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Un mois de juin (presque) conforme aux normales de saison

La pluie a fait son retour en juin et les températures ont été proches des moyennes de saison, à + 0,3 °C. Un mois presque normal donc, qui reste néanmoins le treizième d’affilée plus chaud que la moyenne.
Un mois de juin  (presque) conforme  aux normales de saison

Aurait-il fait plus frais en juin ? C'est ce que l'on aurait pu croire. Pourtant, le mois de juin a tout simplement affiché des températures proches des moyennes de référence (de 1981-2010), voire très légèrement au-dessus. La température moyenne du mois s'est en effet établie à 18,8 °C sur l'ensemble du pays, soit + 0,3 °C par rapport aux normales. Cela en fait tout de même le treizième mois plus chaud que la moyenne, ce qui reste totalement inédit, confirme la Chaîne Météo dans son bilan climatique pour juin.
« Cette moyenne masque un contraste entre les deux premières décades assez fraîches et la dernière décade touchée par un pic de chaleur », précise pour sa part Agreste dans sa dernière note mensuelle de climatologie le 9 juillet. Globalement, les températures ont été plus basses que la normale dans le Centre-Est, les Pyrénées ou sur les Alpes, mais plus élevées dans le Nord-Ouest. Et en fin de mois, les 24 et 25 juin, l'Hexagone a connu de très fortes chaleurs, avec des températures supérieures à 35 °C.

Des pluies excédentaires de 30 %

Côté pluviométrie, la situation est là aussi contrastée : si l'Ouest et le Sud ont été bien arrosés, le Nord de la Seine a été déficitaire. Globalement, sur l'ensemble de la France, les précipitations ont été supérieures de 30 % aux volumes habituels, ce qui a été plutôt bienvenu après plusieurs mois successifs où l'on a manqué d'eau. L'indice d'humidité des sols au 1er juillet reste, pourtant, déficitaire, et ce « sur la majorité du territoire, particulièrement dans le département de la Seine-Maritime, mais excédentaire sur une bande allant de la Bretagne aux Alpes-Maritimes », constate Agreste.
Outre les fortes chaleurs en fin de mois, juin a été marqué par plusieurs événements climatiques, dont certains assez violents. Le 3 juin, des orages ont traversé le pays, avec des cumuls de pluie importants par endroits. 1743 impacts de foudre ont été relevés ce jour-là en Auvergne-Rhône-Alpes et 1073 en Bourgogne-Franche-Comté. Les 11 et 12 juin, un épisode cévenol, inhabituel pour un mois de juin, a touché le Massif central et le quart Sud-Est. Les cumuls de pluie ont dépassé les 150 mm.

« Dans les clous »

Pour les départements de l'Ain, de l'Ardèche, de la Drôme, de l'Isère, du Jura, de la Loire, du Rhône, de la Saône-et-Loire et des Savoie, le mois de juin se situe (enfin) « dans les clous », avec des températures conformes à la saison. Comme partout en France, le début de mois a été plutôt frais, puis il a fait chaud en fin de mois. Le 24 juin, le thermomètre a atteint 33,5 °C à Lyon, 33,1 °C à Montélimar et près de 33 °C à Saint-Étienne ou encore Mâcon. Soulagement du côté des précipitations : elles sont excédentaires sur tous ces départements, avec une moyenne de + 35 %. Il a bien plu du côté de Chambéry (+ 57 %), Saint-Étienne (+ 55 %) ou encore Lyon (+ 54 %). Les relevés de la station Météo France d'Ambérieu affichent, en revanche, un excédent de seulement 5 %. Malgré tout, le retour de la pluie en juin a été bienvenu pour les cultures.

Pousse de l'herbe en léger recul

Concernant la pousse de l'herbe, « les régions Hauts-de-France et Grand Est, fortement touchées par le manque de précipitations durant ce printemps, présentent un déficit relativement marqué », observe le ministère de l'Agriculture dans sa note de conjoncture Prairies du 30 juin. Les Hauts-de-France présentent, au 20 juin, un indicateur de rendement des prairies permanentes Isop de 67 et le Grand-Est de 77. À l'inverse, les régions Occitanie, Nouvelle-Aquitaine, et surtout Paca, bien arrosées durant la première quinzaine de juin, ont une production cumulée excédentaire. La région Auvergne-Rhône-Alpes est, quant à elle, légèrement excédentaire, quand en Bourgogne-Franche-Comté, le rendement des prairies permanentes affichait un indicateur Isop au 20 juin aux alentours de 90.
« 98% de la production annuelle de référence est déjà atteinte en Paca, soit près de 20 points de plus qu'habituellement à cette date », illustre la note. Ainsi, au niveau national, la pousse cumulée des prairies permanentes reste dans la norme, avec seulement un léger recul (- 3 %) par rapport à la pousse de référence à la même période. Et finalement, malgré de fortes disparités régionales, la part de pousse réalisée au 20 juin représente 64 % de la pousse annuelle, contre 65 % pour celle de référence à la même période. 
Sébastien Duperay (avec Agra)