Une année hors norme qui pénalise rendement et qualité en maïs
Le rendement régional moyen en maïs est estimé autour de 78 q/ha. Une moyenne fortement impactée par les rendements en parcelles sous régime pluvial, à l'image des résultats nationaux qui oscillent aux alentours de 90 q/ha. L'année climatique 2015 se caractérise par une période de déficit pluviométrique du 10 mai jusqu'à la fin août et par des températures élevées (> 30 °C) début juillet.
Toutes les régions ne sont pas logées à la même enseigne
Le déficit de pluviométrie concerne un grand tiers Nord-Est de la France, depuis le sud de la Picardie jusqu'au sud de notre région, en passant par le Centre et l'Auvergne. Mais l'épicentre était bien en Rhône-Alpes. Les pluies ont été déficitaires dès le 10 mai, et ne sont revenues de façon significative que mi-septembre. Après un mois de mai relativement frais, les températures ont régulièrement augmenté en juin pour atteindre des valeurs maximales très au-dessus de la normale durant la première quinzaine de juillet. Un nombre particulièrement élevé de jours avec des maximales supérieures à 32 °C. Ce déficit hydrique a pénalisé le développement des plantes, la mise en place des grains et leur remplissage. Rendement et qualité ont été pénalisés. La réaction des plantes est liée à l'importance du déficit hydrique. Un déficit précoce a pu limiter le gabarit des plantes et dans les cas les plus extrêmes faire avorter l'épi. Un stress autour de la floraison a pu limiter la mise en place des épis, des ovules, la fécondation et favoriser les avortements de grains nouvellement formés. En fin de cycle, les plantes ont réagi en fonction de leur état végétatif, notamment de l'importance de la surface foliaire verte. Le retour des pluies début septembre a pu limiter les pertes en assurant un remplissage plus ou moins complet des grains présents, sous réserve de la présence de feuilles vertes pour assurer la photosynthèse.
Des facteurs aggravants
En Rhône-Alpes et en Bourgogne, nous avons connu tous les scénarios. Parmi les facteurs aggravants, on observe :
- La qualité de travail du sol : une reprise trop rapide au printemps provoquant des mottes et favorisant le dessèchement du lit de semis a entraîné un démarrage difficile des plantes.
- Le précédent : les prairies détruites tardivement avant le semis ont certainement été les pires situations pour l'implantation des maïs, provoquant irrégularités et absence de levées.
- La date de semis : un semis tardif (généralement de mai) n'a pas permis la mise en place du système racinaire avant le stress hydrique. À l'inverse, les semis précoces ont permis aux plantes de s'installer convenablement et de développer un gabarit normal. La demande en eau (transpiration) est donc plus importante qu'un plus petit gabarit. L'intensité du stress est augmentée.
- La conjonction des températures élevées - entraînant une demande en eau importante - et de la floraison a provoqué des défauts de fécondation et des avortements de grains nouvellement formés.
Ravageurs et maladies plutôt discrets
En raison du sec en surface, les taupins et les vers gris ont été très peu présents en culture. À l'inverse, les températures supérieures à la normale pluriannuelle ont induit une plus forte intensité de l'activité des insectes foreurs (pyrale, sésamie) ainsi que des dégâts de chenilles d'héliothis sur épis en fin de cycle (jusqu'en Bresse). Côté maladies, la fraîcheur du mois de mai aura été favorable au rhizoctone (particulièrement dans les situations à risque) réduisant la viabilité sur système racinaire et augmentant, si besoin en était, le stress hydrique subit par les plantes. Dans ces parcelles, couper le maïs en introduisant des espèces non-hôte de ce rhizoctone est pertinent (2 céréales par exemple et ne pas implanter ni betterave, ni pomme de terre). Sur le feuillage, l'helminthosporiose s'est déclaré tard, à la faveur du retour des pluies de façon très localisée (combe de Savoie). Il n'y a pas eu d'impact sur le rendement.
Des récoltes qui ont commencé tôt
Les premières moissonneuses ont commencé à œuvrer dès le début septembre, mais les récoltes ont démarré significativement après le gros coup de vent du 16 septembre. Les maïs, déjà fragilisés par l'été, n'ont pas tous très bien supporté cet accident supplémentaire. Le niveau d'humidité de la récolte en Rhône-Alpes est bas, d'autant plus que certains producteurs ont laissé les plantes se dessécher sur pied jusqu'à mi-novembre. En conclusion, l'année a été particulièrement éprouvante pour toutes les cultures estivales. La plante maïs démontre une nouvelle fois tout le progrès qui a été réalisé au fil des ans par la sélection pour améliorer sa capacité à tolérer ce genre d'événements.