BILAN CLIMATIQUE
Le troisième mois d’août le plus chaud depuis le début des mesures

Au 3e rang des mois les plus chauds depuis 1900 selon Météo France, août a été marqué par un épisode caniculaire du 6 au 13 août, avant un coup de fraîcheur en fin de mois et le retour des précipitations, notamment sur le massif alpin. Août aura encore été globalement très sec.
Le troisième mois d’août le plus chaud depuis le début des mesures

La longue série de mois plus chauds que la normale se poursuit avec, en août, des températures encore largement supérieures aux normales de saison (période de référence 1981-2010). « La France vient de connaître son troisième mois d'août le plus chaud depuis le début des mesures (depuis au moins 1900) », confirme Météo France. La température moyenne en France s'est établie à 23 °C, soit + 2 °C par rapport à la moyenne, avec des disparités selon les régions. « Le Nord et le Nord-Est ont enregistré les écarts les plus importants (+ 2,7 °C en moyenne pour le mois) », indique le ministère de l'Agriculture dans son bulletin de climatologie mensuelle (note Agreste publiée le 9 septembre). A Lille, les températures moyennes en août ont même dépassé de 3,1 °C les normales de saison, rapporte la Chaîne Météo dans son bilan climatique diffusé le 31 août sur son site internet.
Épisode caniculaire
Côté précipitations, si elles ont été globalement proches de la normale, les niveaux de pluie en août ont été très contrastés, rapporte Agreste. L'Ouest, la Corse et le Nord-Ouest ont été très arrosés alors que le Nord-Est, le Centre et l'extrême Sud-Est ont reçu peu de pluies et ont vu des situations de sécheresse s'aggraver. Sur l'ensemble du territoire, les précipitations cumulées depuis le 1er mars restent déficitaires de 13 %, atteignant même - 34 % dans le Nord, - 28 % dans le Nord-Est et - 23 % dans le Centre-Est, selon Agreste. Également, « l'indice d'humidité des sols au 1er septembre 2020 est déficitaire sur la majorité du territoire à l'exception de la Bretagne, de la Savoie, de l'Isère et des Hautes-Alpes », complète l'office de statistique agricole. L'événement marquant du mois a été sans conteste l'épisode caniculaire qui a sévi sur une grande majorité du territoire entre le 6 et le 13 août et qui a été très marqué dans le Nord et dans les départements du Centre et de l'Est (lire ci-après), avant une fin de mois bien plus fraîche et le retour des précipitations, et même de la neige dans les Alpes, entre le 29 et le 31 août.
Pluies inégales en Aura
En région Auvergne-Rhône-Alpes, comme partout ailleurs, août a été chaud, « avec une température moyenne de 20 °C pour toute la région, soit environ 2 °C de plus que la normale », mais avec une chaleur qui n'a pas été « partout la même », précise Météo France dans son résumé mensuel régional le 8 septembre. « Forte dans le Rhône, le Nord-Isère, la Loire et l'Allier, avec des excédents dépassant parfois 3 °C », elle a été proche des valeurs estivales sur les reliefs et dans les Alpes. On constate en août des écarts de précipitations importants selon les territoires : dans les Alpes et « certaines zones de la Drôme, de l'Ardèche, du Rhône et du Cantal où ont éclaté de forts orages », les pluies ont été excédentaires ; en revanche, une grande partie des départements du Rhône, de l'Ain et de la Loire, le nord de l'Ardèche et de la Drôme ont été largement déficitaires. La région Aura n'a pas échappé à l'épisode caniculaire du mois d'août. Les écarts à la normale lors des journées les plus chaudes ont par exemple atteint + 10,5 °C le 9 août aux Sauvages (Rhône), pour la température minimale. La veille, Météo France a enregistré en journée 41 °C à Grospierres (Ardèche), 40,7 °C à Gervans (Drôme), 38,6 °C à Coublevie (Isère), 38,1 °C à Grenoble, 38 °C à Montélimar, 37,9 °C à Lyon-Bron ou encore 37,8 °C à Andrézieux-Boutheon (Loire).
Très chaud en BFC
En région Bourgogne-Franche-Comté, la chaleur a persisté tout le mois, avec des écarts à la normale de + 3 à + 4 °C et un épisode caniculaire sévère : on a enregistré 15 jours à plus de 30 °C à Mâcon et 14 jours à Lons-de-Saunier, rapporte Météo France. Au plan pluviométrique, « dans la continuité d'un mois de juillet très sec, août 2020 est un mois globalement déficitaire en précipitations, localement très déficitaire. La sécheresse déjà présente fin juillet s'accentue en de nombreux endroits », détaille l'organisme de météorologie dans son bulletin régional mensuel du 4 septembre. Les niveaux de précipitations sont très bas, avec un déficit moyen qui atteint 37 % à l'échelle de la Bourgogne et 31 % en Franche-Comté. La Saône-et-Loire est particulièrement peu arrosée, avec « à peine 14 mm à Châlon-sur-Saône », indique Météo France. Quelques épisodes pluvio-orageux intenses se produisent dans le mois, mais ne suffisent pas à compenser le manque d'eau.
Dans son bulletin de situation hydrogéologique au 1er septembre publié le 11 septembre, le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) fait d'ailleurs état d'une situation « peu favorable » pour les « nappes de la plaine d'Alsace, des couloirs de la Saône et du Rhône et de l'Est du Massif central ». « Ce constat s'explique par plusieurs hivers successifs avec des pluies déficitaires que la recharge 2019-2020 n'a pas permis de compenser. La situation se dégrade sur les secteurs ayant connu une sécheresse des sols en août et une forte sollicitation des eaux souterraines par les prélèvements », commente le BRGM. 
Sébastien Duperay

 

SÉCHERESSE / La production des prairies permanentes s’effondre en août  

Entre le 20 juillet et le 20 août, la production cumulée des prairies permanentes françaises (indicateur Isop) accuse un déficit de 21 % par rapport à la référence 1998-2018 (contre un déficit de 10 % en juillet), constate une note de conjoncture d’Agreste publiée le 31 août. Un effondrement dû au « déficit de précipitations cumulées depuis mars 2020 », doublé d’un « mois de juillet plus chaud que la normale et exceptionnellement sec sur l’ensemble du territoire », d’après le service de statistiques du ministère de l’Agriculture. « Le déficit de pousse s’étend du Nord-Ouest au Centre-Est », analyse Agreste, et « huit régions sur douze présentent désormais un déficit de production cumulée ». Parmi elles, cinq régions affichent des productions inférieures à 75 % de la référence (Île-de-France, Bourgogne-Franche-Comté, Normandie, Hauts-de-France et Grand Est). Seules la Bretagne, la Nouvelle-Aquitaine et l’Occitanie enregistrent des productions « globalement dans la norme », ce qui n’exclut pas localement un « déficit faible, voire important ». En cumul depuis le début de la campagne, la part de pousse annuelle « se dégrade » donc en juillet : « elle atteint 65 % au 20 août, contre 83 % habituellement à la même période ». Un retard qui touche toutes les régions, sauf Paca.