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Viticulture

Vignes : les sujets sanitaires au coeur des préoccupations

La filière viticole souhaite engager des actions en profondeur pour lutter contre le dépérissement de la vigne et l'introduction de cépages résistants aux maladies cryptogamique pour diminuer l'usage des produits phytosanitaires.
Vignes : les sujets sanitaires au coeur des préoccupations

Même si la viticulture se trouve dans une situation plus favorable que les autres productions, il n'en reste pas moins que certains crus traversent des difficultés. Il en est ainsi du Muscadet et du Beaujolais pour lesquels Jérôme Despey, le président du Conseil spécialisé vins de FranceAgriMer, demande aux pouvoirs publics des mesures d'accompagnement pour les viticulteurs concernés. Il a évoqué le sujet avec le ministre de l'Agriculture, au Salon de l'agriculture, le 1er mars. Au menu du rendez-vous également, le dépérissement du vignoble, un dossier préoccupant qui frappe 10 % du vignoble français. Pas moins de 80 000 hectares sont ainsi impactés par la maladie du bois, la flavescence dorée, pour ne citer que les plus répandues. « Nous devons travailler à des solutions, notamment en impliquant la recherche », a insisté Jérôme Despey.

Cépages résistants

Autre sujet qui va mobiliser la filière dans les semaines et mois qui viennent, l'introduction de cépages résistants pour lutter contre les maladies, telles que l'oïdium et le mildiou notamment, pour diminuer l'usage des produits phytopharmaceutiques. Première piste évoquée, la possibilité pour les vignerons français d'utiliser des cépages résistants qui ont fait leurs preuves ailleurs, chez nos partenaires européens. Le Conseil spécialisé viticole propose d'inscrire en procédure accélérée au classement français, dans les six mois qui viennent, 25 cépages qui ont été déjà autorisés chez nos voisins. Deuxième piste, renforcer la recherche et l'expérimentation de cépages résistants dans les principaux bassins de production en leur réservant 20 hectares.

Le président n'a pas manqué d'évoquer avec le ministre de l'agriculture l'avenir de l'organisation commune de marché après 2020. « La viticulture est le seul secteur à avoir une OCM. Nous tenons absolument à préserver ces outils, face à une Europe qui veut complétement déréguler ». Au-delà des spécificités du secteur viticole, la profession n'entend pas imiter le secteur laitier qui a abandonné toute organisation du marché avec les conséquences que l'on connait aujourd'hui. En ligne de mire, la préservation de l'enveloppe de 280 millions d'euros pour poursuivre les actions de restructuration du vignoble, de modernisation de la filière et de promotion des vins.

Vitiplantation : « ça marche »

La procédure d'autorisation des plantations complètement dématérialisée, et qui a remplacé les droits de plantation depuis le 1er janvier 2016, fonctionne bien. Fin février, 16 110 demandes avaient été déposées et 15 980 autorisations ont été délivrées sur le champ automatiquement. Il s'agit essentiellement de demandes portant sur la conversion de droits (90 %), de replantations anticipées (10 %) et d'autorisation de replantation pour 1 %. « Le challenge que nous nous étions fixé a réussi, les professionnels sont satisfaits de cet outil, il faut poursuivre dans cette voie » s'est félicité Jérôme Despey. Notamment pour ce qui est des intentions d'arrachage et de plantation, l'objectif étant d'aller vers la dématérialisation totale sur les investissements, la restructuration viticole, bref sur l'ensemble de l'OCM viticole. L'administration s'est également félicitée de la mise en œuvre de cet outil. Pour Laure de la Bretèche, la secrétaire générale pour la modernisation de l'action publique, « l'objectif d'amélioration du service rendu auprès des 140 000 vignerons a été atteint ». Il a été obtenu grâce à la collaboration étroite entre les services du secrétariat général à la modernisation de l'action publique, FranceAgriMer, l'Institut de l'origine et de la qualité (Inao) et la Direction générale des douanes et des droits indirects.

 

Vins chiliens sur le Tour de France /

La mise au point de Jérôme Despey

Une polémique a surgi récemment sur l'attribution du label « vin officiel » du Tour de France à des producteurs chiliens pour une durée de trois ans (2014, 2015, 2016). Une nouvelle qui n'a pas manqué de susciter émotion et colère dans les milieux viticoles, chez les JA de l'Aude notamment qui ont été les premiers à diffuser l'information. Soutenus par les parlementaires locaux, ils ont menacé de perturber le Tour de France, lors de son passage dans les régions viticoles. S'il déplore la promotion des vins chiliens sur le Tour de France, Jérôme Despey a tenu à préciser que cette communication n'était visible, dans la caravane, que sur les étapes étrangères, la loi Evin interdisant tout sponsoring d'évènements sportifs sur le territoire national. Ceci étant, le président du Conseil spécialisé devait aborder le sujet avec les responsables du Tour de France, qu'il rencontre le 3 mars au Salon de l'Agriculture. Sans remettre en cause le sponsoring du Chili, il souhaite que les vins français soient davantage présents dans le village du Tour à l'arrivée et au départ des étapes, par exemple.