Un bilan attractif pour l’olive de Nyons et des Baronnies
Le syndicat de l’Olive de Nyons et des Baronnies a connu en 2024-2025 deux évènements marquants avec la disparition de Jean-Pierre Jourdan et la nomination d'un nouveau président Maxime Laurent. Des évènements vécus néanmoins dans un contexte professionnel positif permettant à l’oléiculture de se distinguer.
Près d'une centaine d'oléiculteurs sur les 689 adhérents de la zone de production AOP ont participé mardi 28 octobre à Buis-les-Baronnies à l'assemblée générale statutaire du syndicat interprofessionnel de défense et de gestion de l'olive de Nyons et des Baronnies, le syndicat de la Tanche. Étaient présents Sébastien Bernard, maire de Buis-les-Baronnies, Serge Roux, maire de Piégon, Patricia Gielly maire de Curnier, Christelle Ruysschaert maire de Saint-Sauveur-Gouvernet, Christian Teulade président de l’Office de tourisme des Baronnies, Patrick Floret président de l’Institut du monde de l’olivier et Yves Guillaumin, directeur de France Olive.
Le président Maxime Laurent, succédant aux quinze années consacrées par Patrick Floret au syndicat a invité le public à partager une minute d’applaudissements pour rendre hommage également à Jean-Pierre Jourdan, l’un des plus grands acteurs de la filière et de l’histoire de l’oléiculture nyonsaise.
Une filière dynamique
Le rapport moral a été lu par le président Maxime Laurent annonçant que la saison 2024-2025 était une année d’alternance avec une récolte moyenne. Les chiffres sont moins flatteurs que la récolte précédente, avec 274 tonnes d’huile contre les 457 tonnes précédentes et 435 tonnes d’olives contre les 741 tonnes auparavant. « Mais la qualité était au rendez-vous, avec des olives de bouche bien saines et des huiles très typiques de l’appellation » a t-il ajouté. Les ventes se portent bien, la demande est soutenue et la nouvelle récolte est attendue avec impatience devant des stocks au plus bas. La filière oléicole continue à attirer. De nouvelles plantations voient le jour se traduisant par la création d’une quarantaine d’hectares supplémentaires l’an passé. Un phénomène traduisant le malaise agricole dans les autres filières locales que sont l’arboriculture et la viticulture. Une question surgit alors « Il nous faudra être vigilants et réfléchir à écouler et valoriser au mieux ces volumes à venir », a précisé Maxime Laurent.
Une agriculture très technique
La filière oléicole du Nyonsais et des Baronnies se porte plutôt bien. Un impératif, rester vigilant en veillant à la qualité irréprochable des huiles et olives de Nyons. Les défis climatiques, sociétaux et environnementaux vont demander à être plus précis dans la fertilisation, dans la protection phytosanitaire avec moins d’intrants et d’engrais chimiques mais avec des certifications haute valeur environnementale (HVE) ou bio sans oublier que l’irrigation est une des réponses aux enjeux climatiques. Des modifications visant à faire évoluer le cahier des charges ont été menées. Pilotées par l’INAO, elles visent à l’adapter aux réalités actuelles tout en préservant la qualité et l’identité des produits.
Maturité et dates de l’olivaison
Les premiers tests de maturité réalisés sur trois sites historiques de Buis, Nyons et Venterol annoncent une maturité aromatique avancée, une lipogénèse achevée, une amertume et ardence dans la moyenne avec la typicité prévue dans le cahier des charges atteinte. Des résultats qui encouragent à une récolte de bonne heure pour l’huile d’olive. Le conseil d’administration a fixé le ban de l’olivaison le lundi 3 novembre pour les olives à huile et le lundi 1er décembre pour les olives de conserve. La récolte à venir s’annonce généreuse avec des fruits de gros calibres.
Une production compétitive
Amélie Genay de l’INAO à Valence a fait le point sur l’évolution du cahier des charges et les modifications amenées. Alexandra Paris, directrice communication et économie à France Olive a quant à elle abordé les prix des différentes huiles françaises AOP. L’huile de Nyons AOP reste la plus compétitive dans le domaine français. Le rapport financier effectué par Sébastien Pelizzoni, expert-comptable, a présenté un solde créditeur de 73 euros sur un volume recettes/dépenses de 241 200 euros.
J.M. P.
L’événementiel comme axe de promotion
La promotion et la communication font partie des missions de l’organisme de défense et de gestion (ODG) qui se charge de conforter l’image et la notoriété de ses produits d’excellence, dotés d’une typicité et d’une identité forte. Le syndicat a été présent sur de nombreux évènements, Justine Walczak les a énumérés : parmi ceux-ci, à Nyons la fête de l’Olive Piquée en décembre, l’Olive et l’Huile en Fête à Buis en janvier et la participation au Sirha à Lyon avec la présentation de la pâte de fruit à l’olive, en février le Salon de l’Agriculture à Paris et le Concours général agricole, en mai la dégustation du millésime à Piégon et la fête de la Fleur d’Olivier. En juillet, l’Opération origine à Buis et à Nyons puis l’Itinéraire Gourmand sur le marché de Nyons, le festival des AOP et la mise à l’honneur de l’IGP Abricot des Baronnies. En août et en octobre, la fête du Vin et des Olives à Mirabel-aux-Baronnies et la participation aux Vendanges de Montmartre clôturaient la saison.