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Viticulture

Des vignerons indépendants impliqués

Avec leur fédération nationale, les vignerons indépendants de la Drôme mènent des actions de lobbying et de communication, notamment.
Des vignerons indépendants impliqués

« La météo nous a fait peur mais grâce au savoir-faire vigneron, la récolte a été proche des rendements maximums », a indiqué Sylvie Chevrol, en ouverture de l'assemblée générale de la fédération des vignerons indépendants de la Drôme, qu'elle préside. Avec de bons volumes et des prix bien orientés, la situation est favorable. Cependant, « chaque année est un vrai challenge », a tempéré la présidente, le 23 mars au domaine de Montine à Grignan. Par ailleurs, elle a recommandé aux adhérents de s'engager dans la certification HVE (haute valeur environnementale), « un moyen de valoriser le travail », a-t-elle indiqué. Et alors que la fédération des vignerons indépendants de France a lancé un site marchand sur internet, avec déjà 1 200 vins en ligne, elle les a également invités à s'impliquer dans cet « univers numérique si prometteur».

Projet de loi santé

Sylvie Chevrol, présidente de la fédération des vignerons indépendants de la Drôme, entourée de Sylvie Darves, directrice, et Thomas Montagne, président des vignerons indépendants de France.

Dans le cadre des débats du projet de loi santé, un amendement de la commission des affaires sociales de l'Assemblée nationale inquiète la profession. S'il devait être maintenu, il confierait la définition du message de prévention contre l'abus d'alcool à un arrêté ministériel (au lieu du législateur comme aujourd'hui). Les vignerons craignent qu'à la politique de modération succède une logique d'interdit en matière de consommation d'alcool. Face au risque de « stigmatisation dès le premier verre », ils se mobilisent pour convaincre les députés de faire marche arrière en deuxième lecture du projet de loi. La fédération drômoise a décidé de relayer cette démarche. Par contre, un amendement clarifiant la loi Evin est, lui, jugé positif dans la mesure où il éviterait qu'un contenu journalistique, culturel ou artistique puisse être assimilé à de la publicité.
S'agissant du salon Vinisud, qui se tient tous les deux ans à Montpellier, son projet d'ouverture à d'autres régions viticoles (Bordeaux, Californie...) que celles de l'arc méditerranéen fait bondir les vignerons du sud de la France. « C'est le meilleur moyen de casser une dynamique pour les vins méditerranéens », s'est emportée Sylvie Chevrol. Un courrier de désapprobation a été adressé aux responsables de Vinisud.

Les DRM dématérialisées

Thomas Montagne, président des vignerons indépendants de France.

Dans son intervention, le responsable du service des Douanes a annoncé la dématérialisation des DRM (déclarations récapitulatives mensuelles). Tous les secteurs soumis à droit d'accises seront concernés, à commencer par celui des vins, normalement dès la prochaine récolte.
Thomas Montagne, président des Vignerons indépendants de France, exploitant dans le Lubéron, a mis l'accent sur les actions de lobbying de la fédération.« Nous agissons pour améliorer l'environnement réglementaire et économique de nos entreprises, a-t-il indiqué. Au sein de FranceAgriMer, nous avons orienté certains budgets vers l'investissement (restructuration du vignoble, aide aux vignes en terrasse...) plutôt que vers la communication. »
S'agissant du nouveau régime d'autorisation des plantations de vignes (lire L'Agriculture Drômoise du 19 mars en page 4), « c'est une réforme complexe, a confié Thomas Montagne, compte tenu des garde-fous souhaités par la profession ». Sur le projet de loi santé, il s'est également inquiété d'un possible durcissement de la loi Evin (lire plus haut). Par ailleurs, face à l'imbroglio fiscal lié à la vente à distance de vins, la confédération européenne des vignerons indépendants (Cevi) mène une action auprès de la Commission de Bruxelles. « Vendre en France jusqu'à 120 bouteilles de vins à un citoyen d'un Etat européen est admis. Mais si ce même citoyen, par exemple un Belge, veut commander depuis son pays 36 bouteilles, tout se complexifie », a expliqué Thomas Montagne. Les vignerons indépendants de France ont sollicité les Douanes françaises pour que, dans un premier temps, soient formalisés des accords bilatéraux avec les pays du Bénélux.

La plus grosse cave en ligne

Thomas Montagne a également évoqué le site marchand des vignerons indépendants. « Nous y mettons beaucoup d'espoir, a-t-il confié. C'est aujourd'hui la plus grosse cave en ligne ». 1,5 million d'euros ont été investis dans ce site internet. Par ailleurs, il a confirmé le lancement d'un salon « bio et HVE ». « Nous sommes moteurs sur la haute valeur environnementale, a-t-il indiqué. Tout le monde peut aller dans cette voie, qui répond à la demande des consommateurs et permet d'anticiper de probables difficultés sur les pesticides et le vin. » Il a aussi évoqué l'évènement « le goût des champs », qui aura prochainement lieu sur les champs Elysées à Paris. Moyennant la location d'un espace, les vignerons pourront proposer leurs vins à la vente. Enfin, la réussite du concours des vins organisé par la fédération nationale a été soulignée (5 472 échantillons dégustés cette année, 1 528 médailles attribuées). De même que l'importance de faire apparaître clairement et constamment le logo identifiant les vignerons indépendants.

Christophe Ledoux

Un troisième Crof

Le deuxième contrat régional d'objectifs de filière (Crof) viticole se termine à la fin de l'année. Diverses aides, individuelles et collectives, sont encore accessibles. « Profitez-en », a lancé aux vignerons indépendants de la Drôme Patricia Picard, déléguée générale du comité vin de Rhône-Alpes. A compter du 1er janvier, un troisième Crof prendra le relais de l'actuel et du Pida1. Cinq grands thèmes d'actions ont été définis. Ils porteront sur la pérennité de la viticulture en coteaux et terrasses, l'œnotourisme, le développement des marchés (notamment à l'export), la notoriété des vins à Lyon et l'animation.
S'agissant du plan de compétitivité (qui succède au PVE2), « la viticulture est concernée », a ajouté Patricia Picard. Il s'agira, selon la formulation retenue, d'aides aux investissements productifs individuels de réduction des pressions environnementales, bio ou non bio.
C. L.
1 Pida : programme intégré de développement agricole.
2 PVE : plan végétal pour l'environnement.