitations agricoles et fournit une alternative à l'agrandissement et au plafonnement des rendements.

Des études technico-économiques

Pour accompagner les producteurs, le syndicat des producteurs de semences de maïs et sorgho (SPSMS) de Rhône-Alpes, présidé par Stéphane Desrieux, anime un réseau d'adhérents, suit la production, recueille et analyse les références issues de la production et assure par délégation l'inspection des cultures. De son côté, la chambre d'agriculture de la Drôme met à disposition ou commercialise du conseil, de l'expertise et des solutions logicielles pour les agriculteurs, ceci dans l'objectif de les accompagner dans la réalisation de leur métier. Elle s'occupe aussi de l'animation d'un groupe de producteurs multiplicateurs de semences dans le cadre du plan national Ecophyto (groupe Dephy semences). Constitué en partenariat avec le SPSMS Rhône-Alpes en 2010-2011, ce groupe a débuté ses actions techniques en 2012. Les objectifs sont, d'une part, de rassembler des références techniques sur les itinéraires de production des semences et, d'autre part, d'optimiser l'usage des phytosanitaires dans les systèmes de cultures de semences à l'initiative des producteurs. En 2014, le SPSMS a lancé une étude technico-économique sur le coût des intrants en production de maïs semence. Cette étude a été réalisée par la chambre d'agriculture. Dix producteurs de la plaine de Montélimar y ont participé. Ce travail, qui bénéficie du soutien financier de FranceAgriMer, se poursuivra en 2015 sur le thème des coûts de production. Seront associés des agriculteurs désireux de poursuivre leur travail d'optimisation des itinéraires techniques et des moyens de l'exploitation.

Des champs  de compétence élargis

Ainsi, le SPSMS et la chambre d'agriculture réalisent, seules ou en commun, un certain nombre d'actions techniques et de conseils sur l'ensemble du département de la Drôme. Les champs de compétence et de travail des ces deux organisations se rejoignent sur certains points, ce qui a motivé la signature d'une convention de partenariat le 21 mai.
Par ailleurs, des essais spécifiques sur les semences sont conduits depuis plusieurs années par la chambre d'agriculture, en collaboration notamment avec Arvalis institut du végétal et la pateforme des techniques alternatives et biologiques (Tab), sur le site d'Étoile. 

 

Interview / Jean-Pierre Blache est producteur de semences à Marsanne.
« Il faut se méfier des concurrents »
Jean-Pierre Blache, producteur à Marsanne, prépare l'une de ses parcelles sur laquelle sera produit du maïs semence.
Pouvez-vous nous présenter votre exploitation ?
Jean-Pierre Blache : « Mon exploitation est une EARL unipersonelle. Sur une surface de 200 hectares, je produis des céréales (blé tendre et blé dur) ainsi que des semences de colza, de tournesol et de maïs. Je suis producteur depuis quarante ans. »
Quelles évolutions avez-vous pu constater ?
JP. B. : « Tout d'abord, en maïs semences les surfaces sont passées de 1 260 à 4 000 hectares en quarante ans (entre 1975 et 2015) dans la Drôme. C'est une conséquence majeure de la mécanisation des opérations de castration, d'effeuillage et de récolte des maïs. Pour produire un champ de dix hectares, là où il fallait quinze jours il y a vingt ans, cinq heures suffisent aujourd'hui. Ensuite, il faut noter la forte baisse de la rentabilité de cette culture car la mécanisation n'a plus permis d'utiliser la main-d'œuvre familiale. S'ajoute la concurrence des pays de l'Est. »
Trouvez-vous pertinent que les producteurs s'engagent dans des pratiques respectueuses de l'environnement ?
JP. B. : « Il faut bien reconnaître que la loi ou les diverses réglementations contraignent les agriculteurs à utiliser moins d'intrants pour les cultures. Certaines dispositions peuvent être gênantes parfois. Mais il faut aussi se dire que c'est bien pour l'environnement et la santé. »
Comment voyez-vous l'avenir de la production de maïs semence dans la Drôme ?
JP. B. : « Si nous sommes capables de rester compétitifs vis-à-vis des pays de l'Est de l'Europe, nous serons toujours en capacité de produire. Notre technicité, nos savoir-faire et nos compétences, en tant que producteurs et au sein des établissements semenciers, nous donnent de l'avance. Mais les concurrents avancent eux aussi. Il faut donc se méfier. »