Des cuma à la pointe de l'innovation...
Promouvoir des solutions collectives en agriculture, donc l'achat de matériels et l'organisation en commun, telle est la vocation de la fédération départementale des cuma de la Drôme. Au nombre de 88 dans le département, ces coopératives d'utilisation de matériels agricoles rassemblent autour de 2 500 adhérents. L'assemblée générale de leur fédération, le 20 février à Saint Sorlin-en-Valloire, avait pour thème l'épandage d'engrais avec le matériel de précision : une piste pour réduire les intrants » (voir encadré). Ce jour-là, son président, Jean-Pierre Feschet, a confié : « Les cuma ont toujours été à la pointe de l'innovation, avec du matériel performant permettant de réduire les charges d'exploitation. Dans un contexte d'exigences grandissantes de la société, nos groupes ont toute leur pertinence. Je pense que les cuma auront toute leur place dans l'agriculture de demain ». Elu chambre d'agriculture, Frédéric Lérat a lui aussi souligné l'intérêt des cuma.
Les cuma investissent
En 2014, à elles toutes, les cuma de la Drôme ont investi 220 300 euros (hors taxes) dans de nouveaux matériels, un montant moins élevé que la moyenne 2008-2013 (qui est de 524 000 euros). Comme l'a fait observer l'animatrice de la fédération, Alima Camart, plusieurs cuma ont renouvelé du matériel sans recourir aux aides publiques (Région et Feader*), pour un total avoisinant le million d'euros. Et elle a aussi insisté sur le souhait de la fédération d'accompagner ses adhérents vers le renforcement des chaînes de mécanisation, voire leur évolution vers les cuma intégrales.

Réserver du matériel via internet
En termes d'actions permanentes, la fédération apporte un appui (administratif, réglementaire...) aux cuma dans leur vie courante. Nouveauté en termes de gestion, un service internet a été mis en place pour la réservation de matériels en ligne afin faciliter la tâche des responsables de cuma (cuma@genda). Chaque adhérent peut, ainsi, accéder aux plannings des matériels. Par ailleurs, la FD accompagne les membres des cuma dans l'évaluation de leur coût de mécanisation. Elle propose aussi des études de mécanisation pour des groupes voulant réfléchir une organisation autour d'un tracteur. En 2014, deux études ont abouti à l'acquisition de trois tracteurs en cuma. A noter également, deux hangars à matériel ont vu le jour, grâce à l'appel à projet « bâtiment en cuma » de la Région.
Des journées techniques
La FD Cuma est aussi à l'initiative de journées techniques. En 2014, six jours ont été consacrées au banc d'essai tracteur. 40 agriculteurs y ont fait diagnostiquer le réglage du moteur de leur tracteur afin d'en connaître la puissance développée et la consommation. Elle ont été couplées à une formation à l'éco-conduite. « Le banc d'essai et cette formation sont ouverts à tous les agriculteurs, pas seulement aux cumistes », a précisé le président. La fédération entend poursuivre cette action dont l'enjeu est à la fois économique et environnemental. En effet, le gasoil consommé par les tracteurs constitue plus de la moitié de l'énergie directe dépensée dans les exploitations agricoles. On considère qu'un tracteur de 100 chevaux utilisé 600 heures par an peut réduire sa consommation annuelle de fioul de 900 litres avec un réglage adéquat.
Toujours en 2014, la FD Cuma a organisé une rencontre sur le photovoltaïque en agriculture, à l'occasion de l'inauguration du bâtiment de la cuma Auriples-La Répara. Elle s'est aussi investie dans une journée de démonstration de matériel de désherbage mécanique avec assistance par GPS à la ferme expérimentale d'Etoile en partenariat avec la chambre d'agriculture, Arvalis, le Cetiom, l'Anamso, le SPSMS, la Fnams, l'AGFEE et les cuma locales.
Mais ce n'est pas tout, un chantier de régionalisation s'est ouvert au sein du réseau des cuma. « Je pense, a observé Jean-Pierre Feschet à ce propos, que c'est un moyen de mieux rationaliser les coûts, d'être efficaces et d'apporter un service pertinent aux adhérents ». Et Eric Magnet, premier vice-président de la FD Cuma, a ajouté : « Il faut préparer l'avenir ».
Annie Laurie
* Feader : fonds européen agricole pour le développement rural.
A l'assemblée de la fédération départementale des cuma (de droite à gauche), son président Jean-Pierre Feschet, son vice-président Eric Magnet et la présidente de la fédération régionale, Isabelle Costa Roch, ont évoqué le projet de régionalisation du réseau.