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Les plans régionaux de filière

Un soutien au développement économique

Les filières d’élevage sont très présentes en Auvergne-Rhône-Alpes, génèrent plus de 45 000 emplois directs et mettent en valeur plus de 3 millions d’ha de prairie toujours en herbe. À travers les PRF (plan régional de filière), le conseil régional et les représentants de chaque filière d’élevage ont souhaité construire des dispositifs de soutien répondant à leurs besoins et venant compléter des dispositifs déjà existants comme le plan de compétitivité et d’adaptation des exploitations (PCAE).
Un soutien au développement économique

Avec près de 10 000 exploitations laitières, soit 14 % de l'effectif national, Auvergne-Rhône-Alpes est la 4e région laitière française. La filière bovin lait est aussi la 1ère filière agricole en nombre d'exploitations pour la région et en termes d'emploi avec 16 550 unités de travail annuel (UTA) auxquelles il faut ajouter les 8 900 emplois équivalents temps plein. Ces derniers sont répartis dans les 505 entreprises privées et coopératives collectant et valorisant le lait dans un mix produit varié allant du fromage, au beurre, en passant par des desserts lactés, des yaourts, de la crème, etc. C'est donc une filière agricole de poids dans notre région, qui se voit doter d'un plan régional de filière (PRF) pour les années 2018-2020 de 5,2 millions d'euros. « C'est un plan très fort pour notre filière, explique Jean-Claude Rabany, le président du Criel Sud-Est, qui dispose d'un fort soutien du conseil régional que nous tenons à remercier. Cela va dans le bon sens pour répondre aux défis de notre filière. » Ce PRF, qui prend la suite du Crof de l'ancienne mandature, vise l'identification des meilleurs leviers d'action pour soutenir et dynamiser la filière. Les professionnels et la Région ont souhaité proposer deux modalités d'action. D'une part, l'accompagnement des petits projets d'investissement individuels stratégiques pour la filière, et non financés par le PCAE, et d'autre part, des mesures permettant d'avancer collectivement sur les enjeux forts identifiés sur le moyen et long terme.
Le contexte économique dégradé depuis plusieurs années lié à la volatilité des cours du lait et les aléas climatiques, n'empêche pas les acteurs de la filière laitière d'Aura de croire aux potentiels de la production laitière. Ils ont ainsi souhaité valoriser les spécificités des 73 % d'exploitations situées en zone de montagne qui travaillent sur des produits certifiés, une proximité, une démarche éco-responsable (bas carbone), valorisant le pâturage ou encore développant la production biologique.
Le PRF s'organise donc autour de quatre thèmes : la durabilité des exploitations, la réponse aux demandes sociétales, le soutien à l'emploi dans la filière ou encore la sécurisation des marchés à forte valeur ajoutée.

Soutenir les petits investissements

Sur les 5,2 millions d'euros du PRF bovin lait, 1,7 million d'euros sont consacrés à l'aide aux petits investissements liés aux enjeux de durabilité des élevages. En 2018, l'enveloppe s'élève à 580 000 euros et à 560 000 euros les années suivantes pour aider à l'aménagement des abords et des accès au tank, ainsi que l'accès et la gestion de l'eau au pâturage. L'objectif est, ici, de faciliter l'accès à l'eau d'abreuvement au pré en réalisant des installations de collecte d'eau de pluie ou des forages, tout en réduisant les charges pour les exploitations.
Le taux d'aide s'élève à 40 % du montant de l'investissement avec un objectif d'accompagnement de 150 exploitations par an. La durabilité des exploitations est également à considérer d'un point de vue stratégique. Une enveloppe de 420 000 euros sur trois ans est prévue pour aider au financement d'accompagnement stratégique individuel pour aider à la décision sur un projet. L'aide est forfaitaire et s'élève à 325 euros par jour de prestation. Pour aider les exploitations à limiter les antibiotiques, une disposition d'accompagnement technique des exploitations est mise en place avec une aide de 470 euros pour un suivi préventif et de 270 euros pour un suivi du traitement sélectif au tarissement avec un budget sur trois ans de 363 000 euros.

Société et différenciation

L'objectif de cette mesure est de soutenir les tentatives d'exploiter de nouveaux segments de marché (hors AOP-IGP),
valorisant des atouts régionaux (pâturage, montagne, local, etc.) pour répondre aux attentes sociétales. « Ce deuxième point est très important, souligne Jean-Claude Rabany. Il sert à accompagner les démarches visant à répondre aux demandes sociétales. On imagine ainsi pouvoir soutenir des mesures comme le développement d'un lait de montagne par exemple. » Grâce à une ligne d'un peu plus de 183 000 euros par an, ce sont près de 550 000 euros qui vont être injectés pour développer des gammes de produits spécifiques.

Soutenir l'emploi direct

« Le soutien à l'emploi direct sur les exploitations est intensifié par rapport l'ancien Crof de Rhône-Alpes, avec la mesure pour aider à l'embauche directe d'un salarié sur les exploitations, explique Jean-Claude Rabany. L'objectif est d'améliorer la qualité de vie des éleveurs laitiers d'Aura et de former de futurs repreneurs. »
Ainsi, les exploitants créant un nouvel emploi durable (contrat d'au minimum un an) pourront bénéficier d'une subvention pouvant aller jusqu'à 5 000 euros ou 30 % du coût du salarié. La mesure bénéficie d'une enveloppe totale de 180 000 euros. Par ailleurs, pour faire connaître les métiers du lait de l'ensemble de la filière, la production de deux films - l'un sur le métier d'éleveur et l'autre sur les métiers du lait - va être finalisée.
Le détail de toutes ces aides est à retrouver sur le site d'Auvergne-Rhône-Alpes, ainsi que les dossiers de dépôt accessibles aux éleveurs pour leur demande de subvention. Les éleveurs peuvent aussi s'adresser à leur chambre d'agriculture, au contrôle laitier ou à leur laiterie. 

Camille Peyrache

 

Bovins viande / Développer l’engraissement et la valorisation des animaux

Le plan régional de filière dédié aux bovins viande vise à conforter les 6 500 exploitations allaitantes et les 41 abattoirs régionaux. Il s’appuie sur deux axes principaux : la performance économique et la défense du prix à la production pour un budget total de 3,1 M d’euros pour 2018-2020.

«L’idée phare de ce plan régional de filière (PRF) est de répondre à deux grands axes de développement : l’engraissement et la commercialisation des animaux maigres, explique François Garrivier, président du comité de filière bovin viande (Cofil) d’Aura. Notre grande région est devenue un poids lourd à l’échelle nationale avec 653 000 vaches allaitantes, soit 16 % des effectifs nationaux. Doté d’un budget de 3,1 millions d’euros pour trois ans, le nouvel exécutif a renforcé le budget agricole ce qui nous a permis d’avoir un PRF à la hauteur de notre région d’élevage. » Le plan régional de filière bovin viande traduit la volonté du conseil régional de soutenir une filière d’importance pour l’économie des territoires et la valorisation de 1,5 million d’ha de pâturages permanents. Les 6 500 exploitations allaitantes fournissent 300 000 tonnes équivalent carcasse à différents abattoirs. 60 % de ce volume est traité sur les 41 outils régionaux. Les crédits régionaux visent à améliorer la performance économique des élevages et des outils de la filière pour 1,93 million d’euros, et à soutenir la valorisation des prix à la production (1,03 million d’euros), le reste, soit 104 000 euros, est fléché pour promouvoir les activités d’élevage, produits et métiers.


Poursuivre le développement de l’engraissement
Pour servir ces objectifs, le PRF vise à appuyer la structuration de l’offre viande bovine à destination du marché régional en développant l’engraissement de bovins de race allaitante. Pour cela, le PRF propose un soutien à la contractualisation entre les éleveurs et les organisations de producteurs, ou entre éleveurs-OP-distributeurs afin que la finition et l’abattage des génisses, veaux, jeunes bovins et bœufs aient lieu en région. Concrètement, cela se traduit par un soutien à l’accompagnement des exploitations engagées dans la contractualisation en tant que naisseurs-engraisseurs ou pour les engraisseurs spécialisés par des techniciens.
L’action est dotée de 500 000 euros par an. Parallèlement, le planrégional de filière prévoit également une action d’accompagnement technique des éleveurs pour la réalisation de diagnostics Couprod et des plans d’actions qui en découlent afin d’améliorer les performances technico-économiques des fermes avec un budget alloué de 90 000 euros par an. Par exemple, cet outil permet d’améliorer la productivité du travail, la gestion des naissances, la performance alimentaire, etc.
Soutenir les prix
Pour conforter les prix à la production, le plan régional de filière prévoit trois actions. La plus importante en termes de crédits alloués (718 000 euros sur trois ans) est la préparation sanitaire d’animaux vifs en vue de l’exportation. « Cette action recoupe également certains objectifs du plan Antibio 2 et de l’Union européenne pour la réduction de l’usage des antibiotiques grâce à la vaccination, explique François Garrivier. L’idée est de développer et d’harmoniser à l’échelle de la région les protocoles de vaccination des broutards. » Plus modeste, les deux autres actions ont pour objet de développer l’approvisionnement de la restauration collective en viande bovine régionale et à soutenir l’amélioration de la qualité des cuirs de veau au niveau de la production et des abatteurs. Au total, c’est une dizaine d’actions à destination des éle veurs, mais aussi des metteurs en marché et des abatteurs qui sont déployées. 
C. P.

Caprins ovins lait / Cap sur la technicité et la compétitivité

Avec de nombreuses similitudes, les caprins et ovins lait partagent le même plan de filière. Doté d’un budget de 1,16 million d’euros pour trois ans (2018-2020), ce plan vise à renforcer la compétitivité des deux filières, améliorer les performances des élevages et développer la valorisation.

Auvergne-Rhône-Alpes est la première région française pour le nombre d’éleveurs caprins (1 350 élevages de plus de 10 chèvres) qui détiennent 113 000 chèvres (14 % du cheptel national). La filière caprine Aura est très diversifiée avec une forte composante fermière (1 000 producteurs fermiers), soit près de 40 % des producteurs caprins fermiers français à côté desquels cohabitent des livreurs de lait (environ 350 producteurs livreurs) pour un volume collecté de 34 millions de litres (7 % de la collecte nationale). La filière est dotée de trois AOP lait de chèvre (picodon, rigotte de Condrieu et chevrotin) avec un fort ancrage territorial et qui constituent des moteurs de valorisation pour la filière caprine régionale. En parallèle, la filière travaille à remettre en valeur le coproduit viande des ateliers caprins (chèvre et chevreau), à travers des initiatives collectives ou individuelles. Bien qu’en marge des bassins traditionnels de production, l’élevage de brebis laitières s’est quant à lui développé rapidement ces dix dernières années en Auvergne-Rhône-Alpes. On répertorie environ 150 éleveurs, dont 130 sont des transformateurs fermiers, ce qui renforce les points communs et les transversalités avec la filière caprine.


Des filières à fort potentiel
« Les filières caprine et ovine lait sont dynamiques et présentent un fort potentiel, elles attirent un grand nombre de porteurs de projet, notamment en transformation fermière. Le secteur fromager fermier parvient à maintenir ses effectifs grâce à un bon dynamisme d’installation, et en production de lait, les perspectives sont sereines et les laiteries cherchent des producteurs pour conforter ou développer leurs volumes », résume Nathalie Morardet, animatrice du plan de filière au sein d’Auvergne-Rhône-Alpes Élevage. Derrière ce constat, il n’empêche que « l’élevage de caprins et de brebis laitières ainsi que la transformation fromagère fermière, sont des métiers techniques, exigeants, et qui laissent peu le droit à l’erreur.
Les performances économiques des éleveurs passent par des compétences et des performances techniques. Les éleveurs expriment des attentes techniques fortes », poursuit-elle. Le plan construit pour les filières caprines et ovines lait s’appuie sur un ensemble de dispositifs adaptés et cohérents pour répondre à ces différents besoins d’accompagnement et de développement. « Nous sommes satisfaits du plan que nous avons contractualisé avec la Région, se félicite Frédéric Blanchard, le président de Caprin Aura. Nous avons été entendus dans nos demandes et ce nouveau plan va nous permettre de poursuivre et conforter la dynamique engagée avec l’ancien plan (Crof), tout en entraînant dans notre sillage les éleveurs de l’ex région Auvergne. »
Un plan pour gagner en collectif
« Les professionnels qui ont travaillé sur ce plan de filière ont souhaité mettre l’accent sur les actions collectives, plutôt que sur l’accompagnement de projets individuels. En effet, les actions collectives sont indispensables pour, d’une part assurer le progrès technique, qui est la clé de l’amélioration de la compétitivité, et d’autre part développer la valorisation », explique l’animatrice. Le plan caprin ovin lait est articulé autour de trois axes d’intervention : le renforcement de la compétitivité des filières ; l’amélioration des performances des élevages et la recherche de valorisation. Enfin, les professionnels souhaitent que ce plan de développement des filières puisse être parfaitement coordonné avec le dispositif de recherche appliquée, afin d’assurer la synergie entre recherche et développement. 
Pour en savoir plus : www.aurafilieres.fr

Porcs / La filière porcine mise sur son fonds de développement

Le plan de filière régional porcin est doté d’un budget de 1,86 million d’euros sur 3 ans (2018-2020). Le renforcement du fonds de développement porcin existant et son déploiement sur l’ensemble du territoire régional devraient permettre d’amener une nouvelle dynamique d’investissement aux éleveurs. Aujourd’hui, l’aide est accordée sous forme d’avance remboursable sur sept ans à taux 0 avec deux ans de différé. « Nous souhaitons l’amener si possible à 10 ans afin d’aider davantage les producteurs de porcs à investir pour moderniser et développer leur élevage. Les organisations professionnelles assureront toujours le rôle de garants ; le dispositif repose sur ce préalable et a montré toute son efficacité depuis plus de 20 ans », explique l’interprofession porcine. La Région participe à hauteur de 500 000 euros par an par dotation à ce fonds. C’est aussi pour la production porcine un moyen « de compléter les aides PCAE ». En effet, le pourcentage de subventions allouées aux éleveurs de porcs est statistiquement inférieur au niveau d’aide moyen attribué aux autres filières ; ce sont les montants d’investissement en production porcine très supérieurs à la moyenne des autres filières qui explique cet écart. « La souplesse d’utilisation de ce fonds nous permet de mieux répondre aux besoins spécifiques d’investissement de la filière. Nous souhaitons, par exemple, aider les engraisseurs à booster davantage leur activité. La dotation de la Région Aura nous permet d’aller dans ce sens », reprend l’interprofession.


Un accompagnement « environnemental »
Le nouveau plan de filière prévoit aussi un accompagnement individualisé dans le domaine de l’environnement dans le cadre de la création, de la rénovation ou de la reprise d’un atelier porcin. L’objectif : mieux connaître et appliquer le cadre réglementaire afin d’améliorer l’acceptabilité des élevages. « Un accompagnement technique sur l’environnement permettra aux éleveurs de se perfectionner dans leur travail et de continuer à améliorer leurs pratiques », ajoute l’interprofession. La Région financera à hauteur de 50 % cette prestation facturée par un organisme de conseil, plafonnée à 1 500 euros.
Mettre en valeur la production régionale
Le nouveau plan de filière porcine passe également par la valorisation et la promotion des produits sous signe officiel d’identification de la qualité et de l’origine (SIQO). Un budget de 20 000 euros par an est accordé par la Région pour communiquer sur des démarches de qualité régionales. La filière souhaite aussi mettre en avant la démarche de valorisation de la viande et des produits de charcuterie d’Auvergne-Rhône-Alpes sous la marque « La Région du Goût ». Les marchés ciblés seront la restauration hors domicile, la grande et moyenne distribution ainsi que les circuits de proximité pour une aide annuelle de 16 000 euros en cofinancement des actions de l’interprofession régionale. Le plan de filière porcine sera officiellement signé le 17 mai en présence de Jean Pierre Taite, vice président de la Région, délégué à l’agriculture. 
A. P.