Un toit chauffant pour la miellerie
«J'ai racheté un bâtiment en ruine et je suis parti sur la rénovation d'un toit classique, avance Jean-François Marmet, de la miellerie Montgoutoux à Saint-Pierre-d'Allevard dans la nouvelle commune des Crêts-en-Dauphiné. Mais j'avais un problème pour chauffer et déshumidifier la miellerie. Alors je suis allé voir la ferme de la Grangette à La Chapelle-du-Bard, qui avait un système de séchage du foin en grange. Puis, j'ai demandé une étude à l'Ageden(1), qui m'a confirmé qu'il était possible de faire quelque chose. » Installé en Belledonne depuis 1991, l'apiculteur a acheté cette grange en 2002. « Avant, il y avait des vaches et il y faisait toujours bon. Mais sans chauffage et une fois les animaux partis, la température atteignait à peine 15° en été. » C'est la raison pour laquelle en plein chantier de rénovation, Jean-François Marmet a dit stop. « Au lieu d'un toit en tuile, j'ai décidé de faire un toit solaire avec de la tôle bac acier. Du coup, les travaux m'ont coûté bien moins cher. »
Respect du produit
Sur le versant exposé au sud, l'apiculteur a fait recouvrir la charpente de tôles couleur ardoise sur 40 m2. Dessous, les six passages de chevrons sont fermés et isolés par des caissons équipés de prises d'air qui donnent sur un couloir. Là, l'air chaud circule par un système de ventilation pour être envoyé cinq mètres plus bas dans la miellerie. « Un ventilateur que je vais changer cette année et 5 à 6 mètres de gaine : le coût de revient est modeste, d'autant que le moteur consomme peu », insiste Jean-François Marmet. Avec 300 euros maximum d'investissement initial, il va se payer le luxe, cette année, d'une commande automatique par sonde pour quelques dizaines d'euros supplémentaires. Résultat, de juin à septembre, depuis la première récolte jusqu'à la dernière mise en pot, la température de la pièce peut grimper jusqu'à 28°. « J'essaie de la garder entre 20 et 25° pour travailler en respectant le produit », explique-t-il. Ainsi, le miel reste souple, décante dans les meilleures conditions et la mise en pot s'opère sans problème.
Le système a fait ses preuves depuis plus d'une dizaine d'années. « Cela ne coûte rien à faire et il faut profiter de ce que nous offre la nature. Cela m'a évité l'achat d'un déshumidificateur et d'un chauffage. Je dispose d'une pièce saine, sèche, à température », insiste-t-il. Jean-François Marmet a aménagé son bâtiment agricole sur trois niveaux. Au rez-de-chaussée, semi-enterré et isolé par des murs d'un mètre d'épaisseur, c'est l'atelier d'extraction du miel. Il donne sur un chemin.
Le premier niveau est de plain-pied avec un chemin de randonnée. Il est composé de deux salles de visite, dont une dispose d'une ouverture vitrée, en forme d'alvéole, permettant de voir le travail du miel au niveau inférieur. Le niveau supérieur, sous les toits, donne sur une route. L'apiculteur y stocke ses hausses et le matériel de fabrication des ruches. Il en a 200. « Tout est simple à réaliser avec un petit budget... et surtout du soleil ! », résume-t-il.
Isabelle Doucet
(1) Ageden Isère : Association pour une gestion durable de l'énergie.