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Manifestation du 5 novembre

« Laissez-nous travailler »

A Valence, la mobilisation des agriculteurs a été massive, preuve de leurs difficultés et exaspération vis-à-vis, notamment, des surenchères réglementaires qu’ils dénoncent.
« Laissez-nous travailler »

A l'appel des syndicats FDSEA et JA de Drôme, Ardèche, Isère et Loire, quelque 1 000 agriculteurs et 200 tracteurs ont défilé dans les rues de Valence, le 5 novembre, à l'occasion d'une journée nationale de mobilisation. Soutenue par des élus et des responsables d'organisations agricoles, entre autres, la mobilisation a été massive. Toutes filières et âges confondus, les manifestants ont dénoncé les décisions qui entravent toujours plus leur activité d'exploitants agricoles. « Trop de gens veulent nous imposer des contraintes qu'eux-mêmes ne supporteraient pas. Montrons-leur que nous sommes forts, organisés et déterminés », a indiqué Didier Beynet, président de la FDSEA Drôme, en accueillant les manifestants au palais des expositions.

« Non à l'écologie punitive »

Dans le calme, mais avec détermination, l'imposant cortège a suivi un parcours allant de la DDPP(1) à la préfecture, puis à la DDT(2). Trois administrations dans le collimateur des manifestants venus dire : « Laissez-nous travailler ».
Sur leurs pancartes, ils avaient écrit « Stop à la directive nitrates », « Stop au loup », « La sur-administration nous étouffe »... « L'exaspération des agriculteurs est à son comble, a affirmé Jean-Pierre Royannez, président de la FRSEA Rhône-Alpes. Nous devons être entendus et respectés sinon, a-t-il prévenu, le ton montera. » Sur le perron de la DDPP, on pouvait lire, fraîchement tracé à la peinture : « Non à l'écologie punitive ». En guise de plan de fumure, des œufs ont été lancés sur la façade du bâtiment avant que ne soient déversés, devant l'entrée, fumier, pelures d'ails, papiers...

Vincent Vallet (JA Rhône-Alpes), Jean-Pierre Royannez (FRSEA Rhône-Alpes) et Didier Beynet (FDSEA Drôme) ont accueilli un millier de manifestants à Valence.

Non au harcèlement administratif

A la préfecture, des manifestants sont venus déposer puis brûler le boulet qu'ils avaient attaché à leur pied. « Laissez-nous la capacité d'entreprendre, libérons-nous des boulets qui viennent alourdir notre compétitivité et celle de toute l'économie », a scandé Jérôme Volle, président de la FDSEA Ardèche. Les tracteurs ont ensuite déchargé ballots de paille, souches, ceps de vigne sur le perron du bâtiment avant de l'asperger de fumier...
Devant la DDT, les manifestants ont exprimé avec encore plus de force leur colère, leur malaise et leurs difficultés face à une administration qu'ils estiment sourde à leurs problèmes. « On en a marre, on est saigné jusqu'à l'os », pouvait-on entendre dans le cortège. Saignés par les crises mais aussi par le harcèlement administratif. » Dans son intervention, le président de la FDSEA Isère, Pascal Denolly, a évoqué « une administration trop encline à faire la courte échelle aux écologistes ». « Nous ne sommes pas là aujourd'hui pour demander de l'argent, a expliqué Vincent Vallet, le représentant de JA Rhône-Alpes. Ce que nous demandons, c'est pouvoir travailler sereinement. »
Cette problématique des surenchères réglementaires - incomprises voire incompréhensibles - est bien au cœur des revendications de la profession agricole (lire page 2). « Ce sont les contraintes qu'il faut emprisonner », il n'y a « pas de futur sans agriculture » pouvait-on encore lire sur certaines pancartes.

Christophe Ledoux

(1) DDPP : direction départementale de la protection des populations.
(2) DDT : direction départementale des territoires.