La Cave de Tain, entre morosité, espoir et détermination
Lors de son assemblée générale organisée lundi 17 novembre, la Cave de Tain est notamment revenue sur la baisse de production due aux aléas climatiques. Pour le collectif, « 2026 doit être une année de rebond ».
Dans un contexte de replis de la consommation de vin, d’une concurrence exacerbée et de fléchissements de ses ventes (-18,8 % de baisse du chiffre d’affaires), la Cave de Tain a tenu lundi 17 novembre son assemblée générale sous la présidence de Claude Laÿs. Le président a rappelé l’importance de la cave avec ses 247 associés et a présenté le rapport moral avec un point sur le contexte entourant ce millésime 2025 : « Nous devons sans cesse nous adapter à des conditions climatiques qui se complexifient d’année en année. Les vignerons sont en première ligne face aux effets du dérèglement climatique. » Et de rappeler les épisodes de grêle, deux épisodes de canicule avec des températures allant jusqu’a quarante degrés, des vendanges précoces ayant eu lieu du 22 août au 17 septembre. Conséquence de ces aléas : une baisse de la production de 19 % à 41 000 hl.
L’accompagnement technique reconduit
La Cave de Tain refuse de céder à la négativité. Claude Laÿs s’est réjoui d’un « millésime très qualitatif avec des blancs d’une belle intensité aromatique et des rouges aux bouches denses, aux tannins soyeux avec un excellent potentiel de garde. » Dans ce contexte, le président a confirmé « la reconduction de l’accompagnement technique sur toutes les Unités Culturales de nos adhérents qui conditionne une partie de la rémunération dans le cadre de la charte vignoble et du lancement du dispositif "Jeunes vignes", permettant de vinifier ces parcelles de moins de dix ans lors de journées dédiées. » Le contexte économique c’est aussi « une crise profonde que traverse la filière viticole dont les causes sont multiples : un changement dans les habitudes de consommation, surproduction chronique, des marchés exports qui se referment … Mais notre petit secteur des crus des Côtes-du-Rhône septentrionaux se porte plutôt mieux. Aujourd’hui, le contexte commercial nous rattrape et nous oblige à être vigilant. Nous devrons collectivement nous préparer à affronter ce contexte plus tendu ».
On peut rajouter au contexte de consommation la montée régulière de la consommation de bière, particulièrement chez les jeunes, et celle de vins effervescents en provenance d’Italie à des prix attractifs. Conséquence de ces changements des habitudes, l’arrachage de 30 000 ha de vignes pour essayer d’enrayer la surproduction. Ce qui à terme pourrait se révéler « dangereux ». La solution étant le renforcement des ventes et non la baisse de production. Le président a conclu son intervention par ces mots : « Tous ces efforts que nous nous imposons sont faits dans un seul objectif, celui de la qualité et de l’excellence de nos produits, pour que nous soyons fiers de nos vins, fiers de notre travail, et fiers d’être adhérents de la Cave de Tain. »
Perspectives d’avenir
Ludovic Beau, directeur général de la Cave de Tain, a expliqué les enjeux à venir. « Dans le contexte difficile que connaît actuellement la filière viticole, elle doit s’adapter à un changement majeur avec l’évolution des attentes de nos consommateurs. » Il a aussi rappelé que « dans un secteur dominé par les traditions, il est important d’innover, de viser toujours la qualité et la bonne gestion. Nous avons transformé nos priorités d’actions en priorités stratégiques pour 2025-2026, avec des objectifs simples tels que l’excellence produits et des gammes ciblées, l’efficience dans tous nos process, la discipline financière ». Pour 2026, la cave doit retrouver une trajectoire de croissance et consolider ses marques.
Et de conclure : « 2026 doit être une année de rebond, mais aussi de transformation durable. Une année où nous remettrons la coopération au cœur de notre modèle, avec une gouvernance claire que vos administrateurs ont érigée. La situation actuelle, bien que complexe, offre des perspectives pour renforcer la Cave de Tain et en faire un acteur incontournable d’une viticulture durable et solidaire. Ensemble, en unissant nos forces et en innovant, nous avons la possibilité de transformer ces défis en leviers de croissance. » L’assemblée générale s’est terminée par l’élection pour le renouvellement partiel des administrateurs sortants. Ont été élus : Henri Fraisse, Sébastien Lionneton, Nicolas Flandin, Nicolas Machon, Julien Armand et Alain Blaise.
G.B