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Feux de forêt

Dans l’Aude, le massif des Corbières ravagé par un incendie historique

Selon le ministère de la Transition écologique, l'incendie dans le massif des Corbières est le « deuxième feu le plus important de ces 50 dernières années, représentant à lui seul l’équivalent de l’intégralité des hectares qui ont brûlé respectivement en 2019, 2020, 2021 et 2024 ». Des exploitations agricoles sont également dévastées.

Dans l’Aude, le massif des Corbières ravagé par un incendie historique
©Actuagri - Capture X
Des agriculteurs et viticulteurs ont été également durement touchés par cet incendie.

Dans la soirée du 6 août, le massif des Corbières (Aude) était toujours en proie à ce qui constitue déjà le plus important incendie de l’été. D’après l’AFP, le feu a parcouru 16 000 ha de garrigue et de résineux sur 15 communes, détruit ou endommagé 25 habitations, ainsi que 35 véhicules, selon un bilan provisoire. «

Le 6 août, la situation était toujours défavorable » en raison de la sécheresse, de la chaleur et du vent fort, a indiqué la secrétaire générale de la préfecture de l'Aude, Lucie Roesch, à l'AFP. Le vent a changé de direction dans l’après-midi du 6 août et « l'incendie va vers des zones boisées assez inaccessibles ».

La préfecture a comptabilisé 13 blessés (dont un grave), une personne morte et une autre disparue. D’après le ministère de la Transition écologique, cet incendie est le « deuxième feu le plus important de ces 50 dernières années » : « Il représente à lui seul l’équivalent de l’intégralité des hectares qui ont brûlé respectivement en 2019, 2020, 2021 et 2024 ».

Dans un communiqué, la FNSEA a fait part de « son profond soutien aux sapeurs-pompiers, aux forces de sécurité, à tous les intervenants mobilisés, ainsi qu’aux élus et aux habitants », tout en exprimant « sa solidarité aux agriculteurs et viticulteurs durement touchés ». « Le feu a frappé au cœur de leur outil de travail : leur terre… Depuis des années, nous alertons sur la nécessité de renforcer la prévention des risques. Il est impératif de mettre en place un véritable plan de gestion et de stockage de l'eau et de maintenir nos productions agricoles, tout particulièrement la vigne, qui sont essentiels à la bonne santé de nos paysages et de notre économie locale », a déclaré le premier vice-président de la FNSEA, Jérôme Despey.

Après le Premier ministre le 6 août, la ministre de l'Agriculture « se rendra sur place dans les prochains jours afin d’échanger directement avec les viticulteurs touchés », a annoncé son cabinet à la presse.

Ce jeudi 7 août, l'incendie a été stabilisé et contenu en lisière. Les pompiers redoutent toutefois une reprise avec des rafales de vent pouvant aller jusqu'à 40 km/h dans l'après-midi.

La gendarmerie nationale a annoncé l’ouverture de deux enquêtes.

Dans l'Aude, le feu a ravagé au moins 900 ha de vignes

Alors que l’incendie historique qui ravage le massif des Corbières a été « fixé » (stabilisé) jeudi 7 août vers 20 h, le préfet de l’Aude Christian Pouget a indiqué lors d’un point presse que « 800 à 900 hectares de vignes [sont] dans le périmètre du feu ». L’incendie a parcouru en tout 17 000 ha, surtout de la forêt.

À Saint-Laurent-de-la-Cabrerisse, commune la plus touchée, « nous avons 600 hectares de vignes qui ne feront pas de vin », a indiqué le maire Xavier de Volontat lors de la visite de François Bayrou le 6 août. Interrogé par l’AFP, le directeur de la cave coopérative Le cellier des demoiselles, Anael Payrou, estime que « 80 % des vignes sont totalement ou partiellement brûlées » dans les trois principales communes qui alimentent la cave (Saint-Laurent-de-la-Cabrerisse, Tournissan et Coustouge).

Selon la Draaf, l’Aude, deuxième département viticole d’Occitanie, compte plus de 62 000 ha de vignes en production, dont 8 300 ha pour l’AOP corbières (chiffres 2023). Sur la radio publique Ici le 7 août, le président des JA d’Occitanie Pierre Hylari estime que « le meilleur des Canadair, c'était la vigne », alors que les surfaces viticoles sont en recul structurel, en particulier dans le sud.

Actuagri