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Normes en aviculture

Valoriser les effluents volailles

Lors de la session régionale d’information « volailles de chair dans le Sud-Est » organisée à Valence par l’Itavi, la réglementation et les références concernant les effluents volailles étaient à l’ordre du jour.

Valoriser les effluents volailles

Arrêtés ICPE (enregistrement), normes NFU... Alicia Charpiot de l'Itavi a déroulé les divers textes qui encadrent le traitement des effluents avicoles en insistant sur le contexte mouvant qui touche les modalités d'application du stockage au champ (révision du programme national nitrates) : « Le stockage au champ serait encore possible avec des aménagements », a-telle précisé.
Elle a rappelé que la valorisation des effluents se justifie toujours d'un point de vue économique (il s'agit d'aliment payé et non digéré) et qu'il est judicieux de privilégier une conservation de l'azote et de la chaleur dans l'effluent. Cependant, il convient d'avoir à l'esprit le coût des systèmes de traitements variés. Le guide technique de compostage réalisé par l'association IF20 est cité en exemple pour sa qualité avec un rappel sur la nécessité d'ajouter un volume d'eau équivalent aux 40 % du tonnage initial de fumier. Pour Gilles Lassus répondant à des questions d'éleveurs : « Des investissements dans des fumières et divers procédés comportent des risques financiers pour les exploitations... » Dans le même esprit, il préfère envisager des projets de méthanisation à des échelles collectives. Méthanisation qui semble plus pertinente pour des lisiers de canards et le chauffage de bâtiments volailles.

Alicia Charpiot de l’Itavi.

Compostage : micro-organismes sur litière

Des essais ont été conduits par Valsoleil en 2014-2015 portant sur le compostage de fumier de volaille de chair par ensemencement d'un complexe de micro-organismes (CMO) activant la fabrication des fertilisants. Objectif : vérifier l'efficacité du compostage et l'impact technico-économique. Deux CMO (C410 et Bactériolit) ont été testés sur deux élevages de poulets standard et label. L'ajout du CMO a été fait en bâtiment sur litière et il n'y a pas eu de retournement des andains de façon à gagner du temps. À noter, pour le fertilisant obtenu, les règles de gestion sont équivalentes à celles d'un compost. Les résultats montrent des tendances : amélioration de l'état sanitaire de la litière à confirmer (C410), pas d'impact sur les performances zootechniques, l'utilisation d'une sonde mobile pour mesurer l'hygiénisation des tas de fumier rend difficile l'interprétation dans ce cas, la norme NFU 44-051 (microbiologie) est respectée... dans les deux cas, il a été constaté une perte moindre d'azote. Enfin, il faut tenir compte du coût de l'opération (achat du produit et analyses). 
L. G.
* Un logiciel permet de calculer aisément la quantité et la composition des effluents de son élevage : Composim. Télécharger sur : www.ifip.asso.fr

 

Bâtiments / Paul Robin (Inra) a présenté une première synthèse de récents travaux sur la gestion de l’ambiance et les besoins de renouvellement d’air afin d’améliorer les performances techniques de l’élevage.

Le bon niveau de ventilation

Paul Ribon, Inra.

L’environnement optimal d’un bâtiment d’élevage doit tenir compte de la température, de l’hygrométrie et de la teneur en CO2. La ventilation permet d’évacuer les gaz et particules (déjections, aliments, matériaux), la chaleur animale surtout en fin d’élevage, mais aussi d’assurer une ambiance homogène dans le bâtiment. La régulation de la ventilation calculée en m³/ heure/kg animal doit tenir compte de multiples facteurs : les variables extérieures (prévisions météo), l’isolation du bâtiment, l’existence ou non d’échangeurs d’air, la gestion de la litière, et bien sûr le stade d’élevage (vide sanitaire, démarrage, finition). Le réglage doit tenir compte du débit réel du ventilateur et de l’entretien des capteurs (afin de maîtriser les entrées d’air). Les recommandations en usage depuis les années quatre-vingt (débit d’air qui augmente avec la croissance) sont différemment mises en œuvre sur le terrain. Les apports de chauffage (production de CO2) ont une influence sur le réglage de la ventilation et la gestion de l’ambiance doit impérativement s’adapter à la situation de chaque élevage. « La ventilation minimale dépend du stade de croissance des animaux, du climat et du bâtiment ». Une question posée par un éleveur a souligné également la difficulté de cette appréciation selon que le bâtiment est ou pas construit sur une dalle béton. Selon quelle soit ou non isolée du froid et de l’humidité, la gestion de l’ambiance de bâtiment sur dalle (apport de litière, ventilation) nécessite un savoir-faire spécifique comparativement à la terre battue. 
L. G.