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Coopération

Une année difficile pour les coopérateurs du Nyonsais

Un secteur oléicole sinistré, un secteur viticole raffermi, la coopérative du Nyonsais tire un bilan contrasté de l’année 2014.
Une année difficile  pour les coopérateurs du Nyonsais

«Plus jamais ça », s'est exclamé Serge Roux pour décrire la situation de l'année « horribilis » que viennent de vivre les oléiculteurs du Nyonsais. Jeudi dernier, à l'assemblée générale de la coopérative du Nyonsais, qu'il préside, il est revenu sur les attaques exceptionnellement fortes de la mouche de l'olive, qui ont économiquement fragilisé le secteur oléicole de la structure. Celle-ci enregistre sur l'ensemble de la filière une perte de chiffre d'affaires de l'ordre de 2,5 millions d'euros. « Nous n'avons que très peu d'olives de conserve en stock et tout juste assez d'huile pour approvisionner nos magasins, a déclaré Serge Roux. Et nous perdons chaque jour des clients à l'extérieur que nous ne pouvons pas approvisionner. Il nous appartient désormais de faire en sorte que cela ne se reproduise plus en suivant les avis, conseils et alertes de l'interprofession, qui tente de professionnaliser la filière et de donner les outils de base aux producteurs d'olives non-professionnels. »

Vers des vins qualitatifs

La situation du secteur viticole, qui représente toujours la moitié de l'activité de la coopérative du Nyonsais (contre 30 % en moyenne pour l'olive), est heureusement bien meilleure. Tant en qualité qu'en quantité, la campagne 2014 a été bonne avec des volumes de production qui n'avaient pas été vus depuis 2007 (66 000 hl contre 48 000 hl en 2013). Au niveau de la rémunération, les prix payés aux coopérateurs sur les AOP ont progressé de 10 % en moyenne pour s'établir autour de 137 euros l'hectolitre en Côtes-du-Rhône. Ceux des vins IGP sont restés stables. Selon Serge Roux, la stratégie de segmentation des apports et l'orientation de la production vers des vins qualitatifs ne doivent pas être remises en cause. « Nous sommes dans un contexte de marché exigeant, a-t-il dit. Pour pouvoir aller chercher de la valeur, ce travail me paraît indispensable. »
Le bio représente aujourd'hui 15 à 17 % de la production viticole de la coopérative. Mais il est actuellement en surproduction par rapport au marché où son écoulement est difficile. Par contre, les vins des Coteaux-des-Baronnies sont sur un marché porteur et les viticulteurs sont encouragés à replanter des vignes afin de répondre à une demande de volume en augmentation.


Des investissements


Avec des quantités plus importantes que celles des années précédentes, la récolte fruitière a été jugée « plutôt satisfaisante ». La production d'abricots a même été excellente avec 1 392 tonnes d'apports complétées par 105 tonnes de prunes, 72 de coings et 43 de cerises. Mais, du fait d'une grosse récolte au niveau national, les prix sont restés bas et la rémunération des producteurs faible.
Sur le secteur approvisionnement, le projet d'agrandir la partie jardinerie de « Nyons Nature » se concrétise avec l'acquisition de la villa et du terrain qui jouxte le magasin. Cet agrandissement devrait permettre à la structure de s'ouvrir à une nouvelle clientèle et d'augmenter son chiffre d'affaires.
Par ailleurs, Serge Roux a annoncé la finalisation des travaux de rénovation de la toiture photovoltaïque sur la cave et le magasin. « Ce projet, qui s'inscrit dans une location de toiture, a-t-il précisé, aura été réalisé à coût zéro sans entamer la capacité d'investissement de la coopérative qui pourra se concentrer sur l'outil de production plutôt que sur l'entretien des bâtiments. »
Alain Bosmans