« Il faut oser aller à l’engagement »
La FDSEA de la Drôme a organisé son conseil départemental mercredi 19 novembre à Chabrillan. Parmi les sujets abordés, celui de l’engagement syndical et de la place de la femme en agriculture avec l’intervention de Catherine Faivre-Pierret, présidente de la Commission nationale des agricultrices à la FNSEA.
Tendus par les crises que traverse la profession, les agriculteurs adhérents de la FDSEA de la Drôme étaient présents mercredi 19 novembre à Chabrillan pour échanger sur les objectifs et les actions à venir des collectifs départementaux et de la fédération nationale. « Nous sommes toujours en guerre. Les années passent et c’est la catastrophe. Nous voyons que les manifestations reprennent, comme à Béziers. Il faudrait que nous réattaquions nous aussi », a avancé un agriculteur.
« Les gens en ont ras-le-bol, avec toutes ces impasses techniques, comment reprendre le pouvoir cet hiver, comment chercher des adhérents... Comment avoir une ligne syndicale alors que le gouvernement change tous les six mois… C’est difficile mais il ne faut pas oublier que c’est la FNSEA qui fait le travail de fond. Pour soutenir et faire remonter les dossiers, il faut monter à Bruxelles le 18 décembre pour se faire entendre », a répondu Catherine Faivre-Pierret. La présence de la présidente de la Commission nationale des agricultrices de la FNSEA a permis de donner les axes de travail au national et d’encourager le dynamisme syndical de la fédération drômoise.
Remotiver les troupes
« Quand j’ai commencé en 2009, nous étions 23 femmes et nous sommes montées à 28 au conseil d’administration. Aujourd’hui nous avons une petite baisse notamment avec le problème du revenu qui fait qu’elles repartent travailler à l’extérieur et c’est là que nous défendons la loi Egalim, la reconnaissance des produits et de la traçabilité, a déclaré Catherine Faivre-Pierret. On voit aussi qu’il y a moins d’agriculteurs donc automatiquement moins d’exploitantes. Aujourd’hui, le monde agricole a de plus en plus de travail dans les fermes mentalement alors qu’avant c’était physiquement. Ce qui fait que nous manquons de temps pour se libérer pour l’engagement. Il faut que le monde agricole montre que les mots “collectif, engagement et fédération” permettent de faire avancer et ce que cela apporte dans nos structures. »
Selon elle, « il faut aller chercher les adhérents car si on veut défendre toutes ces belles productions dans la Drôme, il faut que les gens s’engagent car si on est plusieurs cela soulage. Il faut oser aller à l’engagement et donner de votre temps pour faire évoluer notre beau métier ».
Réactiver les commissions d’agricultrices
L’un des projets de la FNSEA pour 2023-2026 est ainsi de développer et faire vivre le réseau, de rendre la Commission agricultrice plus dynamique. Il y a 75 commissions agricultrices en France au sein de la fédération. Pour cela, la présidente de la Commission nationale des agricultrices a fait 25 déplacements dans les départements pour relancer l’activité des commissions départementales et pour dire que les femmes « ont toutes le droit de prendre des responsabilités, c’est important ». Elle met en avant la nécessité d’organiser des formations et de développer la communication sur les réseaux sociaux. Sur la feuille de route nationale, « on a remis de l’histoire ». Catherine Faivre-Pierret conseille d’accompagner les nouveaux adhérents et de « prendre une demi-matinée pour rappeler l’histoire du syndicalisme. On ne sait pas toujours comment ça fonctionne ». Jordan Magnet a appuyé ses propos en partageant le souvenir de son premier séminaire avec la fédération. « Quand tu sais d’où tu viens, tu n’as pas envie de le perdre cet outil. »
Catherine Faivre-Pierret a aussi tenu à préciser : « Il y a eu un amalgame. Tout le monde a compris qu’on avait imposé 25 % de femmes dans les fédérations départementales mais c’est plutôt une recommandation. Ces 25 %, c’est au conseil d’administration au national qu’ils sont imposés. » Pour la représentante, cela n’empêche pas d’avoir des objectifs. D’ailleurs, pour obtenir une plus grande représentativité dans le milieu agricole, la fédération nationale travaille sur le crédit impôt emploi domicile ou encore le statut de conjoint-collaborateur. « C’est jusqu’à cinq ans car une carrière complète ne donne pas une retraite très élevée. S’il y a un décès, elle ou il n’aura pas beaucoup de sécurité. Au bout de cinq ans en tant que conjoint collaborateur, il ou elle devient salarié ou chef. Après quarante ans, on négocie avec la ministre pour demander l’exonération sociale et nous demandons de maintenir ce statut pour les personnes double-actif. »