Elevage laitier
Hausse des intrants :  tous les systèmes  et élevages impactés

Adice livre plusieurs pistes pour faire face à la hausse des intrants en élevage laitier.

Hausse des intrants :  tous les systèmes  et élevages impactés
©Cniel

«Les simulations des hausses d’intrants montrent un impact très fort sur les trésoreries des éleveurs laitiers de l’ordre de 60 à 70 euros/1 000 litres », indique Adice*, organisme de conseil aux éleveurs. Si la hausse attendue des produits lait et viande peut en compenser une partie, il faudra trouver néanmoins des économies et renforcer l’efficacité des intrants.
Tous les systèmes sont impactés, que l’on soit en AOP (Vercors), IGP Saint Marcellin, bio ou conventionnel. L’analyse des quartiles montre une faible dispersion : 50 euros à 80 euros. Si on ramène cet impact au volume produit, cela représente de 15 000 à 40 000 euros pour l’atelier bovin lait. Heureusement les éleveurs ont pu acheter, notamment l’engrais, en morte saison ou à un cours inférieur en 2021 pour une utilisation ce printemps. Pour certains intrants (exemple urée ou GNR) au vu des capacités de stockage limité, l’impact sera rapide et fort. Si la situation venait à perdurer l’impact financier sur 2022/23 sera bien réel.
Comme l’indique le graphique, la hausse des concentrés pèse le plus fortement (20 à 35 euros selon les systèmes). Le carburant impacte tous les élevages de l’ordre de 20 euros. Pour les élevages AOP et surtout bio, l’impact « engrais » est faible voir nul.
Les produits progressent en ce début d’année
La hausse attendue des produits (prix du lait et viande) devrait permettre d’absorber la moitié des charges supplémentaires. En effet les cours de la viande (maigre ou engraissement) sont élevés. Les vaches partent à plus de 4 euros/kg. Avec un prix supérieur moyen de 20 %, 10 euros/1 000 l de gains supplémentaires sont attendus. Enfin les annonces sur le prix du lait de ce premier semestre sont plutôt bien orientées. A minima 20 à 30 euros sont attendus. Gare toutefois à l’inflation globale des produits qui pourrait restreindre les marges de manœuvre de négociation.

Solutions à court et moyen terme pour réduire l’impact financier

Les éleveurs présents en formation « coût de production » cette fin d’hiver proposent déjà des solutions. Celles-ci, complétées de l’expertise des conseillers Adice, sont à contextualiser et adapter au cas par cas. Certaines solutions demandent quelques investissements ou sont à réfléchir à moyen terme.  

D’après communiqué Adice
* Adice : Ardèche Drôme Isère conseil élevage.
À noter : Adice propose des rencontres sur les exploitations pour échanger sur les stratégies possibles face à l’augmentation des coûts de production. Rencontres à suivre sur  www.facebook.com/AdiceConseil ou www.fidocl.fr

D’autres peuvent présenter quelques contraintes techniques

Voici une liste non exhaustive.

➡ Face à la hausse des carburants/énergie, des pistes sur : 
- le pâturage,
- le système fourrager,
- la production d’énergie,
- les outils combinés,
- le raisonnement des déplacements,
- l’utilisation du bol mélangeur,
- le travail en commun,
- la simplification des itinéraires,
- la conduite économe du tracteur. 

➡ Face à la hausse de l’engrais, des marges de manœuvre sur les points suivants :  
- implanter plus de légumineuses,
- connaitre la valeur de ses effluents,
- valoriser le plan de fumure,
- privilégier le fumier ou le compost,
- optimiser ses pratiques d’épandage par rapport à la météo,
- faire des impasses PK si matière organique,
- privilégier les apports de fertilisation minérale sur les premières coupes.

➡ Face à la hausse des aliments, des leviers possibles en :
- valorisant au maximum le pâturage,
- réformant les animaux improductifs,
- récoltant des fourrages de très bonne qualité,
- privilégiant les légumineuses,
- privilégiant les matières premières,
- comparant le coût du point de MAT des concentrés achetés,
- pesant les quantités distribuées,
- analysant ses fourrages,
- calculant ses marges alimentaires,
- pilotant la ration avec les indicateurs urée,
- passant à la complémentation individuelle,
- visant l’efficacité alimentaire à la vache.