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Action syndicale

La « viande de nulle part » dans le viseur des JA

Les Jeunes Agriculteurs de la Drôme dénoncent le manque d'informations sur la provenance de la viande. Ils ont mené des actions dans plusieurs grandes surfaces.
La « viande de nulle part » dans le viseur des JA

Les Jeunes Agriculteurs (JA) de la Drôme se sont mobilisés le 27 mars dans le cadre d'une action syndicale destinée à rendre obligatoire l'étiquetage du pays d'origine des viandes. Ils ont relayé une initiative partie du Finistère et qui s'étend dans le but de « mettre en avant les produits français et inciter au patriotisme alimentaire ». A Romans, Aouste-sur-Sye et Crest, dans les rayons viande de plusieurs grandes surfaces, ils ont collé des étiquettes de couleurs différentes sur les produits carnés sous emballage : jaune et noir pour la « viande de nulle part » et rose pour la « viande d'origine connue ». Des affichettes destinées à sensibiliser les consommateurs ont également été distribuées et apposées dans les rayons. « Seule la viande de bœuf fraîche est actuellement soumise à une obligation d'étiquetage d'origine au sein de l'Union européenne, ont expliqué les JA. Mais rien sur le porc, rien sur la volaille, rien sur les produits transformés. Nous dénonçons ce manque d'information. »

Une origine parfois inexistante

Dans les rayons viande de plusieurs grandes surfaces, les Jeunes Agriculteurs ont stické les produits carnés sous emballage : jaune et noir pour la « viande de nulle part » et rose pour la « viande d'origine connue ».

Ils étaient neuf sur le parking de l'Intermarché d'Aouste-sur-Sye, venus des cantons de Crest (dont le président Fabien Gontard), de Die et de Chabeuil, avec le secrétaire général adjoint de JA26 (Sébastien Richaud). Viticulteur, polyculteur, céréalier ou encore éleveur de poules pondeuses, ils étaient réunis dans un même combat à destination des consommateurs à qui ils souhaitent dire que « choisir la viande française, c'est soutenir son patrimoine ». « Souvent sur les étiquettes, la provenance n'est pas très claire. Elle est inscrite tout en bas et en tout petit, parfois elle est inexistante », ont-ils fait remarquer. Ils ont pu le vérifier effectivement. Par ailleurs, ils ont reconnu qu'il ne fallait pas seulement viser les grandes et moyennes surfaces (GMS) mais les marques également.

Arrêté dans leur élan

Des affichettes jaune et noir ont été apposées par les JA pour cibler la « viande de nulle part ».

A l'intérieur du supermarché d'Aouste, les choses ne se sont pas très bien passées au début. Le groupe, qui avait commencé à examiner les barquettes et à les étiqueter, a été rapidement arrêté dans son élan par des membres du personnel. Et même si tout s'est déroulé sans que les clients ne se rendent compte de cette intervention, l'interpellation aurait pu tourner au vinaigre... En réalité, invités à rejoindre dans son bureau le directeur du magasin, Damien Loyal, les membres de ce « commando » pacifique ont pu s'expliquer et être écoutés avec bienveillance. La discussion a porté sur les différents enjeux et le résultat s'est avéré positif puisque des affiches ayant trait à l'origine de la viande seront apposées dans le magasin. De plus, un montage vidéo (réalisé par un magasin Leclerc) sera également diffusé.
La deuxième étape de cette action a concerné le magasin Casino de Crest où les JA se sont présentés à l'accueil avant de mener à bien leur action. Ils se sont rendus ensuite au magasin de hard discount Aldi où les choses se sont passées de la même façon. « Là, contrairement à ce qu'on pensait, a constaté Laura Genevet, animatrice de JA26, sur tous les paquets de viande l'origine était indiquée (Allemagne, France, Nouvelle-Zélande). Par contre, elle ne figurait pas sur les emballages de charcuterie et les produits transformés. »
A Romans, les JA se sont rendus à Hyper U, où ils ont été reçus par le directeur du magasin et ont pu poser les étiquettes, puis au magasin Lidl.

Elisabeth Voreppe