Xylella fastidiosa : la recherche biologique se mobilise
30 000 hectares sur 100 000 hectares d'oliviers frappés par la bactérie fastidiosa dans les Pouilles en Italie, le fléau a dépassé le cadre agricole pour devenir un problème social en raison de ses conséquences sur l'économie locale. Si les arbres peuvent être infestés en pépinière, ils sont la plupart du temps piqués par des insectes suceurs de sève (les cicadelles notamment). Actuellement, la lutte contre le fléau se résume à la destruction chimique des vecteurs (les insectes) et l'arrachage des oliviers non seulement des arbres contaminés mais de tous les oliviers dans un rayon de 300 mètres. Une stratégie qui n'a pas fait ses preuves. A ce jour la maladie n'est pas éradiquée, alors que l'environnement est détruit, les équilibres économiques et sociaux remis en cause, sans parler de la révolte des populations. Le problème est d'autant plus prégnant en Italie du Sud que les arrachages ont été suspendus par la justice à la suite de plaintes portant sur la disparition du patrimoine culturel local et l'échec de la lutte.
Projet de recherche Lubixyl
Quoiqu'il en soit, "ce n'est pas la solution, estime Olivier Nasles, le président d'Afidol, l'interprofession huile d'olive, car après l'arrachage, c'est le désert". C'est la raison pour laquelle l'interprofession soutient un projet de recherche Lubixyl qui privilégie la lutte biologique de préférence à lutte chimique qui conduit à une impasse. Cette initiative qui est une réponse à un appel à projet de l'Union européenne vise d'abord à mieux connaître la bactérie, le comportement des vecteurs, ses interactions entre le milieu puis de proposer des moyens de lutte. Ceux-ci privilégient bien entendu l'utilisation de biopesticides, notamment des virus qui peuvent coloniser la bactérie, la culture de moisissures pour piéger les insectes, la production d'antibiotiques naturels....
A ce jour le consortium Lubixyl regroupe 26 universités, 34 laboratoires, une quinzaine d'organismes professionnels provenant de 15 pays non seulement des rives de la Méditerranée mais aussi du Brésil et de l'Iran. Il a été placé sous la coordination de Claude Bragard, professeur à l'Université catholique de Louvain en Belgique. Si le projet Lubixyl est retenu par les autorités communautaires début juin, il bénéficiera d'une enveloppe de 7 millions d'euros pour mener à bien ses recherches. Mais il faudra encore cinq à sept ans, selon Olivier Nasles, pour connaître le résultat et en tirer les bénéfices.