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Horticulture et innovation

Un pépiniériste 2.0

Un pépiniériste des Vosges a choisi de développer des plants dans des gammes rares et originales tout en proposant un maximum de services à ses clients, notamment via internet. A Romans, il est venu témoigner.
Un pépiniériste 2.0

Lionel Ehrhart est pépiniériste dans les Vosges. Ce trentenaire s'est installé il y a dix ans à 540 m d'altitude sur un sol acide et granitique. « Dans ces conditions, on ne produit pas ce que l'on veut, j'ai donc choisi de me spécialiser sur des gammes originales de plantes acidophyles et résistantes au froid », explique l'ingénieux entrepreneur des Pépinières de la Demoiselle. Très intéressé par l'expérimentation et l'innovation, il n'hésite pas à tester des variétés de montagne ou polaires venues d'ailleurs. « Pour montrer à nos clients ce que l'on peut faire avec ces plantes rares, nous avons mis en place un jardin de démonstration d'un hectare », indique Lionel Ehrhart. « Nous croyons qu'il faut aujourd'hui produire des plants et vendre un service. C'est pourquoi chaque plante est étiquetée et permet aux clients de trouver sur notre site internet les informations pour sa culture. Demain, nous souhaiterions doter nos étiquettes de QR code pour être directement lisible sur une tablette ou un smartphone. »
Le jeune entrepreneur a également développé une production de plants de petits fruits : myrtille, canneberge, kiwaï, camerisier, framboisier, aronia, etc. qu'il multiplie et vend notamment par internet. « L'ambition était de créer un nouveau produit. J'ai donc créé un site dédié en français et en anglais avec une marque Happy Berry , poursuit-il. 95 % des nouveaux clients arrivent, via le net, du monde entier. Nous croyons qu'il faut vendre un bon produit mais aussi des services et un accompagnement du client. » D'où des voyages dans le monde entier, au Canada pour installer des cultures de camerisier, en Chine pour planter 400 ha de myrtilles. Et les idées ne manquent pas. Grâce à une veille sur le net, le chef d'entreprise a découvert que l'anthocyane des myrtilles pourrait remplacer le silicium des panneaux photovoltaïques, un procédé développé par une start-up italienne. Une innovation qu'il suit avec intérêt. 
C. P.