Cap sur des priorités territoriales
Parmi les comités d'actions et de projets (Cap) initiés par la chambre d'agriculture de la Drôme (voir en page 3 de l'Agriculture Drômoise du 26 février), deux ont fait l'objet d'une réunion, le 3 mars à Saint-Donat-sur-l'Herbasse. Il s'agit des Cap Drôme des collines et Royans Vercors Bourg-de-Péage. Près de 100 agriculteurs et élus ont assisté à cette rencontre.
Jean-Pierre Royannez (vice-président de la chambre d'agriculture et élu référent de son antenne romanaise), Céline Ferlay et Corinne Deygas (responsables du Cap de la Drôme des collines) et Thierry Ageron (responsable de celui de Royans Vercors Bourg-de-Péage) se sont relayés pour présenter le travail entrepris dans le cadre de ces deux Cap. Sont également intervenus Henri Fèche (sous-directeur de la chambre d'agriculture) et Jean-Pierre Manteaux (conseiller coordinateur de l'antenne de Romans et animateur des deux Cap). En outre, les conseillers de cette antenne et leurs domaines d'intervention ont été présentés.
Le travail des Cap a commencé par un diagnostic de leurs territoires : exploitations agricoles, filières, dynamique, faiblesses, besoins... De là, des enjeux agricoles ont été dégagés. En partant de ceux-ci, les deux Cap ont réfléchi aux actions à initier ou renforcer à l'avenir et défini des priorités. Les thèmes qu'ils ont abordés sont en lien avec les collectivités (Clit1, aires phytosanitaires), des programmes (Tepos2, Leader3, PAEC4) et les filières de production (voir article encadré ci-dessous).
Avec les collectivités
A la demande des collectivités, un travail se met en place avec le Clit Vercors (coordination avec celui du Royans) concernant l'installation et la transmission. La chambre d'agriculture, l'Apap5 et le Parc du Vercors se sont rencontrés. Une étude sur le potentiel d'installation en élevage (dont le lait) est réalisée. Et une action installation (Psader6-conseil général) est proposée sur les attentes des laiteries, le potentiel économique des systèmes drômois, les futurs cédants.
Pour les aires phytosanitaires, des communes sont maîtres d'ouvrage et propriétaires des terrains. Réunis en association, les agriculteurs utilisateurs sont locataires et gèrent le fonctionnement de l'équipement. La chambre d'agriculture accompagne quatre groupes ayant un tel projet en Drôme des collines. Un est en construction à Triors. Et trois autres, à Saint Sorlin, Mureils, Anneyron, peinent à trouver des terrains pour accueillir une aire. L'appui des maires et communautés de communes a été sollicité, à la réunion de Saint Donat.
Dans le projet Tepos - visant à réduire la consommation d'énergie et couvrir des besoins en énergies renouvelables - la communauté d'agglomération du pays de Romans (CAPR) était partante. Ce projet comportant un volet agricole, le Cap a défini des priorités et participé à des réunions de travail avec la CAPR. Après les élections municipales de 2014, la communauté d'agglomération Valence Romans Sud Rhône-Alpes a repris le dossier. De ce fait, le territoire initial a changé.

Sur les programmes
En Drôme des collines, un programme Leader est en place. Sur celui-ci, qui positionne les activités agricoles dans les priorités, deux axes ont été retenus : la vitalité sociale des territoires ruraux et la stratégie alimentaire. Concernant le premier, le Cap propose de travailler sur l'installation et la transmission, la valorisation des productions et savoir-faire (notamment en arboriculture), le développement de la filière nucicole mais aussi de conforter l'irrigation. Pour le deuxième axe, le développement des circuits courts est ciblé : points de vente (collectifs ou individuels), marchés de producteurs, mise en place d'outils collectifs de transformation, d'abattage et de découpe, agritourisme.
Côté PAEC, pour le Vercors-Royans, le dossier est piloté par le Parc. Concernant la Drôme des collines et Bourg-de-Péage, il n'en a pas été déposé en 2014. Pour la première, cela devrait se faire cette année (pilotage par le syndicat mixte). Comme l'a fait remarquer Jean-Pierre Royannez, sans PAEC, les agriculteurs de la zone ne peuvent signer de MAEC (7). C'est pourquoi il a insisté sur la nécessité de réagir rapidement. Moyen d'améliorer l'autonomie alimentaire des élevages, la diversification des assolements et des rations est un autre thème abordé par les deux Cap en lien avec les programmes. Ils proposent des journées de diffusion de références et des visites de fermes innovantes, actions financées par le Psader.
Du côté des élus, à cette réunion de Saint Donat, Claude Chovin (maire de Marches) a considéré cette démarche Cap en lien avec le territoire et les collectivités locales « intéressante et à poursuivre ». Il a aussi dit avoir découvert l'intérêt des PAEC. A leur propos, il a précisé : « J'interviendrai auprès du syndicat mixte et de l'agglo pour que les agriculteurs puissent en profiter ».
Annie Laurie
(1) Clit : comité local d'installation et de transmission.
(2) Tepos : territoire à énergie positive.
(3) Leader : liaison entre actions de développement de l'économie rurale.
(4) PAEC : projet agro-environnemental et climatique.
(5) Apap : association pour la promotion des agriculteurs du Parc du Vercors.
(6) Psader : projet stratégique agricole et de développement rural.
(7) MAEC : mesure agro-environnementale et climatique.
Filières / Les Cap Drôme des collines et Royans Vercors Bourg-de-Péage ont dégagé des priorités d'action pour les production de leurs territoires, en plus de celles liées aux collectivités et aux programmes.
La réflexion des Cap sur les productions
Dans la filière semences, des demandes de création de zones protégées ont émergé sur les secteurs de Bourg-de-Péage et Saint Donat. Les surfaces n'étant pas suffisantes, les Cap ont mis ce thème de côté thème, pour le moment. En termes d'irrigation, ils ont relevé deux points. Les réseaux existants sont à conforter avec stockage hivernal (pour les grandes cultures, semences, et l'arboriculture). Et la petite irrigation doit pouvoir se développer afin de sécuriser l'élevage ainsi que la production de noix.
Pour l'horticulture (confrontée à des difficultés économiques), les Cap estiment que les communes feraient une bonne action en se fournissaient auprès d'entreprises locales. Ce sujet a été évoqué mais pas encore traité. Il en est un autre : les circuits courts manquent de fromages fermiers au lait de vache ainsi qu'en volailles fermières et festives. Reste à étudier, donc, comment favoriser le développement des ateliers existants et la création d'autres.
Deux autres filières offrent des possibilités de développement : le lait de chèvre et la noix. A la première a été consacrée une réunion spécifique, ce mardi à Rochefort-Samson (à lire dans notre prochaine édition). Et une autre sera dédiée à la seconde, le 19 mars à Hostun.
A.L.