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MSA Ardèche-Drôme-Loire

Henry Jouve, réélu président de la MSA

Après les élections de janvier, les 780 délégués cantonaux de la MSA Ardèche-Drôme-Loire, réunis à Valence le 2 avril, ont voté pour élire une nouvelle équipe de trente administrateurs, en place jusqu'en 2020. A sa tête, Henry Jouve, réélu président, et Raymond Martel, vice-président.
Henry Jouve, réélu président de la MSA

Henry Jouve, vous venez d'être réélu président de la MSA Ardèche-Drôme-Loire. Pouvez-vous nous rappeler votre parcours ?

Henry Jouve : « J'ai 59 ans, suis marié et père de quatre enfants. J'élève des vaches allaitantes en Gaec à Saint-Agrève (Ardèche). Je travaille avec le même associé depuis 1982. De 1986 à 1990, j'ai été secrétaire général puis président du centre national des jeunes agriculteurs (CNJA). J'ai d'ailleurs présidé la Grande moisson sur les Champs Elysées, en 1990. Pendant dix ans, à la demande de Raymond Lacombe, ancien président de la FNSEA, j'ai ensuite présidé l'association Afdi (agriculteurs français et développement international). Mon mandat d'administrateur à la MSA de l'Ardèche a débuté en 1993. J'ai ensuite été élu administrateur de la caisse centrale, président de l'Aromsa(1) et de la fédération des MSA Ardèche-Loire. En 2010, j'ai été élu président de la nouvelle caisse de MSA Ardèche-Drôme-Loire. »

Quel bilan faites-vous de votre premier mandat de cinq ans ?

H. J. : « Nous avons élargi le faisceau de la MSA. En créant la structure MSA Services, nous avons affirmé nos compétences en ingénierie sociale auprès des collectivités locales. Ont ainsi pu émerger des projets médico-sociaux comme les maisons de santé ou les maisons d'accueil rural pour personnes âgées (Marpa). De plus, nous avons investi le domaine de la formation pour faire de la prévention au sens large. Enfin, nous avons développé la téléassistance par géolocalisation pour les personnes âgées et les travailleurs isolés. »

La caisse a été restructurée.

H. J. : « Effectivement, cela a été un grand chantier, mené sans conflit social. Nous avons su nous mobiliser pour garder et entretenir la proximité via nos trois comités départementaux (lire ci-dessous). Nous avons aussi su résister et imposer le modèle MSA, avec son guichet unique. Ainsi, lorsqu'il a été question de transférer la gestion des allocations familiales aux Caf(2), les pouvoirs publics ont rebroussé chemin compte tenu de notre gestion économe. La MSA a fait ses preuves. »

Au-delà d'une bonne gestion, quel intérêt y a-t-il à maintenir des caisses de MSA ?

H. J. : « La singularité de la MSA, c'est d'avoir des responsables élus. 780 délégués cantonaux représentent les adhérents sur l'Ardèche, la Drôme et la Loire, qu'ils soient exploitants agricoles, salariés, employeurs de main-d'œuvre ou retraités. Cela permet de très bien connaître ce qui se passe sur le terrain. En cas de crises par exemple, et avec l'accord des pouvoirs publics, nous pouvons mettre en place des mesures d'accompagnement ciblées comme des étalements ou des prises en charge de cotisations. A l'Urssaf, cela ne serait pas du tout possible. Ainsi, par sa singularité, la MSA correspond bien aux particularités du secteur agricole. »

Quel seront les objectifs du mandat 2015-2020 ?

H. J. : « Le nouveau conseil d'administration va renforcer ses actions envers les employeurs de main-d'œuvre. Face aux changements, toujours anxiogènes, il s'agira de les accompagner. Notamment lors de la mise en œuvre de la déclaration sociale nominative (DSN), qui sera une révolution, et du compte pénibilité, qui administrativement n'est pas un cadeau. Notre rôle sera de faciliter la tâche des employeurs, de leur donner plus de sérénité aussi vis-à-vis des contrôles imposés par les pouvoirs publics. Parmi les administrateurs de la caisse, il y a des employeurs qui vont fortement s'engager dans ce sens.
Ce nouveau mandat sera également consacré à rendre la MSA incontournable dans les territoires ruraux. Dès que les missions des conseils départementaux seront fixées, nous imposerons notre caisse comme interlocuteur des projets médico-sociaux en zones rurales.
Enfin, nous travaillerons aussi dans le cadre de l'inter-régimes, avec la Cpam(4), la Caf... pour mutualiser des actions de prévention. Il faut dire que beaucoup d'autres régimes envient notre organisation avec son réseau d'élus de proximité. »

Y aura-t-il une nouvelle fusion de caisses de MSA ?

H. J. : « Non, ce n'est pas prévu. La fusion Ardèche-Drôme-Loire est un vrai succès. Depuis 2010, nous avons su inculquer la culture, la connaissance et l'unité de nos trois départements. L'ambiance est extrêmement positive et ma réélection à la présidence, le 2 avril, s'est faite dans un fauteuil. Ce n'était pas le cas en 2010. La seule entité qui va évoluer est l'Aromsa, afin de se caler sur la nouvelle région Rhône-Alpes-Auvergne. »

Propos recueillis par Christophe Ledoux

(1) Aromsa : association régionale des organismes de MSA.
(2) Caf : caisse d'allocations familiales.
(3) Cpam : caisse primaire d'assurance maladie.

 

Raymond Martel /
Réélu 1er vice-président de la MSA

Raymond Martel, réélu 1er vice-président de la MSA Ardéche-Drôme-Loire.
Raymond Martel a fait toute sa carrière au sein des maisons familiales rurales, d'abord en tant que directeur avant de diriger la fédération des MFR de Drôme et Ardèche. Son premier mandat à la MSA date de 1990, en tant que représentant de l'Udaf*. Il siègera ensuite au sein du collège des salariés.
Le 2 avril, il a été réélu vice-président de la MSA Ardéche-Drôme-Loire. « Avec le président Henry Jouve, nous formons un binôme, explique-t-il. Je représente la composante des salariés du secteur agricole, issus de la production, des services et du commerce. » Les problématiques portent, entre autres, sur l'obligation de service public en matière de prévention des risques professionnels, la mise en œuvre des plans sécurité santé au travail (SST). Il s'agit, aussi, de prendre en compte certaines situations individuelles, notamment la précarité qui touche particulièrement les travailleurs occasionnels.
Par ailleurs, avec le président et le nouveau conseil d'administration, « nous allons continuer à œuvrer au développement du groupe MSA, au-delà des missions de services publics que sont la famille, la santé, les retraites et les cotisations, souligne Raymond Martel. Avec MSA Services et Présence verte, nous prenons en compte les besoins du terrain et ceux de nos ressortissants sur tous les territoires. »
C. L.

* Udaf : union départementale des associations familiales.