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Ppam

Une conjoncture favorable en plantes à parfum, aromatiques et médicinales

Dans sa dernière note de conjoncture, FranceAgriMer fait le point sur la filière des plantes à parfum, aromatiques et médicinales au premier semestre 2016.
Une conjoncture favorable en plantes  à parfum, aromatiques  et médicinales

Face à un marché globalement porteur, les surfaces de Ppam continuent à progresser, indique FranceAgriMer (FAM) dans sa note de conjoncture du premier semestre 2016 consacrée aux plantes à parfum, aromatiques et médicinales. Toutefois, les surfaces consacrées au thym destiné à l'herboristerie continuent à se tasser et des producteurs se réorientent vers la production destinée à l'huile essentielle, moins exigeante. En dépit d'une dégradation des conditions climatiques au cours des derniers mois dans la zone septentrionale de production, les cultures mises en place conservent de bons potentiels. En zone méridionale, la filière a connu un hiver clément suivi d'un printemps très sec, affichant un déficit pluviométrique proche de 50 %. Malgré les précipitations récentes, cette pénurie d'eau pourrait avoir de lourdes conséquences sur les rendements de certaines productions telles que la sauge sclarée ou la lavande.

Forte pression de ravageurs et pathogènes

En matière sanitaire, ces conditions climatiques ont favorisé le développement d'organismes pathogènes et ravageurs divers. Ainsi, des attaques de cécidomyies significatives ont été repérées sur les contreforts de Lure et dans la Drôme tandis qu'une forte pression du dépérissement des lavandes et lavandins est ressentie sur certaines zones des plateaux d'Albion et de Valensole. Dès le mois de mars, de nombreux parasites, les noctuelles notamment, étaient observés sur les cultures de thym, d'origan, de sauge sclarée, d'estragon et d'hélichryses. Enfin, le développement d'adventices reste indéniablement une préoccupation majeure pour les trois filières.

Des récoltes prometteuses

Les premières récoltes de l'année 2016 s'annoncent prometteuses, notamment pour la culture du thym et de la sarriette dans la Drôme et le Sud-Est. La production de l'estragon sera, quant à elle, inférieure à celle de l'an dernier, conséquence de plantations vieillissantes. La région du Maine-et-Loire connaît un léger ralentissement sur les cultures de menthe, mélisse, feuille d'artichaut.
S'agissant des stocks, de façon générale la filière en présente pas ou peu, notamment en bio où cette situation génère de fortes tensions. Si le lavandin et la lavande clonale n'offrent plus de disponibilité, la lavande de population - dont la récolte 2015 a été en nette augmentation et concurrencée par les lavandes clonales françaises et étrangères - connaît un report de stock.

Des pénuries de plants

Le marché des huiles essentielles demeure stable et soutenu, indique FAM. Toutefois, si la demande de lavande clonale et de lavandin reste significative, les marchés de la sauge sclarée et de la lavande fine semblent ralentis, conséquence des prix élevés de 2015. En ce qui concerne plus particulièrement le marché de la sauge, le climat des prochains jours déterminera la qualité de la production et donc de l'offre. Du fait de leur sensibilité au dépérissement, les plants de variétés de lavandin abrial et super étaient de plus en plus délaissés par les producteurs préférant s'orienter vers les variétés plus résistantes comme le grosso. En 2015, l'augmentation des prix affichés (+ 13 %) a redonné de l'intérêt de la part des producteurs, causant une pénurie de plants chez les pépiniéristes.
Par ailleurs, malgré les efforts fournis depuis dix ans par la filière des plantes aromatiques pour assurer un marché de qualité, le poids de la concurrence étrangère reste omniprésent, souligne FAM. Les difficultés à stabiliser le marché intérieur augmentent. Chez les négociants, la qualité des productions nationales, dont celles en label rouge, reste une valeur reconnue. La pénurie de certains produits associée à des coûts de production peu compétitifs conduisent les industriels à recourir à l'importation étrangère et particulièrement intra-européenne.

Des attaques de cécidomyies significatives ont été repérées sur les contreforts de Lure et dans la Drôme tandis qu’une forte pression du dépérissement des lavandes et lavandins est ressentie sur certaines zones des plateaux d’Albion et de Valensole.

Des prix stables en sauge, lavande et lavandin

La dynamique du marché des plantes médicinales en 2016 s'annonce optimale, indique FAM. Cependant, dans l'attente de l'obtention d'autorisation de mise sur le marché (AMM) de certaines plantes, comme la valériane par exemple, le secteur de l'homéopathie reste bloqué, contraignant les producteurs à une mise sur le marché en sec ; ce qui produit un manque à gagner certain.
En huiles essentielles de lavandes, lavandins et sauge sclarée, la plupart des opérateurs pensent que, dans l'hypothèse d'une récolte normale, les prix au stade producteurs devraient rester relativement stables en 2016. Ainsi, les contrats pour la lavande clonale se négocient autour de 100 euros par kilo, le prix moyen de la lavande fine s'élevant à 150 euros. Le lavandin grosso se situe aux environs de 20 euros et le prix de la sauge sclarée, loin des cotations de 2015, se situerait autour de 130 euros. 

 

 

Evolution / La lavandiculture apparaissant comme un marché porteur et prometteur, les surfaces plantées augmentent en France et ailleurs. Ce qui inquiètent les producteurs « traditionnels ».

Le développement des surfaces lavandicoles inquiète

Principalement localisée sur le territoire provençal du Sud-Est de la France, la lavandiculture connaît aujourd’hui une atomisation de ses pôles de production, présentant des produits de coûts et de qualités différentes, indique FranceAgriMer. Avec un prix moyen ferme et stable depuis plusieurs campagnes, voire en légère augmentation et une demande toujours grandissante, la lavandiculture apparaît au regard de bien d'autres spéculations agricoles comme un marché porteur et prometteur. L’implantation de la lavande ou du lavandin dans des zones anciennement maraîchères, céréalières ou viticoles n’est plus surprenante : la Vallée du Rhône, par exemple, a déjà vu la surface dédiée à ces huiles essentielles s’étendre dès que le marché est porteur, et inversement. Le fait nouveau se situe dans l’ambition de certaines régions, plus « périphériques », comme le Maine-et-Loire, la Normandie ou le littoral atlantique. Là, certains porteurs de projets envisagent de planter, dès 2017, des centaines d’hectares.
Après la Bulgarie,
la Roumanie
Le même phénomène d'extension s'observe à l'étranger. Après la Bulgarie, principal concurrent de la France pour la lavande, la Roumanie souhaite, elle aussi, implanter du lavandin sur son territoire. Ce nouvel attrait vers la culture de la lavande ou du lavandin inquiète les producteurs. Ils craignent l'émergence d'une concurrence accrue, favorisée par des coûts et des moyens de production plus avantageux. Ce qui pèserait sur le marché national, européen et mondial. Ils redoutent également la mise sur le marché de produits de qualité médiocre qui pourraient, à terme, dégrader l’image des produits naturels. Ce type de crainte n'est cependant pas nouveau et l'examen de la situation sur une période longue montre que, jusqu'à présent, l’organisation structurée et les investissements techniques soutenus ont permis à la filière française d’être réactive. 

 

FranceAgriMer /
Les démarches agro-écologiques en Ppam
Le conseil spécialisé de FranceAgriMer pour les filières des plantes à parfum, aromatiques et médicinales s'est réuni le 28 juin à Volx (04), sous la présidence de Bernard Prévault. À l’occasion de cette séance, un large point a été consacré aux initiatives agro-écologiques menées dans les filières des plantes à parfum, aromatiques et médicinales (Ppam). Ces projets visent à combiner à la fois les performances économique, environnementale, sanitaire et sociale. Les membres du conseil ont ainsi pu écouter les témoignages de certains acteurs de l’aval, engagés dans cette démarche agro-écologique. Lors du conseil, ont également été abordés la spécificité des huiles essentielles dans la réglementation Reach, le bilan de l’appel à projets expérimentation 2016 et la validation des priorités pour 2017.