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Aviculture

Volaille de chair : la production européenne se décale vers l’Est

FranceAgriMer publie une longue synthèse sur l’évolution du marché de la volaille de chair depuis les années 2000. La production s’est déplacée vers l’Est de l’Europe, notamment sous l’effet du développement des productions allemande et polonaise. Elle pourrait à l’avenir dériver plus encore à l’Est, avec l’essor attendu des productions roumaine et hongroise.
Volaille de chair : la production européenne se décale vers l’Est

Une synthèse de FranceAgriMer parue le 15 avril met en avant que, depuis le début des années 2000, « le centre de gravité de la production européenne de volailles s'est légèrement décalé vers l'Allemagne et les nouveaux États membres, principalement en Pologne, tandis que les autres pays d'Europe centrale et orientale émergent plus difficilement ». L'Allemagne a « fortement développé ses capacités d'élevage et de transformation jusqu'en 2010, reconquérant son marché intérieur », explique FranceAgriMer. Entre 2003 et 2014, la production allemande a progressé de 724 000 tonnes (- 289 000 tonnes en France). « La compétitivité des outils allemands s'est construite sur des outils (élevages et abattoirs) de taille conséquente et une flexibilité du marché du travail. Puis, à partir de 2010, sur une optimisation de ces outils de production (automatisation, etc.) », explique France AgriMer.
La Pologne fait une apparition fulgurante
La Pologne est quant à elle « le pays qui a le plus bénéficié de l'intégration européenne dans le secteur de la volaille de chair ». Sa production a progressé de 969 000 tonnes entre 2003 et 2014. Elle s'est appuyée « sur un marché intérieur dynamique, sur des coûts de production faibles et sur une monnaie nationale que la banque centrale a dévaluée au moment opportun ». Pour l'avenir, FranceAgriMer parie, avec de nombreuses réserves, sur le développement du secteur en Roumanie et Hongrie. « Ces pays disposent de matières premières pour l'alimentation animale abondantes, d'un positionnement productivité du travail/coût de la main-d'œuvre intéressant et de grandes entreprises très intégrées sur des élevages de taille conséquente. Cependant, les marchés intérieurs de ces deux pays, socle de développement solide d'une filière nationale, connaissent encore des limites ».
Développement des échanges intra-européens
En parallèle du développement des pays de l'Est, FranceAgriMer a observé un « très fort » développement des échanges intra-européens. Le rapport avance trois raisons à cela : une internationalisation « peu élevée mais croissante » des entreprises européennes, un « différentiel de compétitivité entre filières qui a pu se creuser soit sur le maillon élevage, soit sur le maillon transformation voire les deux » et une mutation des produits consommés. Ainsi des liens se tissent entre plusieurs pays d'Europe, dont les filières sont à un « stade avancé » : entre la Belgique, les Pays-Bas et l'Allemagne, entre les pays scandinaves, entre la République tchèque et la Slovaquie, et entre la Hongrie, la Roumanie et la Bulgarie. Mais, globalement, « la compétitivité des filières nationales repose encore largement sur un contexte national solide et dynamique », conclut FranceAgriMer.
La France a moins investi que ses voisins
Et la France dans cette arène ? Sur la période étudiée, elle est le seul grand bassin de production à s'être réduit. Durant la seconde moitié des années 2000, note FranceAgriMer, le taux d'investissement des entreprises de transformation a été « sensiblement plus faible que dans les autres pays d'Europe de l'Ouest ». Et « l'optimisation des outils a été moins poussée malgré des performances similaires à celles de la Belgique et des Pays-Bas en termes de valeur ajoutée dégagée par employé ». Sur la période étudiée, FranceAgriMer avance quelques explications : l'importance des productions sous signe de qualité très spécifiques au marché français ; « certaines options stratégiques des opérateurs français centrés sur le marché du commerce de détail (GMS), jusque récemment, laissant les pays d'Europe du Nord prendre des parts de marché sur les segments de la RHD* et de l'approvisionnement en matière première pour l'industrie des élaborés et charcuteries de volailles en plein développement ». 

M. R.
* RHD : restauration hors domicile

 

Poulet / La filière française prise de vitesse par la consommation

« Sur l’année 2015, nous avons été en phase de reconquête mais nous avons été très surpris par le niveau des importations », a conclu le président des industriels de la volaille (FIA), Gilles Huttepain, lors des assemblées générales des interprofessions volailles de chair, le 21 avril. Le constat concerne particulièrement le poulet, principale production de volailles sur le territoire : alors que sa consommation a augmenté de 4 % en 2015, soit + 35 000 tonnes, explique le président de l’interprofession poulet, Jean-Yves Ménard, les volumes supplémentaires ont malheureusement été pourvus en grande partie par les importations ; pour 20 000 tonnes par la production française, certes, mais pour 15 000 tonnes par des importations, surtout polonaises. Gilles Huttepain s’est par ailleurs alarmé des volumes croissants de poulets ukrainiens importés en Europe et vendus « à vil prix ». Résultat : la part de produits importés sur le marché intérieur reste sensiblement la même en 2015 qu’en 2014. Pour répondre à cette demande supplémentaire, il aura manqué 200 000 m2 de bâtiments, selon l’interprofession poulet de chair ; faute de nouveaux bâtiments suffisants, des surfaces ont été grapillées à la filière dinde, qui accuse une baisse de production de 2,9 %, notamment en raison de la forte demande de poulets.