Une cartographie des surfaces bio françaises pour 2021
A l'issue d'un rendez-vous avec la ministre de la Transition écologique, le 28 février au Salon de l'agriculture, Florent Guhl, directeur de l'Agence bio, a indiqué que son agence publiera en 2021 une carte nommée Cartobio, recensant toutes les surfaces converties en France. « Nous allons permettre à des acteurs comme les agences de l'eau de quantifier les apports de la bio à l'échelle du bassin versant, et de mesurer l'efficacité des financements accordés », se réjouit le directeur. L'outil permettra aussi, selon Florent Guhl, « d'alimenter les politiques publiques et de faciliter les projections, pour mieux dimensionner les budgets », dont les aides régionales, les paiements pour services environnementaux (PSE), voire les futurs éco-dispositifis de la Pac. Le projet est mené en partenariat avec l'Inrae, l'Itab et l'OFB, avec le soutien du ministère de la Transition écologique, après une phase pilote sur 2020. La Safer, missionnée pour faciliter la conservation de la certification bio lors des transmissions, serait également intéressée. « Avec la croissance actuelle des surfaces, nous atteignons dans certaines régions une masse critique qui rend les données solides », souligne Florent Guhl. Car loin du pessimisme du récent rapport sénatorial, pour l'Agence bio, les indicateurs sont au vert pour la production bio sur 2019, et ce d'autant plus dans des secteurs dont la surface convertie restait jusqu'ici limitée.
Les céréaliers, moteurs des conversions
Comme le confirme Florent Guhl, « c'est en céréales que les conversions au bio ont été les plus nombreuses en 2019 ». Une poursuite de la tendance observée en 2018, qui avait enregistré une croissance de 31 % des surfaces céréalières bio. « Malgré les craintes liées au plafonnement des aides régionales, les céréaliers convertissent l'ensemble de leurs exploitations », se réjouit le directeur de l'agence. La surface bio aurait progressé entre 2018 et 2019 de 300 000 hectares environ, grâce aux céréales, mais également à la viticulture et au maraîchage, pour un total de 47 000 exploitations. Une croissance d'environ 13 % par rapport à 2018, qui permettrait d'atteindre les 2,3 millions d'hectares, soit l'équivalent de la surface cultivée en bio de l'Espagne, longtemps restée la championne européenne. Si la dynamique de conversion se maintient en Occitanie ou en Rhône-Alpes, centres historiques pour la bio, c'est du côté de l'Île-de-France et de l'Outre-mer que les croissances en surface seraient les plus fortes sur 2019, « de l'ordre de 19 à 20 % », selon Florent Guhl. Une accélération que le directeur de l'Agence bio explique par « le développement d'outils de stockage et de transformation adaptés », notamment de silos à petites cellules, qui favorisent les achats des productions diversifiées des céréaliers bio. Alors que 1,7 million d'hectares supplémentaires devront être convertis d'ici 2022 pour atteindre les objectifs du plan Ambition bio, la cartographie sur laquelle travaille l'agence et ses partenaires devraient donc permettre de soutenir cette croissance par des budgets adaptés, défendus par des mesures précises des atouts environnementaux des conversions.
I. L.